sayonara ♢ chad

Message par Invité le Lun 17 Juil - 22:22

les cheveux trempés, tee-shirt trop grand sur le dos, assez pour qu'il dévoile son épaule droite, lunettes sur le nez, il se tait. il se tait et supporte les sons trop forts, les sons trop puissants pour sa pauvre caboche trop pleine. il se remet, doucement. il se remet, pourtant assis sur la chaise de son bureau, à faire crier le crayon sur le papier, à admirer, attentif, chaque ligne qui se dessine dans ce surplus de réalité. le corps affalé, presque nu, épuisé, se remettant de la soirée pas forcément bien agencée. sur le meuble y'a son café qui fume, l'odeur qui lui remonte aux narines, sa mâchoire qui menace de craquer quand baille. aujourd'hui, il l'a dit, il a attrapé le choléra, impossible de venir sans trop se traîner, sans trop pleurer. excuse bidonne, bien trop conne pour pardonner sa faiblesse, ses pensées qui se mêlent aux caresses. souvenirs troubles qui viennent ici, puis là. un père tiré, une mère venue ici pour trouver un refuge, le fils dans son sillage découvrant de nouvelles montagnes, d'autres forêts. l'embarqué contre son gré. le gamin tant aimé, besoin de le protéger comme de se protéger. chad c'est comme une plaie qui cicatrise pas, c'est comme une plaie qui suinte et s'apaise sous une couche de sel. chad c'est comme ces foutus par la société qui se traînent pour avancer, tenant le boulet de chair de leurs corps entre leurs doigts. pourtant, paisible,
paisible dans son sommeil,
ailleurs. mieux qu'ici. que là-bas ou qu'ailleurs. dans le noir complet. dani se penche, attrape la tasse pour s'enfiler un peu du breuvage noir et amer. se remet à son boulot, à sa tentative de le marquer sur sa propre estampe, fragile, sans doute inutile. froncement de sourcils, il replace bien les binocles sur son nez - utiles pour éviter quelques migraines et vieilles rengaines. il inspire profondément, s'attaque à sa tignasse éparpillée, épousant les formes du coussin, une vague échouée. à laisser ce qui était hier. à laisser ce coup de
tonnerre.
cette jalousie mortifère qui l'arrête dans son mouvement presque élégant. finalement l'amant se réveille, fait quelques mouvements, casse la dynamique de la pause. il penche sa tête sur le côté dani, une goutte vient tomber sur son support.
- salut. gueule de bois oblige. lui qu'est levé depuis deux heures déjà, à flemmarder sous la douche, retravailler tout c'qui a été dit, tout c'qui a été fait. sans regrets. il se remet à son labeur, guettant la lumière qui vient s'attarder sur les épaules de l'endormi.
- si tu pouvais éviter de trop bouger, ce s'rait top. y'a p'tête qu'ici que c'est pas si mal. à se créer et à se construire. à se déconstruire puis à se détruire. à pas mettre des mots et des maux. à laisser faire, laisser aller, laisser couler.
c'était quoi ?
pars avec moi, ou un truc comme ça.

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Re: sayonara ♢ chad

Message par Invité le Lun 17 Juil - 23:24

– alors pars avec moi. pars avec moi, qu'il lui a dit. pars avec moi. chad, il pourrait tout quitter pour se barrer avec lui. vagabonder dans le monde entier, un pauvre sac sur les épaules, et sa main dans la sienne. visiter les contrées les plus éloignées. dormir sous les étoiles d'amérique latine. se réveiller sous le soleil du continent africain. découvrir les beautés de l'asie. finir par geler dans les pays du nord. et revenir au bercail. peut-être au canada. peut-être en corée. oublier le reste dans ses bras. oublier ce qu'il y a autour. oublier ce qu'ils ont sous les pieds et au dessus de la tête. puis s'aimer jusqu'à en crever. les corps qui se collent puis ne font plus qu'un, ils le disent. parce que dani et chad, ils ne savent pas dire je t'aime de vive voix alors leurs corps font le travail. leurs gémissements aussi. et leurs soupirs. leurs baisers. leurs mains qui s'attrapent, qui se serrent sur les draps froissés. leurs jambes qui s'entremêlent lorsque ça se termine, que les paupières se ferment pour laisser le sommeil les emporter. puis les je t'aime, ils ne sont pas totalement connus. pas encore assumés.
chad, il ne se rappelle pas de s'être endormi. il se rappelle du visage de dani. de ses doigts qui rencontrent sa peau, la caresse. un sourire puis plus rien. le néant. mais quand ses yeux se rouvrent, il a l'impression d'être resté éveillé toute la nuit. et il a l'impression que sa tête va exploser. il sent qu'il n'y a personne à ses côtés. intérieurement, c'est la panique. la vraie. c'est la respiration qui se bloque, les poumons qui ne veulent plus se remplir d'air et le cerveau qui préfère arrêter de fonctionner au lieu d'arrêter le désastre. c'est sa voix qui le ramène à lui. sa voix qui calme la tempête, l'ouragan meurtrier. – salut. il est là. il est bien là. chad plisse ses yeux, tentant d'arrondir les angles de sa vision. c'est bien dani. alors ses muscles se détendent et son pouls se calme. il s'étire doucement, marmonnant quelque chose de similaire à un salut dans sa barbe. si tu pouvais éviter de trop bouger, ce s'rait top. froncement de sourcils. il se fige sous sa demande sans vraiment comprendre. – qu'est-ce que tu fais ? il demande innocemment de sa voix rauque, reste de son sommeil, des clopes et de l'alcool.

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Re: sayonara ♢ chad

Message par Invité le Mar 18 Juil - 14:01

à dani quand il était petit, on lui disait qu'il savait tenir un crayon avant d'avoir eu la bonne idée d'apprendre à marcher. c'était des conneries. n'empêche qu'il y croyait quand il perdait ses chicots en attendant les vraies, celles des grands. c'était des conneries, pourtant ça nourrissait l'envie de continuer, pas forcément de se battre, juste de flemmarder. c'était le mec un peu dans la lune au fond de la classe, qui gribouillait plus qu'il n'écrivait. c'était le type qu'avait un bordel monstre dans sa chambre, faisant criser sa mère autant qu'il pouvait l'enchanter en lui montrant quelques portraits. il savait pas tout faire dani, n'empêche qu'il essayait de capter l'essence, et quand il pigeait pas tout, il cherchait des coups de mains là où il pouvait en trouver. du reste, y devait pas finir comme ça. y devait suivre un chemin pas forcément tracé, mais au moins plus stable - les arts c'est pour les branleurs. y devait taper dans de la communication, pourquoi pas le droit pour se la péter, diplôme accroché aux ongles comme une tête coupée mise sur un pique. puis il y est tombé, comme ça, subitement, attrapé par une passion soudaine, un peu délirante, suivant celle d'un plus âgé qui voulait développer son potentiel. mais dani, dani, même s'il voulait marquer à un point où seules les flammes et le laser peuvent abîmer, il avait jamais lâché ça. ça. cette beauté un peu délicate qu'il caresse des yeux. cette beauté abîmée qui se traduit seulement sur son papier, un peu jauni parfois. pincement de lèvres inférieures, il laisse échapper un roucoulement anodin en réponse à sa voix débraillée, explosée. trop de boisson c'pas bon pour la santé. il continue de gribouiller, trace les lignes en fronçant les sourcils, remerciant ses lunettes de lui permettre de louper aucun détail sans loucher.
- j'avais dit que je le f'rais. alors. haussement d'épaules à son propre égard, ça émet un son particulier, qui se reconnaît entre d'autres. quelques gouttes viennent tomber sur le tissu, puis sur son épaule nue, une dévale le long du bras, rejoint le sol. t'es beau chad. il laisse le compliment s'écouler, passer entre les mailles du filet, le rendre banal - pour qu'il le sache, qu'il le retienne. quand tu dors, t'as l'air moins triste. t'as l'air bien. il inspire profondément, fait craquer lentement ses épaules dans un geste à peu près maîtrisé. il se retient de bailler, furetant l'intérieur de la chambre en bordel qui avale les fringues, les croquis, les pompes et les grigris accumulés.
- moi je résiste pas. j'fais de toi ma... hm. il fait la traduction dans sa tête. même pour un terme aussi bidon, aussi évident qu'un pif au milieu de la face. il galère quand il a pas l'âme totalement rentré dans son cocon - il est ailleurs dani, transporté. muse, voilà. pour maintenant, si ça t'va. timbre calme, posé, il descend, remonte. dévore. pourrait s'y laisser retenter, à le rejoindre, le marteler de baisers désenchantés, d'embrassades à l'acide, à la chaleur criante. pourrait s'y laisser. encore un peu. toujours un peu.
plus.
- j'aime pas trop les photos. alors si tu repars au québec un jour, j'aurais au moins ça à emporter. parce qu'il a pu retenir dani, il a pu faire le tri, à croire que tout était bien agencé pour que ça se perde pas trop dans les limbes. visage sérieux, pas vraiment fermé, juste celui de dani. normalité. banalité. le soleil continue d'exposer ses rayons, de les creuser, les gonfler. une belle journée pour se laisser abandonner, sur le bas-côté, en bas de la route. là où ils attendent tous de se faire embarquer - monde meilleur, monde bonheur. il rembobine l'instant, il comprend même pas pourquoi il le regarde dani. il connaît par coeur chaque ligne,
chaque trait,
chaque défaut,
chaque perfection,
chaque étiolement.

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Re: sayonara ♢ chad

Message par Invité le Jeu 20 Juil - 15:27

il y a son cœur qui palpite. fort. trop fort. parce que dani, il lui a dit pars avec moi. il lui a dit de partir avec lui mais il n'est plus là. disparu. envolé. évaporé. c'est la panique à bord. le bateau se prend l'iceberg de pleine face, ne va pas tarder à couler. puis sa voix, elle empêche le désastre. sa voix, elle remonte le temps, empêche le paquebot de finir comme le titanic. et son cœur n'est plus tempête. son cœur se calme, reprend son rythme normal. il a lui a dit pars avec moi. il lui a dit de partir avec lui et il est là. il est bien là, pas disparu dans la nature. pas retourné en corée sans l'avoir prévenu. c'est la curiosité qui termine par remplacer l'angoisse et la panique. chad, il se demande ce qu'il fait, là, sur son bureau avec ses cheveux trempés qui laissent des gouttes s'échouer sur le sol. – j'avais dit que je le f'rais. alors. un nouveau froncement de sourcils. il avait qu'il ferait quoi ? il ne se rappelle plus très bien, chad. il n'a pas la tête qui tourne comme il le faudrait. pas ce matin. mais lorsque ses yeux se posent sur le crayon entre ses doigts, il comprend. et son cœur repart dans sa frénésie. ça fait combien de temps qu'il est entrain de le dessiner ? combien de temps qu'il le regarde dormir, étudie ses traits pour les représenter à la perfection ? t'es beau chad. boom boom. il sent ses joues chauffer - assez pour qu'il ait l'impression de prendre feu. s'il pouvait, il cacherait son visage sous les draps mais là, il sait que dani, ça ne va pas lui plaire. il lui a dit de ne pas bouger alors il ne bougera pas.
– moi je résiste pas. j'fais de toi ma... hm. muse, voilà. pour maintenant, si ça t'va. sa lèvre inférieure se retrouve entre ses dents pour la énième fois. c'est à cause de dani si elle se fait torturer. encore. encore. et encore. – fais d'moi ta muse quand tu veux, qu'il répond en souriant. sourire fatigué. sourire alcoolisé. malgré le mal de tête qui le fait souffrir. – j'aime pas trop les photos. alors si tu repars au québec un jour, j'aurais au moins ça à emporter. ses mots, ils ont l'effet d'une bombe. parce que dani, il veut garder un souvenir de lui. pour toujours. pour jamais. un souvenir. un vrai. et chad, il ne sait pas trop ce qu'il ressent. il sait juste que ça fait bizarre, là, à l'intérieur. – qui te dit que j'repartirai sans toi ? ça s'échappe. faut croire qu'il est temps pour lui de prendre l'habitude des mots qui sortent sans faire un signal à son cerveau. ça te plairait peut-être, le québec, qu'il rajoute, moins fort. moins sûr de lui. si ça lui plait, il voudrait bien y rester avec lui. ne jamais repartir.

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Re: sayonara ♢ chad

Message par Invité le Ven 21 Juil - 18:58

y'a rien qui l'attend dehors, y'a rien qui, dehors, pourrait le pousser à sortir le bout de son nez. le soleil est trop brutal pour son crâne laissé au garage, y'a le bruit, y'a tout qui pourrait faire éclater ses méninges au point de le rendre amorphe. sans doute qu'il est égoïste dani, qu'il se prend pour un artiste dont on murmurera le nom et qu'on étudiera dans les amphithéâtres d'ici quelques années. sans doute qu'il est de ceux qui préfèrent sublimer l'instant dont il connaît pas encore la définition. alors il passe d'un morceau à un autre, d'une parcelle en passant par l'invisible, par les maigres particules qui volettent et surplombent sa chair d'un décor presque onirique. chad il est pas fait de la matière des rêves, ni des cauchemars. plus d'une réalité oubliée qui rattrape son propriétaire à chaque possibilité, ouverture. c'est le coup de poing qu'un mec se bouffe en fin de soirée, c'est la désillusion en regardant l'espace et en s'imaginant ailleurs, c'est l'envie, c'est la fracture. il est pas d'une manufacture sublime dont on envie les moindres retords, courbures, il est d'une qui se trouve dans le noir, quand la bougie s'éteint brutalement, quand il reste plus que les sens pour s'y retrouver. il l'a rencontré quelque part, là-dedans. il pince sa lèvre inférieure du bout des dents, dani, inspire profondément en maudissant la veille - mais en la remerciant aussi. il visualise l'idée qu'il se fait de l'autre pays,
de la neige,
du froid,
des plaids. ça le fait sourire, même un peu rire, rêveur qui se croit capable de tout, invincible. épaules qui se haussent, il se met à faire traîner les ombrages, concentré sur son dessin loin de ses créations habituelles.
- peut-être. il mordille maintenant sa joue qu'il relâche subitement, il remonte à nouveau ses lunettes bien sur son nez, utiles pour apaiser les tremblements des doigts qui s'acharnent sur ce besoin irrépressible. y se croit dans un film dani, avec les contours romantiques qui s'y prêtent, les paroles puissantes, violentes, qui chamboulent. y se croit dans un suspens haletant. c'est loin aussi. il se fait une vague image de la carte du monde dans son esprit, dessine un point rouge sur lyon, sur busan et un gros entourant le québec. il se fait une idée, se plante des kilomètres gigantesques séparant l'un de l'autre. pis la france au milieu qui ferait presque rire par sa taille ridicule.
- t'as pas trop mal à la tête ? il laisse un vague roucoulement lui échapper, amusé. il passe à autre chose dani, sans trop s'en rendre compte, ni percuter l'importance que ça peut avoir. il vit pas au jour le jour, il vit à la seconde, à un tel point que ça prend son petit temps avant de faire collision. je crois que... j'vais arrêter de sortir, hm ? plus de mon âge, et vice-versa. roulement d'yeux, plus aucune capacité à supporter. ou peut-être aussi pour mettre un sparadrap sur l'organe ouvert de chad, lui donner une seconde vie. empêcher de faire du mal. c'est ce qu'il a fait, un peu, beaucoup. et sans doute qu'il devrait fuir, mettre les barrières de sécurité pour pas qu'il se prenne un mur. sauf que dani, il a pas de sens des dommages, ni le courage d'assumer qu'y'a pas qu'une face à la pièce.
- ça te dérange si j'fais plusieurs dessins ? il pose la première feuille sur son bureau, baisse ses iris sur la seconde avant de s'assoir en tailleurs le pieu. il remonte tout juste la manche de son tee-shirt gigantesque dévoilant son épaule, penche sa tête sur le côté. ton visage, surtout.

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Re: sayonara ♢ chad

Message par Invité le Dim 23 Juil - 0:05

le québec, ça sonne comme un souvenir. le québec, c'était son ancienne vie, celle qui n'était pas si dégueulasse. et faut avouer que chad, il voudrait emmener dani avec lui, lui faire découvrir d'autres paysages, d'autres contrées que celles de lyon ou de busan. lui faire visiter son chez lui, sa terre natale, son tout. en un sens, ce serait comme lui offrir une partie de lui, son cœur sur un plateau d'argent. peut-être qu'il s'y plaira, dani. peut-être qu'il aimera ce qu'il verra, y restera avec chad. des espoirs, il en a plein et dani ne les écrase jamais. il les laisse flotter dans l'air, peu conscient de ce que ses mots sous-entendent. – peut-être... c'est loin aussi. chad, il ne sait pas si c'est une mauvaise chose que ce soit à l'autre bout de l'océan. ça leur donne la possibilité d'une nouvelle vie, d'un renouveau, d'un départ à zéro. et s'il a de la chance, chad, il pourra échapper à la case aveux de ses méfaits passés. – on s'en fout, qu'il termine par répondre avec un rictus endormi sur les lèvres. la distance, c'est bien. la distance, c'est tellement plus d'opportunités en passe de s'ouvrir.
– t'as pas trop mal à la tête ? c'est comme ça avec dani, on passe du coq à l'âne sans crier gare. chad s'y habitue, s'est déjà habitué. il n'est plus surpris lorsqu'il change de sujet en plein milieu d'une conversation. – j'ai un affreux mal de crâne mais j'peux m'en prendre qu'à moi-même, dit-il en soupirant et passant une main sur son visage. il y a des brides qui se mêlent dans son esprit, des moments qu'il préférerait effacer. il y a ce gars collé à dani et sa bouche qui le bouffe. il y a ses lèvres à lui sur celles de dani puis son corps qui s'écrase sur le sien, l'emprisonne. il y a cette rage qu'il ressent, vive et brûlante dans ses veines. et il y a ses paroles dont il ne se rappelle plus, paroles qui claquent, qui frappent. qu'est-ce qu'il donnerait pour oublier et empêcher dani de se rappeler. – je crois que... j'vais arrêter de sortir, hm ? plus de mon âge, et vice-versa. quand il dit ça, dani, on dirait qu'ils sont deux petits vieux en fin de vie et ça fait rire chad. un peu comme tout ce que dit son compagnon d'infortune - d'autres fortunes sous les draps. ça te dérange si j'fais plusieurs dessins ? ton visage, surtout. il sent le rouge qui lui monte aux joues. encore. il est gêné, a l'impression d'avoir tous les projecteurs sur lui alors qu'il n'y a que les yeux de dani pour le scanner. il hausse les épaules. – hm... euh... oui, vas-y, qu'il balbutie - il pourra mettre ce détail sur le dos de la fatigue et de la gueule de bois. sa langue passe sur ses lippes alors qu'un nouveau sourire s'y étire. dani ? il appelle alors qu'il le voit se remettre dans son dessin. tu veux pas, hm, venir avec moi dans le lit ? petite moue. juste un peu. ou pour la vie, c'est bien aussi.

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Re: sayonara ♢ chad

Message par Invité le Dim 23 Juil - 20:57

menton, courbe des lèvres, pointe du nez, longueur de la tignasse qui s'abat en cascade sur son front. les boucles qui se débouclent, qui ondulent, semblable à des fils de cotons. le sourire, la manière dont il se forme, dont il défait les joues, creuse quelques parfaites anomalies. l'éclat des yeux, comment il brille, à quelle intensité, pourquoi, ce qu'il dégage. tantôt colère, tantôt désespoir, tantôt éteint. y'a toujours un truc qui détonne chez chad, dans ses iris. comme une lueur, pas celle d'une bougie. plus d'un néon qu'on aurait oublié de réparer y'a des années, qui grésille de vert, de rose et de bleu, qui laisse passer quelques flashs délirants et aider les pauvres gamins à retrouver leurs chemins. il veut le dire dans son dessin, dani. il veut lui offrir, lui donner cette perspective qui dépasse de loin celle qu'on donne pour faire un espace justement, proprement. il veut représenter ce qu'il perçoit, pas juste la surface, mais aussi ce qui se cache, ce qui bat, ce qui saigne s'auréole. ce qui fait de lui, ce qu'il est. naïveté soudaine qui l'attaque un peu aux joues, il se pince la lèvre inférieure en secouant un peu sa tignasse, frémissant sous le froid qui vient s'attarder sur son crâne. il écoute, qu'à moitié. il écoute, trop concentré, passant de scritch en scritch, de gris en surgris, de concept à réalisation concrète. il rit un peu dani. ça changera jamais, ça changera pas.
ça lui va bien.
ça lui convient. il racle le fond de sa gorge, penche sa caboche sur le côté, fronce les sourcils avant de les hausser. genre de demande qui se fait fréquemment, qu'on laisse aux amants transis et maudits, façon roméo et juliette dont le happy end fait encore rêver plusieurs générations.
- c'est quoi cette tête. il se marre pendant une seconde ou deux, analyse rapidement l'état des lieux. il a cette même moue que les chiots tirent lorsqu'ils ont envie de casser la dalle sans se fouler. cette même moue presque suppliante que celle d'un adolescent enclin à de nouvelles émotions qu'il pige pas. j'ai dit à roman que j'avais la peste. épaules qui se haussent, il se penche à nouveau sur son esquisse qui prend peu à peu forme, rapidement, mais pas parfaite pour autant. j'ai la journée pour te rejoindre de plus près. oeillade complice, vive qui tire ses racines dans un amusement naïf, d'ailleurs. il inspire profondément, étire un peu sa nuque en la faisant craquer, manque de classe à parier, il en prend pas compte - pas maintenant, ni ici, ni avec lui, il a pas besoin de jouer sur l'apparence, ayant été percé sous tous les angles.
- moi, j'veux en savoir plus. propice à l'instant où tout se délite pour présenter le véritable paysage qui se cache, gigantesque, rocambolesque, fabuleux. dis-moi ce que j'sais pas sur toi. une mèche tombe devant le verre droite de ses lunettes, il continue, imperturbable, murmure sincère.
- tout.

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Re: sayonara ♢ chad

Message par Invité le Mer 26 Juil - 21:23

les yeux de chad ne quittent pas la silhouette de dani, s'attardent sur les moindres petits détails. il n'arrive pas à les détourner et il n'en ressent aucune envie, pourrait le regarder des heures durant. dani, il est beau. il est beau, tellement beau que dès qu'on pose son regard sur lui, on se dit qu'on peut mourir en paix. qu'on peut mourir maintenant, là, sur place. il pourrait mourir, chad, mille fois. et quand il regarde dani, il se dit qu'il est le plus chanceux des hommes. et quand il le regarde, il ne peut s'empêcher de le vouloir plus près, toujours plus près de lui. il désire le toucher, l'embras(s)er, s'abandonner dans ses bras et recommencer. chad demande, une moue aux lèvres et dani, ça le fait rire. dani, ça le fait toujours rire, les conneries comme les trucs sérieux. – j'ai dit à roman que j'avais la peste. bien sûr qu'il l'a dit à roman. parce que roman, il est toujours avec dani. parfois, il se demande s'il n'y a pas plus entre eux deux, entre ce duo, ces collègues, amis d'une vie. j'ai la journée pour te rejoindre de plus près. il lui lance un regard qui se veut complice et amusé à la fois. chad y répond en souriant comme un gamin devant son premier amour, les yeux étoilés et le cœur vitesse grand v. il sourit à l'idée de passer une journée entière aux côtés de dani.
– moi, j'veux en savoir plus. dis-moi ce que j'sais pas sur toi... tout. là, il ne sourit plus. là, son visage se ferme, ses iris perdent leurs étincelles. la curiosité de dani est un tue l'amour. il le fixe mais ne répond pas. il n'y a plus de le son du crayon sur le papier qui résonne dans la pièce, le reste n'est qu'un silence de plomb, lourd et pesant. chad s'assoit sur le lit, laissant le drap froissé cacher ses parties intimes et il s'éclaircit la voix. – il n'y a pas grand chose à savoir d'plus. ça, c'est faux parce qu'il y a tellement de choses que dani ne sait pas, n'a aucune idée. il n'est pas prêt à en dire plus sur sa vie. pas prêt à avouer, à raconter les points noirs de son existence. et il n'est pas sûr que dani veuille réellement le savoir, l'entendre de vive voix. ou peut-être qu'il s'en fichera. peut-être. sauf que chad, il ne veut pas se risquer à détruire leur monde à eux. t'as toujours voulu devenir tatoueur ? c'est la seule chose qu'il a réussi à trouver pour se sauver. il espère que ça va marcher mais aussi qu'il recevra une réponse dani parce que chad, il veut en savoir plus lui aussi.

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Re: sayonara ♢ chad

Message par Invité le Mar 1 Aoû - 18:13

y se referme, y s'enferme, se fout dans un coin et répond plus de rien. c'était pas le truc à dire, à faire. alors faut croire que dans le fond, y'a juste rien à balancer, pas de questions à poser - puisque le secret ça vaut tout le bonheur du monde. dani il se tait, il cogite un peu, il pousse un vague soupir en continuant son petit délire sur papier - le capturer, le choper, l'attraper, l'étreindre sur une autre surface, sur un autre interface. il hausse les sourcils par la suite, laisse s'afficher un vague sourire, discret à outrance - une petite tache de rouge à lèvres sur le col de la chemise.
- je crois, ouais. et il saurait pas dire, dani, quand y'a eu le moment de bug intense, le déclic, quand il s'est dit qu'il était fait pour ça. il s'en souvient pas. sans doute que ça a toujours été là, puis que ça a dévalé la pente pour se bouffer le mur un beau jour. y'a des gens qui bâtissent des monuments, y'en a d'autres qui font des tableaux qui coûtent beaucoup trop chers. le rire léger fait vrombir sa gorge, il avale sa salive, se concentre sur ses traits pour les déployer à la perfection sous le gris du crayon. c'est peut-être égoïste. ça l'est sans doute carrément mais... j'aime me prendre pour un artiste. j'en suis pas un. mais - y'a quelque chose de gratifiant. pas tout le monde se souvient de toi, seulement une parcelle. une main timide passe dans ses cheveux, cale une mèche derrière son oreille - trop longue, et qu'il a déjà pensé à se raser la tête, dani. pas le courage, ni l'envie, le regret qui le rattraperait trop rapidement. mais c'est déjà ça. un temps, il exécute les mouvements à la perfection, reprend plus rapidement - puis plus doucement, varie les cadences. c'est comme se retrouver dans ses bras, se faire plaquer au mur, se prendre un baiser digne d'une torture - c'est jamais sur une onde bien nette.
- je veux pas que mes dessins soient sous verre. dans une galerie que personne peut toucher. je veux que ça vive. et qu'ça meurt aussi. les yeux, les yeux. les grands yeux de chad, deux morceaux de charbons, deux billes sombres qui tranchent avec sa peau en fil de soie.
- t'es putain de beau, c'est déprimant. qu'il balance sans relance, qu'il répète sans trop de prise de tête. il inspire profondément, sent son estomac se tordre - sans raison. ça bosse à l'intérieur, comme une petite mort avant l'heure. ça lui tire, ça s'étire, ça fait violence. il pose le croquis au sol, bien entamé - en quelques minutes. à fignoler, à perfectionner, à rendre plus proche de ce qui se fait, de ce qui est. de ce qu'il lui offre comme vision. dani se redresse, se ramène, se cale à califourchon sur sa taille, se penche, faible idiot. front contre front, il sent sa respiration qui se mêle, qui s'emmêle, ça bat trop fort d'un coup,
ça frappe, brutal.
uppercut palpitant.
- parle-moi. encore, et encore, et encore. dis tout ce qui traverse, dis tout ce qui transperce, dis tout ce qui fait mal, dis tout ce qui donne cette décomposition avancée, dis tout ce qui pourrait immoler. dis. dis. dis. et il se laisse tenter dani, il fait dériver ses lèvres sur la joue, sur la mâchoire, chope, dévore,
l'angoisse que ça se casse,
l'odeur de sa peau - le régal d'un matin difficile. le soupir. les paupières closes. moment de friction - insatisfaction, hésitation. murmure, à nouveau.
- parle-moi.

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Re: sayonara ♢ chad

Message par Invité le Mar 1 Aoû - 21:53

chad l'écoute parler de lui, de sa passion, de ce qui le touche en plein cœur. il boit ses paroles, les respire comme il respire l'air autour de lui, autour d'eux. en un sens, ça les rapproche. ça fout des barrières à terre, réduit le fossé entre eux. chad, il l'écoute avec des yeux étoilés et le palpitant qui s'emballe. c'est qu'il est beau, dani, beaucoup trop beau. parfois, il en vient à se demander si dani, ce n'est pas le fruit de son imagination, de ses désirs les plus profonds. à chaque geste, à chaque mot, chad tombe un peu plus sous son charme - en admettant que ce soit possible. il sent son cœur qui bat fort, fort, trop fort. il sent le brasier se rallumer dans ses entrailles, encore, encore, encore un peu. c'est l'effet dani. c'est l'effet qu'il lui fait depuis les premiers instants, quand ils n'étaient encore que des étrangers, des inconnus se dévorant du regard puis du bout des lèvres. ce n'était l'histoire qu'une simple nuit. du moins, ça devait l'être. ça le devait. ça ne l'est pas. peut-être, qu'au fond, ça ne l'a jamais été - pas pour chad.
– t'es putain de beau, c'est déprimant, qu'il lâche, dani, sans crier gare. ça le prend de court, enflamme ses joues à nouveau. merde. dani, ce n'est pas le premier à le complimenter et pourtant, c'est bien la première fois qu'il ressent ça, ça au fond de ses entrailles. ça le fout en l'air à chaque fois. ça le fout en l'air et ça, ce n'est pas normal. il n'y a rien de normal lorsqu'il est à ses côtés, finalement, parce que dani, il bouleverse son quotidien, ses habitudes. il est un ras-de-marée, un ouragan, le genre qui emporte tout sur son passage, détruit pour mieux reconstruire, consolider le tout. et chad, il lui ouvre la porte, lui donne les clés de son monde à foutre en ruines.
viens.
aller, viens.
aller, fous tout en l'air.
sans attendre, dani, il se retrouve à califourchon sur lui. les yeux de chad, ils sont plongés dans les siens. plongés, à deux doigts de la noyade. mortelle et douce, à la fois. ça le frappe, chad, le transperce comme un foutu coup de poignard dans le cœur. dani, il est si beau qu'il en ferait tomber les anges du ciel. dani, il.
il est ce qu'il aurait toujours voulu avoir.
posséder, aimer, chérir.
et dans ces moments, ceux où leurs respirations se mêlent, s'emmêlent, et où leurs cœurs battent à l'unisson, il s'en rend compte. ça lui saute à la gueule, fait autant de bien que de mal. – parle-moi. encore, et encore, et encore. chad ferme les yeux, s'abandonne à ses baisers, là, ici puis là aussi. il ne peut pas parler. pourtant, il y aurait tellement de choses qu'il voudrait dire à dani, tellement de mots qui restent coincés dans sa gorge. parle-moi, qu'il répète. parle-lui. parle-lui. dis-lui tout ce que t'as là, sur le cœur. pourquoi tu restes là sans rien dire ? pourquoi t'es pas capable de lui dire, de tout lui dire ? et là, il les détourne ses iris. il les fout n'importe tout, n'importe tout sauf sur dani. il sent son cœur qui se serre. il a mal, là, au fond de lui-même. il a mal parce qu'il voudrait, chad. il voudrait pouvoir parler. il voudrait. il voudrait tellement. – j'peux pas, qu'il dit en poussant dani doucement, tout doucement sur le matelas. il se redresse, s'assoit, la mâchoire contractée et les yeux plus mouillés qu'étoilés. il évite de croiser le regard de dani. il l'évite comme la peste. j'suis désolé. là, c'est le moment où, dans sa tête, il est sensé se lever, se rhabiller puis se barrer. et là, au lieu de ça, il reste. il n'attend rien - peut-être tout. il reste juste là, le regard qui se décide à affronter celui de son amant d'un soir, d'une vie. j'peux pas parler d'moi, d'ma vie. j'peux pas parler d'mon boulot non plus parce que, tu vois, j'l'ai pas choisi. parce que j'l'aime pas, que j'l'ai jamais voulu. il déglutit, se mord l'intérieur de la joue jusqu'à sentir un goût métallique se répandre dans sa bouche. j'peux juste pas.

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Re: sayonara ♢ chad

Message par Invité le Jeu 3 Aoû - 18:33

peut pas. peut pas. peut pas. il peut pas. il veut pas. il souhaite pas. il désire pas l'informer. il est pas dans l'optique de trop lui en balancer - le silence ça a toujours été sa matière préférée. douche froide qui lui tombe un peu sur la figure, même si dans le ventre ça torture, ça se triture, ça le fout en l'air et ça lui donne envie de le bouffer tout entier - d'en laisser pas même une miette aux corbeaux qui viendraient picorer. il fronce les sourcils dani, il le fixe, un peu idiot, un peu halluciné et à la fois dans cette envie de pardonner. y'a de ces gens qui préfèrent la fermer, garder un peu de mystère, de noir pour alimenter leurs mythes - de ceux qui s'oublient pas, qui se recroisent sur un trottoir alors qu'il fait nuit en pot d'encre renversé. il inspire profondément, sans trop penser aux fondements de ce malêtre qui le ferait presque pleurer - chad c'est comme un condensé d'émotions qui savent plus comment sortir au bon moment, qui comprennent plus le sens de tristesse ou colère, qui mélangent et vont pas dans la logique. chad, chad, il a les yeux trempés dans la flotte et dani il pige qu'à moitié pourquoi. il est pas doué pour ça. c'est pas l'éponge qui prend, qui relâche, c'est plus celui qui joue la plante asséchée oubliée dans un coin de l'école - celle qu'on devait pourtant abreuver avant qu'elle clamse et que le professeur tire la tronche, son plus beau ficus.
haussement d'épaules. il enlève les lunettes sur son nez, se penche pour les poser sur le meuble au bout du pieu.
- okay. pas à juger, pas à vouloir que ça se termine dans le sang, dans les larmes, dans tout ce qui pourrait faire venir le pathos en un claquement de doigts. pas assez courageux pour ça dani, ni haineux pour foutre un coup de bâton sur la vieille plaie. même si. ça reste curieux. étrange. trop douloureux sans doute pour lui. tant pis. c'est pas grave, avant, on s'en branle. il relativise. parce que rien vaut, rien demande un abattage de comptes sur la table - rien qui saurait rendre justifiable, rien qui dirait qu'il est obligé. qu'il se taise. ils savent bien s'y retrouver. dani reprend un sourire, peut-être plus faible, peut-être plus petit aussi. vague écho qui peine à prendre racine dans le ravin - se faire écouter, se faire entendre.
- tu m'dois rien. il se penche, refait une tentative. moins cadencée cette fois. millimétrée. il cale une main sur son épaule, le ramène un peu vers lui, le pousse à se pencher alors que sa bouche vient embrasser son épaule. baiser, un, puis deux, trois. les doigts remontent, attrapent la naissance des cheveux. paupières closes, il marmonne. ça t'a mené jusqu'ici, alors c'est cool. un temps. alors pleure pas. pleurer, c'est - triste. soupir de mise, ses bras s'enroulent, enlacent. j'veux pas que tu sois triste, ici. ou avec moi.
demande surréaliste,
il ose dani - il a jamais eu le sens des réalités, des différentes strates qui composent le merdier du présent. il ose dani - parce qu'il est comme aseptisé.
- alors laisse.

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Re: sayonara ♢ chad

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