house of the rising sun † léonie

Message par Ed le Dim 9 Juil - 1:00

Il a fait des conneries dans sa vie Ed, des petites bêtises de gamin perdu qu'on pardonne, des grosses conneries qui laissent des traces, d'ado irresponsable, des trucs qu'on peut oublier et d'autres qui n'ont pas finit de le marquer. Qui attendent dans l'ombre pour sortir au grand jour quand le moment sera inopiné Dans un an, peut-être deux, le mois prochain, cette nuit.  Elles laissent des marques invisibles, inscrites pour toujours dans sa peau, dans son crâne, à l'encre invisible, détectable à lumière bleue des cauchemars. Des regrets dont on ne peut pas se laver comme des péchés impardonnables, qu'on reviendra toujours remettre sur le tapis pour le couvrir de honte. Il aimerait dire à son père tout ce qu'il a sur le coeur, que ses belles promesses et ses vœux chastes ne sauront rapporter la paix dans son esprit. Comme tout le monde, il a ses torts et ses travers, il essaye d'être droit et de ne pas recommencer, se débat avec lui même et ses parts d'ombres. Aspire toujours à la lumière, cet idéal de perfection pour les personnes sans défauts, celles qui ne commentent jamais d'erreurs. Celles qui n'iront pas en enfer. Celles qui n'existent dans les séries, car des parts de ténèbres tout le monde en a. On y sombre tous à un moment donné, plus ou moins et parfois, même dans les abysses les plus sombres, il subsiste une lampe allumée pour nous rappeler l'humanité. Pas de doute là dessus, c'est même dans l'abyme qu'elle brille le plus. Parce qu'il en est persuadé Ed, sans pessimisme, l'homme est profondément mauvais.
Il fait toujours les mêmes bêtises Ed. Même aujourd'hui il n'a pas apprit ses leçons. La dernière en date remonte à des jours qui paraissent si lointain et proches à la fois, il ne sait plus si c'était hier, la semaine derrière. Si ce sera demain. Elle mérite d'être encadrée au dessus de la porte des chiottes. Avec une médaille peut-être.  Il s'emmerdait, il avait son pc et sa connexion internet et il avait besoin de compagnie, ça lui est apparu comme vital. Viscéral. Une vraie compagnie, moins en plastique que celle que la pornographie peut lui accorder, plus vivante que celle de ses rêves fades et dépassés évoquent. Il a eu besoin que ça y ressemble. Pour se trouver à lui même qu'il était encore capable de désirer. Pas totalement à la ramasse.
Elle s'est présentée comme la lumière d'un tunnel qu'il n'avait pas eu conscience d'emprunter. De la pointe de ses seins jusqu'à la lumière dans ses yeux, il y a eu autre chose qu'un corps, autre chose qu'un personnage. Il y a eu Elle. L'être humain, qu'il n'a pas été capable de dissocier de la créature qui dansait devant son écran, qui se débauchait pour des raisons auxquelles il n'osait pas penser. Pas de honte. Pas de remords. C'est trop intense. Vivant. Il est capable même en journée de revoir ses lèvres, les traits de son visage sur lequel il ne pose aucun âge. Il s'amuse parfois, à la cherche autour de lui, comme-ci un jour, il pourrait le croiser. Jusqu'à ce que ce jour arrive. Qu'il y ait la rencontre.
Ed ne l'avait pas prévu, pas anticipée, pas attendue. Il sirote un milkshake en se baladant de boutiques en boutiques, il erre comme un esprit hanté, hantant au passage chaque visage d'un sourire narquois presque moqueur, jusqu'à ce qu'il ne sache plus lequel se soit figé sur son visage. Elle est là, en chair et en os, unique, irréelle. Il se prend le premier coup dans les dents, la colère. Il pensait que la site étranger, que la distance, empêcherait ce genre de miracle qu'on ne veut pas voir arriver. Pourtant elle est là, c'est elle, il en est certain pour avoir eu la permission de découvrir son corps. Payé l'intimité. Elle est là et elle peut partir à tout moment, à peine cligne-t-il des yeux. Il est conscient de fixer quelqu'un qu'il peut confondre, conscient qu'à tout moment l'erreur peut encore plus le couvrir de honte. Et pourtant la curiosité l'emporte et il s'approche doucement. Il découvre la subtilité, autant qu'il peut. On se connaît ? Bien sur qu'il la connaît, il la connaît parfois mieux qu'il se connaît lui même, certains jours, il pense même être quelque chose d'autre qu'un voyeur. Et maintenant, maintenant il est quelque chose d'autre. Maintenant, cela devient vrai. C'est... Ed. Il s'est pas foulé pour son pseudo sur le web Ed. Et pour une fois, il remercie sa naïveté et flemmardise qui lui servent de diversion. Quelque part, un charme s'est brisé.

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Message par Léonie le Lun 10 Juil - 23:50

Léo, elle tangue au milieu de la foule, seule au milieu de tous. Elle glisse entre les corps comme l'eau à travers les doigts, baisse ses opales marines derrière le rideau de sa crinière sombre et songe naïvement, comme les mômes, que personne ne peut la voir si elle ne les regarde pas. Elle se demande presque ce qu'elle fiche ici, la gamine, à prendre des risques inconsidérés dans un centre commercial bondé. Elle a pas de thunes à dépenser, pas de quoi s'offrir des tissus précieux pour orner ses courbes ou s'affranchir de la gravité juchée sur des talons délicats. Nan. Léo, elle a à peine de quoi se payer un mcdo, en raclant bien le fond des poches de son jean. Et pourtant, elle traîne là, avec une crainte viscérale, irrationnelle, qui lui tord le bide et mord ses entrailles et sa façon d'évoluer comme une ballerine hallucinée, une funambule sous acides. Gracieuse et hagarde, féline mais aux abois, louve et biche à la fois. Silhouette furtive, presque éthérée comme la bise d'été et visage fermé, verrouillé, qu'elle imagine menaçant. Mais elle se fourvoie Léonie, y a rien d'intimidant dans ses prunelles immenses, même quand elle essaye de feuler, de griffer. C'est un chaton qui se rêve tigre, l'éternelle proie piégée dans les phares d'une bagnole qui imagine faire le poids contre la machine à tuer lancée à vive allure contre elle. Et voilà qu'elle offre un sourire étoilé à un vieux abandonné à son triste sort sur un banc, et la voilà qui rachète un ballon à l'hélium à cette gosse qui pleure la perte du sien, monté là-haut trop tôt. Léonie, elle est mal armée face à la vie, elle a pas l'instinct de préservation, pas assez. Elle, elle s'est toujours baladée les paumes ouvertes et son coeur dedans, le palpitant dans la manche, au bord des lèvres ou au creux de ses reins, assez proche pour le voir tomber au sol sans personne pour le cueillir, pas assez pour se donner vraiment.
Mais malgré la trouille qui l'électrise et ce besoin de fric, impérieux, qui lui cisaille les chevilles pour la forcer à avancer sur une voie qui lui fait horreur, Léo ne rebrousse pas chemin. Elle avance à petits pas légers, hypnotisée malgré elle par la devanture de Decitre. Decitre, c'est Sophie. Sophie la jolie étudiante en droit, Sophie, la soeur modèle, si jolie, si forte, poupée de porcelaine et de glace là où elle n'est que chiffon. Sophie, qu'elle a si peur de laisser entrer dans sa vie. Léo, elle pourrait supporter les pires sévices qu'elle imagine parfois, quand elle ferme les paupières sur les ténèbres d'une nuit sans étoiles. Elle en fait des rêves atroces, des cauchemars palpables, où elle tue dans une violence inouïe ou subit le même sort, toutes ces légendes urbaines sur ce qui se passait derrière les caves closes de son immeuble. Mais pas Sophie. Sophie, perfection douloureuse, Sophie que personne n'a jamais osé emmerder au quartier. Sophie, elle a jamais dû répondre aux insultes, elle a jamais été acculée, forcée pour avoir la paix. Sophie, elle a le regard digne et fier qui t'intime de fermer ta grande bouche. Sophie, elle lui manque terriblement, même si c'est son écorchure au palais. Alors, Léo, elle veut juste la frôler de la pulpe de ses doigts, s'approcher un peu, l'observer de loin sans la mettre en danger. Sans la serrer entre ses bras roseau et lui murmurer combien elle lui manque. Combien ils lui manquent tous. Combien elle est désolée, pour papa mutilé. Elle va tout arranger Léonie. Elle n'est plus certaine d'y croire, mais elle est bien obligée de se le répéter inlassablement, comme un mantra, parce que si elle cesse, elle croit bien qu'elle s'effondrerait pour de bon sans jamais se relever.
Léo, elle a l'impression de mieux respirer lorsqu'elle s'avance en direction de la librairie, comme si le poids dans sa poitrine, le nénuphar de boris vian, se désintégrait sous le charme ineffable de sa grande soeur. Mais elle n'a pas le temps de l'atteindre, la môme, qu'elle sent déjà une brûlure contre sa nuque, les termites sous la peau qui grouillent quand on se sent longuement dévisagé. Le pourpre se fait lave entre ses veines, terrorisée à l'idée que la meute l'ait retrouvée. Acculée, Léonie ne sait pas quoi faire. Courir ou bien se rendre. Apaiser ou se mettre à hurler. Dans l'intervalle, elle ne fait rien, alerte à son environnement et surtout à cette voix. Une voix familière, chaude et veloutée, qu'elle a pris l'habitude d'imaginer, parfois, au détour d'une rêverie innocente. Alors elle pivote sur ses jambes fuselées, le souffle court, pour se retrouver nez à nez avec ... avec lui. Lui. Léonie, elle se sent physiquement mal, de voir le quatrième mur se briser aussi abruptement, le rouge aux joues et le palpitant dansant la carioca dans sa cage de verre à un rythme entêtant. La foule disparaît, le bruit parasite s'estompe et il ne reste que lui, derrière la voie lactée de ses opales curieuses qui papillonnent contre sa peau. Ed.  Bien réel, loin d'un assemblage de pixels derrière un écran. Léo, elle en a le souffle coupé, les mots coincés entre ses lèvres charnues. Elle ne sait pas quoi dire, entre gêne et fascination, volonté de se dérober et celle de prolonger l'instant.
Et si c'était le destin, qui cessait enfin de serrer le poing autour de sa nuque gracile ? Léonie, elle a l'âme artiste, elle croit aux signes et celui-ci en est un. Fort, en plus. Tout comme la synesthésie qui l'envahit au pire instant, électrisant le moindre de ses atomes à mesure que danse autour d'Ed une farandole d'arabesques folles et colorées qui n'existent que pour elle. Ed, il est entouré d'un halo d'or liquide, d'une eau vive et luminescente qui le nimbe et terrasse par la beauté chatoyante de son spectacle. Léo, elle aimerait la recueillir entre ses doigts comme de la poussière de fée, elle aimerait aussi que d'autres voient ce qui apparaît derrière le filtre fantasmagorique de sa réalité. De sa maladie qui est trop jolie pour en être une. Ed, il est loin de son monde gris béton et c'est ce qui bouleverse son plan initial : la fuite. L'éternelle fuite. Je-je sais pas quoi dire ... avoue-t-elle piteusement, de sa voix rauque. Instinctivement, sans cesser de le dévisager des ses opales bienveillantes mais évitantes, Léonie esquisse un pas en avant, elle ose avancer de sa démarche feutrée pour effleurer l'inconnu du bout des doigts, attraper une main entre ses paumes minuscules, juste pour s'assurer qu'il soit bien là. Bien réel. Elle esquisse un sourire fauché, la gamine, sans lui rendre sa liberté, conservant précieusement sa main entre la sienne comme s'il s'agissait d'un trésor inestimable, d'un phare au milieu de cette marée humaine. C'est bizarre, j'ai souvent eu l'impression de t'avoir rêvé et puis finalement, t'existes vraiment. A deux pas. Parce qu'Ed, il a toujours été différent. Alors elle aussi. Moins Lula et plus Léonie. Moins sensuelle et plus vulnérable, à chaque fois. Elle a abandonné les masques aussi aisément que la dentelle sur sa peau et s'est ouverte comme un bouton de rose à son contact, oubliant la prudence et la réserve, alors qu'elle le pensait loin, irréel, presque une manifestation d'un fantasme enfoui en elle : un homme bien.
C'est naïf, comme constat. Elle s'est effeuillée pour lui, touchée pour lui, à plusieurs reprises, il a payé pour ça. Payé pour elle. Et pourtant, Léo elle croit que c'était sincère, qu'il y a plus derrière l'ambre de ses prunelles que les besoins lascifs et solitaires. La lueur autour d'Ed s'estompe et elle libère enfin ses doigts, enfouissant une main fébrile, gênée, au fond de sa poche. Léo, elle sait pas quoi faire, quoi dire, comment concilier la fille derrière l'écran et elle. Juste elle.
Elle a peur de le décevoir. Très, peur.

Re: house of the rising sun † léonie

Message par Ed le Mer 19 Juil - 23:45

Ed n'a jamais eu de soucis pour rencontrer des gens, c'est un fait, que ça lui plaise ou non, qu'il ait voulu être l'ado renfermé, le geek de la bande n'y a rien changé. C'est tout con, mais il a ça dans le sang, le sourire commercial, la poignée de main diplomatique, le charisme de rue qui donne envie de lui demander son chemin, peu-importe  au final, qu'au fond de ses yeux il ait l'air paumé. Ce qui compte c'est l'impression qu'il donne, c'est l'allure que quelques fringues propres, quelques notes de cigarettes et de parfum lui donnent, c'est l'assurance qui se dégage comme une fierté mal placée contre laquelle les autres s'écorchent. Tout le monde à besoin d'un phare, d'être guidé, quelque chose qui donne envie d'avancer et être celui des autres, ça ne veut pas pour autant dire que quelqu'un à jour a agité sa lumière salvatrice devant nos yeux. Il y a ceux qui mènent et ceux qui suivent, il n'y a personne devant, juste sa personne et quelques prêcheurs qui s'imaginent qu'il peut les aider. Il croisent les gens, leur serre la main et parfois fait partie de leur existence pendant un instant plus ou moins important, aussi intense qu'éphémère, qui devient nimbe de souvenirs puis s'évapore comme de la fumée de son esprit pour ne plus être qu'une sensation fantôme comme un membre arraché. Il peut se targuer d'y avoir appartenu, à leur quotidien, il était là, à ramasser les morceaux dans les éclats de verres, à sa couper les mains contre la réalité des amitiés kleenex. Celles qu'on jette une fois qu'il n'y a plus de larmes à vider, plus rien à se dire, plus qu'à se regarder en chien de faïence en espérant qu'un de deux fera le premier pas pour quitter la pièce.  En général, il n'a pas le courage de bouger, de s'avouer que cela n'ira nulle part, il est de ceux qui restent immobiles sans trouver les bons mots. Il serait capable de dire quelque chose de profondément stupide ou de blessant et Ed n'est pas le genre de personne qui aime blesser les autres pour surpasser ses propres douleurs. Ce n'est pas non plus quelqu'un qui souffre forcément, il est dans la norme, la moyenne, un parmi tant d'autre. Si bien qu'il lui semble difficile d'être unique au yeux de quelqu'un quand on ressemble autant aux autres.
Est-ce qu'il est unique pour Léonie ? Peut-être que connaître son prénom, sa vie, ce qu'elle est le rend unique et aussi dangereux. Il n'est pas certains que les raisons qui font de lui un être singulier soient louable dans son cas, s'il est entré dans son monde au départ, c'est par la porte qui permet à d'autre de le détruire. Pièce par pièce, vêtement après vêtements, là où ils se sont rencontrés il n'y a pas de personnes, il n'y a que des corps  qui se désirent à travers les caméras, que des images indécentes gravées sur la rétine imprimée dans les circuits de son esprit à jamais et qu'il ne pourra dissocier d'elle. Portant, il est pas comme eux, comme ceux qui crachent leurs billets par seul désir d’apercevoir un morceau de chair que la réalité ne veut pas leur accorder. Ses raisons sont plus obscures. Il l'a fait pour une expérience, pour vérifier, la réponse ne lui plait toujours pas. Il ne veut pas lui faire du mal, il sait ce que ça fait de souffrir, il ne souhaite ça à personne. Ed n'a pas beaucoup souffert dans sa vie, il est un peu naufragé, il a quitté le navire mais ne s'est pas noyé avec, il a eu la chance de recommencer sans trop de séquelles, personne n'a jamais braqué d'armes sur lui. Il s'est lui même heurté au mur de ses désillusions, comme un grand. De la même manière qu'il a brisé sa coquille et quitté le domaine familial pour courir les rues et vivre sa propre existence. Mais s'il s'en est toujours sorti, haut la main, il sait que les séquelles sont encore visibles. Il y a des jours où il sourit à l'envers sans même s'en rendre compte.
Et d'autres où il ne sourit même plus. Demain ça le fera rire, aujourd'hui il n'en tire qu'un sourire pincé et le sentiment d'avoir échappé au pire à chaque fois qu'un obstacle s'est dressé sur sa route, pour être contredis le lendemain. Le feu l'a toujours attiré et fasciné, celui qui brûlé, véritable. Et l'autre, insidieux, dans ses veines, dans ses reins, qui creuse une faim insatiable d'interdit pour remplir un vide qui continue sans cesser de creuser son âme. Comme un ennui, comme une fatigué, comme un oubli, une chose qu'il n'a pas mit dans sa valise quand il est partit. Quelque chose qu'il n'a jamais eu.  Il n'a cessé d'en rêver, d'idolâtrer ce besoin primaire qui n'a jamais pulsé au delà que dans son cœur.  
Il a presque un frisson quand elle lui prend sa main, l'impression que la réalité s'effondre et se déconstruit. Tout ceci est bien réel pourtant, elle est en face de lui. Vivante, de chaire et d'os, de sang et de sel. Pas besoin de se pincer pour s'avoir qu'il n'est pas en train de rêver, il ne rêve jamais de manière aussi intense, quand il se souvient de ses rêves. Ed n'est pas le plus grand des rêves, la plupart de ses songes sont morts nés. Il est conscient des choses, de chaque respiration, de chaque douleur sans y voir de rédemption divine. En plus de ça, il n'a foi en rien d'autre que sa propre chance, aussi hasardeuse soit-elle. Il n'y a qu'avec de rares personnes que les choses paraissent plus éthérées, que le ciel est plus cotonneux, les étoiles plus brillantes. Mais elle n'en fait pas partie, Léonie est vrai, elle n'est pas une douce utopie crée pour adoucir ses nuits. Ce qu'il croyait acquis comme un fantasme s'est matérialisé sous ses yeux. Alors il la prend dans ses bras, il enfouit son visage dans sa nuque et respire pour la première fois son parfum fleuri, doux,  un parfum si féminin . Le virtuel ne lui avait jamais donné ces sensations là, la chaleur de sa peau est si réelle sa voix plus juste et chantante encore. Elle n'est plus saturée par des grésillements, elle n'est plus synthétisée dans son esprit, remplacée par celle d'une actrice quand il se l'imaginait à travers ses messages de pixels. Lula n'existe pas, n'existe plus, mais Léonie si.  
Je ne pensais pas qu'un jour je pourrai te rencontrer et encore moins te toucher pour de vrai. Tout remonte à la surface, lentement mais surement, se fraye un chemin dans sa poitrine et vient mordre son myocarde en lui arrachant presque le sanglot d'un évadé qui revoit pour la première fois la lumière du soleil. Le sourire de l'imposteur, qui passe en éclair devant ses yeux et lui rappelle qu'il n'a jamais vraiment fait son deuil, et qu'aujourd'hui, il est prêt. Les yeux bruns de Elle. La harpie qui s'est emparé de son coeur des années auparavant, qui s'est glissée sous ses draps en reine. Plus jamais, pour rien au monde il ne laisserai quelqu'un la remplacer et pourtant il ne peut plus être seul. Il ne peut plus continuer comme ça, il ne peut plus se refuser parce qu'il a été trahit. Il conserve l'espoir qu'Elle reviendra et cet espoir se voit anéanti dans le reflet des yeux de Léonie. Elle ne reviendra pas, il faut avancer, oublier ses caresses et ses baisers fauves, le goût de menthe et de marijuana sur sa langue. Elle s'en va au loin, il ne veut plus la revoir maintenant. Il y a tant de filles bien qui l'attendent.
Pardon, c'était peut-être déplacé. C'est juste que... Je me suis attaché.
Les mots ne sortent pas. Il se prend une gifle monumentale. Il n'a jamais su comment aimer. Peut-être parce qu'au fond de lui, il n'a jamais vraiment aimé les filles que comme des mères, des sœurs, des amies proche pour le rassurer. Oublie ça, tu es tellement belle en vrai... Dis moi ce qui te ferais plaisir ? Tu veux un truc à boire, à manger, tu veux que je t'emmène quelque part ? Je t'invite. Et maintenant, il doit faire ce qu'il est sensé faire. Parce qu'il veut qu'elle soit heureuse Léonie, maintenant qu'il peut vraiment faire quelque chose. Même s'il sait au fond de lui, qu'elle ne pourra peut-être pas l'être entièrement.
Parce que lui même ne l'est pas.
Parce que ce qui lui a promis silencieusement en l'observant n'est pas ce que lui désire au plus profond de soit.
Parce qu'il l'admire et l'aime mais pas comme un homme qui aime une femme.

Re: house of the rising sun † léonie

Message par Léonie le Lun 31 Juil - 21:51

elle devrait être mortifiée, léo, d'être témoin de la chute d'un quatrième mur solide, érigé avec soin pour justement la protéger de ce genre de situation. elle devrait avoir honte en posant les yeux sur lui et en imaginant ce qui peut bien danser devant ses prunelles sombres qui l'électrisent. léo, elle a l'impression d'être nue sous son regard. pas seulement dénudée comme il l'a observée maintes fois, non, mais nue au-delà du corps et de l'enveloppe. nue jusqu'à l'âme et son coeur en vrac, celui qui pulsait plus fort lorsqu'ed se connectait, sans qu'il ne le sache. sans qu'elle ne s'autorise à songer à sa fébrilité, sa façon de l'attendre parfois, d'accord, souvent en espérant entendre sa voix résonner jusqu'à faire vibrer ses os. en espérant ses mots câlins, sa prévenance tendre, tout ce qui a fait de lui un soutien pixelisé, fantôme par la fréquence, palpable par l'effet qu'il lui procurait. ed, c'est sa plus jolie illusion, un mirage fantasmagorique devenu chair, palpable, et ça devrait l'effrayer, léonie. elle devrait s'enfuir, s'écouler entre ses doigts comme de l'eau vive pour s'évanouir dans la foule et fermer les yeux très fort jusqu'à ce que les souvenirs de cette rencontre fugace meurent derrière le voile de ses paupières.
elle assume pas, léo. elle assume pas le trou noir entre cette gamine sauvage et effrayée à la fois, maladroite aux mots embrouillés et la femme derrière l'écran. voix cendrée et gestes sensuels, grâce à la distance. ed, elle sait qu'il a entraperçu la môme derrière la belle, la poupée brisée derrière la nymphe. mais malgré leurs échanges sincères, malgré leurs échanges interminables, y a quand même l'odeur rance du mensonge qui flotte entre eux. d'une vérité altérée. et elle est terrorisée à l'idée de n'être pas assez pour lui comme elle ne l'est jamais pour personne parce que la vérité, c'est qu'ed est devant ses yeux de chat et qu'au lieu de s'enfuir à perdre haleine, elle rêve de ronronner contre ses jambes. elle veut lui plaire, léonie. sans l'admettre ou se l'avouer, verrouillée face à une désillusion supplémentaire. celle de trop. c'est dur, d'être face à lui et de ne pas chavirer tout à fait. parce que c'est comme s'éveiller au beau milieu d'un rêve et réaliser que ça n'en est pas un. qu'il n'y a plus aucune différence entre ce monde fantasmé et une réalité terne. alors bien sûr, dans son monde, le jeu des différences est tangible. c'est pas un rêve. parce que si ça en était un, y aurait plus la peur au fond de son ventre, la rage dans ses veines et les vols comme bleus au coeur. papa remarcherait et léo ne serait pas ici, mais au bord de la mer. sa mer, celle qu'elle aime tant et qui a bercé tous ses étés sans vacances. mais la sensation est aussi plaisante, le hasard des rencontres et leur magie indélébile qui émeuvent les filles salement romantiques dans son genre.
alors quand ed la prend dans ses bras, comme ça, spontanément, ça a le même effet qu'un songe. c'est doux, sécurisant, grisant et en même temps irréel. il enfouit son visage contre sa nuque et léo sent son souffle chaud chatouiller sa peau fébrile parcourue de frissons. et elle s'y noie, intégralement, sans réserve. y a pas de réserve avec quelqu'un qui a déjà vu ton âme et tes courbes, non ? elle glisse ses bras longilignes autour de sa silhouette et se raccroche de toutes ses forces à leur étreinte, empoignant de ses doigts délicats ce qu'elle n'osait frôler il y a quelques minutes. léo, elle ferme les yeux. elle oublie le monde, la foule, la lumière trop vive des enseignes et les gosses qui pleurent. elle oublie tout, jusqu'à ses ennuis, jusqu'à elle-même alors qu'un bouton de rose éclot dans un creux de son palpitant et qu'elle s'empresse de le protéger avec la dévotion du petit prince pour le voir fleurir. même si ça fait mal. même si elle oublie toujours, léo, que les roses ont des épines et qu'elles finissent ronces, barbelés féroces autour d'un palpitant à l'agonie qui tombe toujours pour tout, pour rien, sans jamais personne pour le rattraper. ça arrive parfois, que quelqu'un tombe dessus par mégarde, le récolte et s'amuse un peu avant de l'abandonner mollement sur le sol. et puis y a milo, qui l'a serré si fort entre son poing qu'il a laissé des cicatrices indélébiles. elle devrait apprendre de ses erreurs, léo, mais derrière la tendresse fragile, elle est têtue la gosse. elle n'apprend jamais et se traîne son myocarde plus lourd qu'une éponge d'être trop plein de sentiments jamais rendus. mais ça compte pas. ça compte pas parce qu'elle est apaisée, là, au creux de lui. elle est si bien qu'elle aimerait s'évanouir entre ses bras, cogner contre sa peau et se mêler à ses atomes jusqu'à devenir une extension de son être, un être qui vivrait et vibrerait à l'unisson, sagement alangui dans un recoin de son coeur. sans prendre de place. comme dans un cocon. elle y serait bien, léo. c'est ce qu'elle se dit alors qu'elle respire à pleins poumons son odeur où se mêlent encore les effluves de tabac. c'est ce qu'elle dit, en s'enivrant des sensations qui l'assaillent jusqu'à ce qu'ed rompe leur proximité pour la laisser groggy, presque asphyxiée.
il a l'air ailleurs, regard plus dur qui passe à travers elle comme si elle était transparente et mâchoire qui se contracte faiblement alors que léo, elle se gorge du moindre détail. et puis il s'excuse et sa langue se délie d'elle-même, aussi brusque (quoique basse) qu'un rouleau qui viendrait s'écraser contre les rochers pour l'empêcher de poursuivre. elle veut pas qu'il s'excuse ou regrette, ed. non, non, t'excuses pas. c'était ... bien. qu'elle souffle en dévoilant un sourire sur ses traits mélancoliques. bien. c'est nul comme mot, c'était mieux que ça, c'était agréable, exactement ce dont elle avait besoin après la tentation de courir jusqu'à sa soeur pour l'envelopper entre ses bras et s'excuser de tout. elle avait besoin de ça, léo, d'un contact humain à la pureté étincelante, d'une lueur qu'on ne trouve qu'auprès de ceux qui comptent. et ed, prince charmant immatériel jusqu'à cet instant précieux ... il compte. il est entré dans son univers sans s'annoncer, sensible et réfléchi, prévenant et respectueux, à mille lieux de tous les fauves qui l'ont précédé et suivi et ça a suffi à son palpitant pour le dévorer tout cru.
et puis comment pourrait-il en être autrement ? ed, il n'est pas qu'un soutien virtuel disparu dès l'écran devenu noir. il est là, devant elle, à lui murmurer les compliments auxquels elle ne croit jamais sauf quand ils sont prononcés avec cette forme de sincérité brute. parce qu'il n'essaye pas de la séduire. elle le sait léonie, ils ont largement dépassé ce stade, la séduction, c'est bon pour les inconnus qui se désirent. il est là, à l'arracher à son quotidien qui l'accable, à lui tendre une main amie qu'elle saisit métaphoriquement, la môme. c'est pas elle qui est belle, elle n'a jamais eu de ces physiques enjôleurs, c'est lui qui est beau à en crever. lui et son halo doré, lui et sa voix chaude, lui et son visage de môme facétieux. lui, dont les traits transparaissent toute la complexité nébuleuse à l'intérieur. léonie, elle le fixe longuement, une poignée de secondes tout au plus. on pourrait croire qu'elle hésite, mais c'est le contraire : elle savoure. je veux rien, juste être avec toi. les mots papiers de verre, les syllabes émotions qui ne veulent jamais sortir coulent d'elles-mêmes. léo elle a pas soif, elle n'a pas faim, elle a juste envie d'être avec lui, de passer du temps avec ed, de découvrir la moindre de ses mimiques, ses habitudes et ses manies, tout ce que le filtre d'une webcam bas de gamme troublait. on peut partir d'ici ? murmure léo en glissant sa main dans la sienne, sans attendre de réponse. la part-dieu, c'est moche, c'est impersonnel, y a trop de spectateurs pour la pièce qui se tisse dans son coeur et n'appartient qu'à eux. alors ils abandonnent la foule et les grands magasins pour le béton et le soleil. il est encore mieux comme ça, ed, nimbé de la lueur du jour et non pas des néons blafards. raconte-moi quelque chose que je ne sais pas déjà. qu'elle réclame en plongeant ses opales désireuses dans l'ombre de ses yeux sans fond. léo, elle aimerait tout savoir de lui, ces choses qu'on conserve au fond de soi et qu'ils ont commencé à partager, ignorant qu'un jour, ils en viendraient à se rencontrer.

Re: house of the rising sun † léonie

Message par Ed le Sam 5 Aoû - 0:09

Mais, Ed tu es un enfoiré. Et ça crie dans sa tête, ça lui hurle les précautions à prendre, les gestes à ne pas faire mais qui peuvent sauver, les bonnes résolutions balancées, écrasées sous sa godasse. A quoi ça sert encore de penser, ça sera toujours de trop, il sera jamais capable d'être raisonnable même s'il réussit à écouter les alarmes, il a plus envie d'écouter quoique ce soit. Parce qu'elle est là et qu'elle  n'y sera pas pour toujours, ils disent tous des conneries ceux qui racontent que tout vient à qui sait attendre. Foutaise. Il a attendu, Ed comme un. Il a attendu 5 ans et quand c'est arrivée, elle ne l'avait pas attendue, et il ne veut pas que Léonie elle aussi finisse par s'enfuir. Il a besoin de la retenir.  C'est pas grave qu'il se dit, c'est pas grave parce qu'il est juste en train de l’enlacer, ce n'est pas comme-ci il l'avait embrassée, pas comme-ci il lui avait promis des choses qu'il n'est pas capable d'offrir ou qu'il voulait lui voler quelque chose qu'il prétendait rechercher quand il l'a rencontrée. Et pourtant, c'est certain qu'au moment de se détacher il aura laissé son parfum d'opiacé, ils sont trop nombreux à revenir affamés et y a rien qu'il puisse faire Ed, pour réparer quand il finit par casser. Les gens s'attachent. Il s'arrache.  Il va peut-être lui briser le coeur, s'il continue de la garder trop prêt du sien, s'il l’encercle trop dans ses mains, s'il appuie trop fort sur son myocarde de verre. Il va l'étouffer, dans tous les contradictions qui s'installent, dans la tempête de ses mots, de ses questions, de ses sentiments  en combustions, dans les je t'aime silencieux et les moi non plus trop bruyant. C'est toujours les cris qu'on entend en premier avant de se souvenir dans le silence de ces non-dits et Ed, c'est la cacophonie de la vie qui le porte, c'est le vent de folie. Il bouffe le mistral gagnant chaque soir qu'il s'endors, il rêve d'amours imaginaires, mais surtout, il rêve de paradis et il veut emmener Léonie avec lui, loin de tout ça, de ces contraintes. Il voudrait surtout pas risque de l'aimer, il aurait trop peur de faire la connerie delà gâcher, de se lasser de sa bonté. Il y a des claques qui se perdent, on lui appris aussi à Ed, à tendre la seconde joue. Léonie elle pourrait être Juliette, il n'aurait pas le rôle de Roméo, parce qu'Ed il ne pourrait pas mourir, la seule chose qui le tuerait serait de la voir donner son existence à Roméo. Il serait incapable de dire quoi que ce soit, quand on veut le bonheur des gens, on est souvent très con. Son sourire à elle ça suffit à faire de lui un homme content, faute d'être franchement heureux. Parce qu'il soulage sa conscience et se disant qu'il est en train de lui porter secours, qu'il 'empêche la mort de l'amour, celui qui crève dans ses draps de velours, qui se suicide quand elle se déshabille, s'il ne la prend pas dans ses bras il a trop peur qu'elle finisse par ne plus jamais revenir d'où elle va.
Mais Ed. Tu n'es chevalier de rien. De rien du tout, il n'a même pas d'amure, il se bat à corps nu, à coeur nu, à vif.Et aucun royaume à lui offrir. Un rien peut l'ébranler Ed, le vent, la pluie, même le soleil peut le mettre à terre s'il devient trop menaçant, un rien finit par l'effrayer quand il sent que son avenir est compromis. Il s'enfuit à la fin de la journée et il rejoint ses démons de minuit. Il abandonne à la fin de la nuit la seule personne avec qui il veut passer le reste de sa vie. Et dans tout ce déni brille des petites étoiles qu'il aime comme il ne s'est jamais permis d'aimer, Léonie. Léonie qu'il aime  comme il n'a jamais aimé sa propre soeur. Et il reste là comme un grand, dans toute sa splendide hauteur de manche à balais, aussi con que son animal totem, à lui proposer d'être son chevalier servant, sans arme, sans son fidèle destrier. Il n'est pas capable de l'emmener visiter les nuages, il n'y a  rien d'autre que la galère qu'il connaisse, tout ce qui est plus bas que terre. Le paradis qu'il idéalise tant il l'a trouvé dans les enfers, à vivre de la pluie et du beau temps et faire des paris sur la vie des gens. Bon, mauvais, brute et dans sa mixture d'humanité il s'attache à quelque abruti qui voudront bien l'aider à creuser sa tombe pour dormir ce soir. A dealer pour se faire de l'argent, à manquer d'en tuer des gens, d'empoisonner des amants. Il existe aucun autre endroit que la terre pour les déchets comme lui, même pas digne d'être jeté dans la poubelle. Direction le bûcher.
Tout ce qu'il peut lui raconter qu'elle ne sait pas, c'est qu'il faudrait qu'elle ne sache jamais, c'est les secrets bien secrets qui tue un peu plus chaque jour le bon gars qu'il a été et le font glisser dans ces couloirs obscurs. Aide moi. C'est la seule chose qu'il peut lui dire. Aide moi à m'en sortir. Y a trop de choses qui pèsent, trop de choses à dire et plus le temps passe, plus ça empire. Comment il a laissé sa famille derrière en leur claquant la porte au nez, en insultant sa mère. Comment il traite comme de la merde ceux qui essayent de s'approche. Comment il méprise le seul type qui ait jamais vraiment compté pour lui, le seul qui revienne encore le chercher et lui lance des tirades auxquelles lui même est incapable de répondre. Pour un type qui aimait l'amour, il se retrouve comme un idiot Ed. Il n'a aucune idée de ce que c'est vraiment l'amour, mais il sait qu'il veut en donner à la seule qui mérite d'en recevoir autant. Tellement. Si c'est ça qu'elle veut savoir, les grandes vérité, il préfère se couper la langue. Il préfère tirer une balle maintenant. Là ou plus tard, qu'est-ce que ça change vraiment ? C'est pas comme-ci c'était une surprise, tout le monde sait qu'il finira mal. Qu'il finira con.  Qu'il finira jeune et désabusé, abusé, désinhibé.  Y a Ed virtuel, souriant, solaire et Ed vivant lunaire, y en a un qui joue charmant et l'autre crapaud. Il a besoin que d'un baiser pour lui insuffler la vie sans laquelle il asphyxie. Il sait trop ce que ça fait. Alors il lui donne la vie à Léonie. Ce sera leur secret à eux deux, la petite note positive qu'on retiendra ses funérailles. Je veux m'enfuir d'ici. Parfois il l'impression que Lyon c'est le tombeau de toutes les lucioles de sa vie. De toutes les lumières de Paris qu'il avait dans les yeux. Il se croit à l'agonie et un seul regard de sa promise de pixel lui rappelle ses torts. Ed. Perd si vite le nord, il faut qu'il retrouve la chaleur des vieux quartiers, le bruit de ces motard qu'il promet de plus jamais traiter d'enculer. Il voudrait trouver les quatre murs qui constituent sa nouvelle existence, se rassurer et se dire que rencontrer sa belle veut pas dire que le couperet va enfin tomber. Un bonheur arrive jamais sans malheur, c'est ce que le destin n'a cesse de lui répéter. Pas de malheur pour aujourd'hui, il a d'autres choses à lui offrir que sa tristesse.
Triste d'être heureux.
Triste de pouvoir effleurer le parfait sans le toucher, il s'y refuse, se joue martyr et abandonne sa princesse. Parce qu'il sait que c'est pas encore avec elle. Il le sait, elle n'aura pas sa bague au doigt. Il restera sur la parvis de l'église quand elle se fera embarquer, celui qui voudra crier de tout ses poumons je m'y oppose. Spectateur dans la masse, noyé, écrasé. Il peut pas choisir pour elle, de l'entraîner là où vivent ses démons, il risqueraient de la bouffer tout cru, de la transformer , de transformer ses rêves en fumée. Il peut pas risquer de prononcer tout haut ce qu'il pense tout bas, en sachant que quelque d'autre a fait son chemin et planté sa tente, déjà. Acte manqué. Léonie. Il passera sa vie à la regretter. Que veux-tu savoir de plus ? Il n'y a vraiment rien que mérite que j'en parle. ça n'a jamais été lui le héros de l'histoire. Suis moi Où pourrait t-elle, ailleurs qu'à sa suite maintenant qu'il l'a retrouvée ? Pour mieux la perdre il va l'emmener. Jusqu'où elle tiendra. Il attrape sa main et traverse la foule à toute vitesse. Les visages invisibles, ceux qu'il reconnaît, ceux qu'il connaît, dans les traits effacés des passants.
Ed ment.
C'est que quelques mètres plus bas encore qu'il l'embarque, là où le calme est plat et on peut vraiment voir le soleil.  Il regrette de ne pas pouvoir lui offrir la mer. Je ne connais pas d'endroits vraiment bien pour toi. Je suis désolé. Elle mériterait mieux que d'être trimbalée comme une pièce rapportée. Elle mériterait mieux que la rue, le pavé, le plomb de midi sur les épaules, sur son visage unique, ses traits doux, trop pudiques pour la fille qu'il a vu se déshabiller pour se donner l'impression d'aimer. Pour qu'il puisse se réconforter, parce qu'il est incapable de sortir et aller niquer comme tous les petits cons qui partagent cette existence très  colorée.  Et il se surprend à sourire encore et toujours, dans son rôle d'astre tombé. Ce monde est le sien. Ce qui doit arriver, arrive. Mantra si souvent répété. S'il n'est pas capable de l'aimer, il sait depuis longtemps qu'elle est la seule qu'il sait adorer. Il veut toucher, ses cheveux, glisse sa main, découvre le parfum de la fille. La douceur de sa peau. Ses joues légèrement rosies. Elle est si belle, comme une fleur à peine éclose, elle s'épanouit d'un rien. Elle touche par sa simple manière d'exister. Il la regrettera tout sa vie, s'il lui reste encore beaucoup d'année de passage et il n'en doute pas. On vit vieux quand on vit de ratés, on survit plus facilement que si l'on s'oublie à exister. Il regrettera de ne pas lui avoir dit à cet instant, de ne pas avoir trouvé les mots pour lui expliquer à qu'elle point il a envie de l'aimer. Qu'elle est parfaite, qu'elle est la seule qui pourra jamais le convaincre qu'il peut être quelqu'un de mieux, qu'il est déjà bien. Ed, t'es un gars bien. Juste imparfait. Elle sera Léonie. L'amour de jeunesse qu'on oublie jamais. Tu es magnifique en vrai, encore plus. Ça je pense, que tu ne le sais pas vraiment. C'est si faible comparé à tout ce qu'il ressent. Aux papillons qui dansent dans son ventre. J'ai encore plus envie de t'embrasser. Moqueur dans une mimique.
Elle ne saura peut-être jamais, qu'il le pensait le vraiment.

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