you got me so addicted to the drama (roméo) Empty you got me so addicted to the drama (roméo)

Message par Invité le Lun 24 Juil - 18:42

Pour être tout à fait honnête, il n’avait aucune idée de comment il était arrivé à se fourrer dans une telle situation. Il ne parlait pas de la situation globale catastrophique qu’était sa vie actuellement, mais bien de la situation toute aussi merdique dans laquelle il était fourré bien maintenant.

Sa voiture faisait décidément un drôle de bruit. Cependant, Jazz n’arrivait pas à se décider sur le fait si c’était bien le moteur qui avait un gros problème de mécanique, ou s’il s’imaginait l’étrange son d’agonie à cause de l’alcool qui pulsait dans ses oreilles. Enfin… C’était plutôt son cœur qui pulsait dans ses oreilles, pulsations frénétiques causées par l’alcool. Ouais, c’était plus logique ainsi. Malheureusement pour lui, il eut la réponse bien assez vite, trop rapidement, puisque le véhicule pila tellement soudainement, qu’il fit une embarquée et dérapa pour essayer de reprendre le contrôle, avant de se prendre un lampadaire qui finit d’achever sa pauvre Titine. Légèrement déboussolé, puisque, même s’il n’était pas franchement blessé, il venait de se prendre le volant en pleine poire, il cligna plusieurs fois des yeux et regarda autour de lui. Putain, il avait bu combien de verres pour être dans un tel état ? Oui, il avait toujours eu un penchant pour l’alcool, mais habituellement il tenait bien, très bien, trop bien. À croire que la fatigue physique et psychologique commençait sérieusement à l’atteindre. Faisant grincer ses muscles et ses articulations, il sortit finalement de la voiture, clairement hors d’état de fonctionner, et constata que de la fumé noire et probablement très nocive s’échappait du capot avant. Étrangement mais lucidement, il se dit que la panne n’était pas qu’exclusivement causée par le carambolage. Il soupira et passa une main dans ses cheveux argentés qui n’étaient jamais coiffés. Ouais, peut-être que cette fois-ci cela n’avait pas été une très bonne idée que de s’installer devant le volant alors qu’il avait passé quelques heures assis au comptoir d’un bar à muscler son coude gauche. Le muscle du pochard, et non du branleur. Il regarda autour de lui, tournant sur lui-même – s’il avait eu une cape, il se serait amusé à la faire virevolter sur son dos –, comme si la rue déserte et sombre allait lui donner la solution qu’il attendait. Évidemment que non. Il soupira une seconde fois, désemparé, et pas assez sobre pour pouvoir réfléchir convenablement. Il ne savait pas quelle heure précisément il était, mais il savait néanmoins qu’il était très tard – ou très tôt, cela dépendait de certains point de vue –, et qu’à une pareille heure il était tout bonnement impossible d’appeler un garage ou rentrer en métro. Et il ne reconnaissait pas le coin, alors il se doutait aussi qu’il était un peu trop loin de son nouvel appartement pour rentrer à pieds. Surtout que vu son état, il risquait de se perdre et s’endormir en chemin.

De manière toute aussi étonnante, ce fut bien la rue déserte et sombre qui lui fournit la réponse qu’il attendait. Son cœur rata un battement et se serra douloureusement lorsqu’il lut le nom de la rue. Non pas qu’il connaissait particulièrement cette rue, d’ailleurs il y passait même plutôt rarement, toutefois le nom résonnait dans son crâne comme si une alarme stridente s’était déclenchée quelque part. Il souffla, relâchant tout l’air que ses poumons contenaient, comme s’il avait oublié de respirer soudainement. Inspirer, expirer. Inspirer, expirer. Il se sentait suer, soudainement. Bien qu’il ne connaissait pas spécialement très bien cette rue, le nom sonnait étrangement familier parce qu’il savait – oh oui, putain il savait – que Roméo avait déménagé ici lors de leur séparation. Comme lui avait bougé dans le quartier de la Presqu’Île en colocation. Il souffla, encore une fois. Bien sûr que la pensée de lui demander de l’abriter pour la nuit l’avait effleuré, mais ne valait-il pas mieux qu’il dorme sur le banc dans une rue ? Comme si Dieu riait méchamment de son sort, cette fois-ci ce fut la météo qui décida à sa place, puisqu’il se mit à pleuvoir sévèrement. Il jura des grossièretés dans sa langue natale dans sa barbe – qu’il n’avait pas –. Okay. Si le karma si mettait aussi, il n’allait plus pouvoir en finir. Prenant donc son courage à deux mains, il se dirigea vers l’immeuble dont il ne devrait pas avoir aussi bien retenu l’adresse.

Ce fut donc trempé de la tête aux pieds – mais, d’une certaine manière, la pluie avait presque balayé l’odeur de whisky qui le suivait de bien trop près – qu’il se retrouva dans le hall de l’immeuble. Il ne savait pas si la porte d’entrée était cassée, si quelqu’un l’avait laissée ouverte par inadvertance, ou s’il l’avait kické lui-même sans s’en rendre compte. Dans tous les cas, il avait réussi à passer la première épreuve avec brio. C’était quoi déjà son numéro d’appartement ? Onze. Putain, même cela il s’en souvenait un peu trop bien à son goût. Le cœur lourd, il monta alors doucement, très doucement, trop doucement, les marches des escaliers – ben ouais, pour un étage il allait pas faire son flemmard et prendre l’ascenseur, surtout qu’il avait besoin de quelques secondes précieuses de plus pour essayer de réfléchir, chose vaine –, et à chaque fois qu’il faisait un pas de plus, il sentait son cœur s’emballer un peu plus. Alors qu’il n’avait gravi qu’un étage, c’est bien à bout de souffle qu’il se retrouva devant la porte de l’appartement. S’empêchant de réfléchir un peu plus – ou un truc qui ressemblait de loin à de la réflexion –, il sonna à la porte, sinon il allait camper devant il en était sûr. Il ne pensa même pas une seule seconde qu’une autre personne puisse lui ouvrir. Heureusement pour lui – parce que vu l’heure si cela avait été une autre personne que Roméo, il se serait assurément pris un pain dans la gueule –, ce fut bien la personne de son obsession qui lui ouvrit. « Aheum. Salut. J’voulais savoir, tu peux m’héberger ce soir ? Juste ce soir. » Mais oui Jazz, belle entrée en matière. Il ne faisait absolument pas peur ainsi, débarquant à il ne savait quelle heure de la nuit en lui demandant de l’accueillir pour la nuit, alors qu’ils ne s’étaient pas vus depuis que Roméo l’avait mis à la porte, dégoulinant littéralement d’eau sur le paillasson, mais aussi peut-être un peu d’alcool. Quoique, depuis le temps, il était habitué à ses déboires improbables. Mais n’était-ce pas pour cela qu’il l’avait foutu dehors ? Mais n’était-ce pas aussi pour cela qu’il était tombé amoureux de lui ? Il ne savait plus trop. Le voir, après trois semaines de désintoxication, c’était vraiment trop étrange.

Invité
Invité


you got me so addicted to the drama (roméo) Empty Re: you got me so addicted to the drama (roméo)

Message par Invité le Mar 25 Juil - 13:27

Fatigué. J'étais fatigué. Pas la petite fatigue qui vous fait piquer du nez devant la télé, non, une bonne grosse fatigue, celle qui fait que vous avez du mal à mettre un pied devant l'autre, celle qui fait que votre jugement peut être floué, celle qui vous fait passer pour un poivrot alors même que vous ne buvez pas une goutte d'alcool. La raison de cette fatigue ? Oh elle est très simple et très complexe à la fois. Simple, parce qu'elle est principalement due au fait que je me suis noyé plus que de coutume dans mon travail et complexe parce que la raison de cette noyade est mon récent célibat.

Oh bien sûr c'est moi qui l'ai provoqué ce célibat, c'est moi qui ai mis Jazz à la porte, mais je ne l'ai pas fait de gaieté de coeur, je vous l'assure. Je l'ai fait pour qu'il ouvre les yeux, qu'il réagisse, son comportement devait changer, mais apparemment, je me suis bercé d'illusion. J'aurais dû savoir que cela n'aurait rien changé, oui, j'aurais dû deviner que cela ne le ferait pas réagir. Malgré son âge, Jazz est resté un gamin, et je crois qu'il le restera toujours. Vous vous demandez certainement si je l'aime encore. Bien sûr que je l'aime encore, je n'ai jamais cessé de l'aimer, mais je ne pouvais pas rester sans rien faire, alors je l'ai mis dehors. Était-ce vraiment une bonne chose à faire ? Je ne sais pas. Sur le coup, cela m'avait paru une bonne idée, mais je n'en suis plus aussi sûr à présent. Je suis une contradiction vivante, je suis complètement crevé, mais ça fait environ trois heures que je suis au lit et je n'arrive toujours pas à dormir. Je suis allongé, les bras croisés sous ma tête et je fixe le plafond de ma chambre dans l'obscurité. Poussant un soupir, je décide de me lever pour aller boire un thé. Je sors donc de mon lit et enfile un pantalon de jogging, on ne sait jamais, j'habite en colocation ici, je ne voudrais pas choquer mes colocataires en me pointant en boxer dans la cuisine, un peu de tenue que diable. Je sors de ma chambre et peux constater le silence qui règne dans l'appartement. J'ai l'impression que je suis seul ce soir. Tant mieux. Je me dirige donc vers la cuisine et je me prépare mon thé. Pendant que la bouilloire chauffe, je vais chercher l'album photo qu'il y a dans l'armoire de ma chambre et je commence à le feuilleter. Il y a dedans des photos de mes jeunes années à Bordeaux et puis il y a des photos de Jazz et moi quand il est venu nous rejoindre et qu'il s'est fait adopter par ma famille. Un peu plus loin, il y a des photos de nous en couple. Je caresse distraitement une des photos. Nous avons l'air tellement heureux sur ce cliché, et je l'étais avec lui. C'est sans doute pour cela que lorsque quelqu'un me demande si je suis célibataire, je lui réponds toujours "non, pas vraiment...en fait c'est un peu compliqué". Les gens n'aiment pas les histoires compliquées, du coup ça les tient relativement éloignés et c'est parfait parce que c'est l'effet recherché.

La bouilloire se met à siffler. Je me lève et me verse mon thé dans ma tasse. Je sais ce que vous allez me dire "tu n'es pas moderne, tu n'utilises pas le micro-ondes, tu n'as pas de photos dans ton portable." D'abord, sachez que cela ne vous regarde pas, mais pour étancher votre curiosité, bien que n'étant pas réfractaire à la modernité, j'ai toujours adoré l'authentique, je préfère de beaucoup sentir l'odeur du café en train de couler le matin plutôt que d'utiliser un sachet, de le verser dans de l'eau et de mettre la tasse au micro-ondes. C'est pareil pour le thé, je le préfère lorsque l'eau a bouilli dans une bouilloire. Quant aux photos dans mon téléphone. Bien sûr qu'il y en a, mais je les connais par coeur et je les regarde presque tous les jours. Je sais, je suis pathétique. Je fais tourner mon sachet dans l'eau, observant le liquide se teindre peu à peu à cause du thé puis je le laissais infuser, tournant de nouveau les pages de l'album. Je le refermais ensuite et plongeais mes lèvres dans le breuvage, fermant les yeux pour apprécier chaque saveur qui se dégageait du liquide.

La sonnette retentit et me sortit de mon état quelque peu somnolant. Heureusement, demain, je ne travaillais pas, je pourrais donc dormir autant que je le souhaitais. Oui, mon responsable m'a ordonné de ne pas reparaître à l'hôpital avant deux jours. Il allait donc me falloir trouver de quoi m'occuper. Bref, revenons à la porte. Peut-être était-ce un de mes colocataires qui avait oublié ses clés ? Oui, ce serait fort possible. Si ce n'était pas le cas ? Peu importe, j'aviserai. Je me levais donc du tabouret et allais vers la porte. Passant ma main dans mes cheveux histoire de ne pas avoir l'air de sortir de mon lit, même si c'était le cas, j'ouvris ensuite la porte et me statufiais en reconnaissant l'identité de mon visiteur. Son nom s'échappa de mes lèvres en un souffle douloureux.

- Jazz ?

Fronçant les sourcils et avisant rapidement l'heure qu'il était, je m'apprêtais à lui faire la morale, on n'a pas idée de déranger les gens à une heure pareille.

- Non, mais franchement, tu as vu l...

Alors que je voulais le faire, je me suis pourtant arrêté au tout début de ma diatribe. Jazz avait l'air si misérable, si perdu...j'avais l'impression de voir un chaton qui venait de passer la nuit sous une averse, mais d'ailleurs, parlant d'averse, Jazz était frigorifié, je ne pouvais pas le laisser comme ça. C'est d'une voix plus douce que je l'invitais donc à entrer.

- Bien sûr. Entre. Si tu veux, tu peux aller prendre une douche ou un bain...un peu de chaleur ne te ferais pas de mal. Il y a des serviettes dans le placard de ma chambre, je vais aller t'en chercher si tu veux. Oh et je me suis fait un thé...tu en veux un aussi ?

Je lui avais désigné la salle de bains d'un signe de tête et sans attendre sa réponse, je m'étais dirigé vers ma chambre pour en ressortir quelques secondes plus tard avec deux serviettes dans les mains que je lui tendis.

- Tiens. Tu seras tranquille, je suis seul ce soir. Mes colocataires ne sont pas rentrés et vu l'heure, je doute les voir avant demain en fin de journée.

J'esquissais un petit sourire. Je ne pouvais détacher mon regard de Jazz, je mourais d'envie de passer ma main dans ses cheveux comme j'aimais souvent le faire, mais la situation entre nous ne s'y prêtait pas vraiment.

Invité
Invité


you got me so addicted to the drama (roméo) Empty Re: you got me so addicted to the drama (roméo)

Message par Invité le Mer 26 Juil - 0:09

Il se sentait soudainement très con.
Alors que la porte s’ouvrit pour laisser apparaître Roméo – sérieusement, il aurait pu tomber sur un de ses colocataires, et se recevoir un coup de poing bien placé qu’il l’aurait mis ko sans grande difficulté vu son état –, tout le peu d’illusion de courage qui lui restait sembla s’évaporer dans les airs à jamais, sans même un regard en arrière pour lui. Jazz, il se figea sur place. Il n’était plus qu’un pantin sans conscience propre, et surtout sans aucune bravoure. Sa dignité ? Envolée depuis belle lurette elle aussi. Comme si toutes avaient soudainement réalisé qu’il n’était qu’un bon à rien, qu’un cas désespéré et qu’il valait mieux prendre ses clics et ses clacs pour aller trouver une carcasse un peu plus attrayante. Jazz, il se figea sur place alors qu’il se retrouvait nez-à-nez avec Roméo. Il l’avait pas vu depuis presqu’un mois, et soudainement il ne se retrouvait plus qu’à quelques centimètres de lui. Près. Trop près. Pourquoi n’avait-il pas pensé à ne pas coller son pif contre le battant en bois avant de toquer pour signaler sa présence ?
Finalement, il le fit ce pas en arrière, comme si cela allait l’aider à réfléchir un petit peu plus – ce n’était pas non plus trop difficile à battre –. Et contre attente, l’effet escompté arriva réellement. Premier miracle de la soirée.

La gorge de Jazz se noua, et il eut encore plus de difficultés à respirer correctement, de manière qui n’était plus du tout naturelle, lorsque l’homme de ses rêves et cauchemars prononça son prénom. Pourquoi cela sonnait comme une douce mélodie dans sa bouche ? Cela ne devrait pas rouler sur sa langue aussi joliment. Cela ne devrait pas aussi facilement le séduire et lui donner des frissons. Sa gorge se serra un peu plus, risquant de l’étouffer bien réellement lorsqu’il commença à l’engueuler. Soudainement, il se sentit encore pitoyable qu’il ne l’était déjà. Mais il avait raison, Roméo, comme à chaque fois. On n’avait pas idée de déranger les gens à cette heure indécente de la nuit, bordel. Alors, confus et dépité, il baissa la tête comme un gamin tout penaud devant une engueulade dont il était le sujet, et il était prêt à rebrousser chemin. Il avait même commencé à amorcer son demi tour sur lui-même lorsque son amour perdu – vraiment ? – sembla changer d’avis et le rappela subitement.
Tout aussi soudainement, Jazz sembla se souvenir de nouveau de la manière convenable pour respirer, puisqu’il relâcha tout l’oxygène qu’il retenait dans ses poumons, sans vraiment le savoir, et, à l’image d’un gamin qui recevrait le câlin de sa mère après s’être fait salement enguirlander, un grand sourire joyeux et presque innocent vint illuminer son visage toujours aussi humide. « C’est vrai ? » Il était presque mignon ainsi, Jazz, à agir comme un enfant qui ne croyait pas à la bonne surprise inattendue que ses parents venaient de lui faire. Parce que Jazz, il ne réalisait pas vraiment que Roméo l’avait autorisé à rentrer chez lui, son nouveau chez lui qui n’avait jamais été chez eux. Parce que Jazz, il se voyait déjà dormir – ou plutôt attendre – dehors, sous la pluie, patientant presque sagement que les premiers métros partent enfin. Il ne comprenait presque pas pourquoi Roméo voulait bien laisser le rentrer alors que la dernière fois qu’ils s’étaient vus il l’avait foutu dehors. C’était bizarre. Mais il ne fit aucune remarque, ne voulant pas gâcher le moment, comme il le faisait si bien d’habitude.

Alors il le suivit tranquillement – ou presque – à l’intérieur, ne pouvant s’empêcher de regarder tout autour de lui, autant pour essayer de mémoriser le plus de choses possibles sur l’endroit où son Roméo vivait à présent, que pour éviter de poser les yeux directement sur lui. Son cœur se remettait à palpiter normalement, ce ne serait pas le moment de risquer de faire une crise cardiaque. « Wha… What ? » Ce ne fut que lorsque Roméo lui indiqua la salle de bain d’un simple mouvement de la tête qu’il se rendit soudainement compte qu’il lui avait parlé. Il fallait vraiment qu’il fasse taire toutes ces pensées parasites qui plombaient son esprit, surtout qu’elles n’étaient vraiment pas pertinentes. Et d’ailleurs il lui avait dit beaucoup de choses, Roméo. Il avait l’habitude de bavarder autant ? Il ne se souvenait plus.
Fronçant les sourcils dans une tentative de concentration, faisant fi de la brume qu’avait causé l’alcool bu, il essaya de se souvenir des quelques mots qu’il lui avait dit, que ses oreilles avaient dû entendre même si son cerveau ne faisait pas attention sur le moment. « Ah. Merci pour la douche ou le bain, j’vais plutôt juste accepter la serviette pour me sécher. Et t’aurais un bas de pyjama ? Pour me changer… » Il déclina l’invitation d’une bonne douche chaude, parce qu’il se voyait mal se déshabiller et faire trempette sous l’eau brûlante alors que Roméo se tenait dans une pièce à côté, et qu’il en était beaucoup trop conscient. Puis il n’avait pas vraiment froid. Enfin… Il ne pensait pas. S’il grelottait ce n’était pas parce qu’il était frigorifié à cause de la pluie qui avait pénétré le moindre de ses os, mais parce qu’il était nerveux, n’est-ce pas ? Puis il ne faisait pas confiance à ses membres, à cause de la situation et des verres qu’il s’était enfilés, et il avait peu envie de glisser et de tomber dans la baignoire ou la douche. Ouais, se sécher et se changer, en voilà un bon plan. Et l’éternel bas de pyjama. Jazz, il n’était pas un mec qui se promenait en caleçon dans l’appartement, Jazz il avait toujours eu l’étrange habitude de collectionner les vieux jogging pour les recycler en pantalon de pyjama. Jazz, c’était un peu sa marque de fabrique lorsqu’il traînait chez lui, ou même chez les autres au final, parce que parfois il avait du mal à comprendre et intégrer les normes de convenance.

Roméo s’éclipsa dans sa chambre, probablement pour aller chercher ce dont il avait besoin – pourquoi il était si gentil avec lui ? il le méritait pas, bordel –, et il eut très envie, trop envie, une si grande envie que cela lui bouffa soudainement les entrailles dans une douleur aigue, de le suivre dans cette pièce qui représentait son intimité. Il se retint à la dernière seconde, restant planté au milieu du salon, toujours entrain de goutter pitoyablement, comme une plante verte qui ne servait à rien, même pas pour le décor parce qu’à force on ne la remarquait plus. Oui, le mec complètement inutile. Il se concentra sur l’odeur du thé, odeur qu’il associait véritablement à Roméo, jusqu’à ce qu’il revienne. « Tu dormais pas ? Pour te faire un thé à cette heure-ci… » Jazz, il avait toujours été insomniaque. Un trop grand nombre de fois il s’était éclipsé des bras de son amant, lorsqu’ils étaient ensemble, en pleine nuit pour aller se fumer une cigarette nocturne parce que Morphée décidait vraiment de le prendre dans ses bras. Alors, presque tristement, cela le préoccupait de constater que Roméo pouvait avoir les mêmes problèmes.
Son palpitant rata de nouveau un battement, avant de reprendre un rythme bien trop effréné lorsqu’il lui confia qu’ils étaient seuls ce soir, et qu’en plus il lui sourit. Il était beau, Roméo, lorsqu’il souriait. Presque bêtement, il aurait préféré que ses colocataires soient présents ce soir, cela aurait servi de distraction. Déglutissant, et pour cacher toutes ses expressions qui trahissaient ses émotions, il commença à travailler sur son t-shirt pour l’enlever, le foutant par terre, tombant lourdement à cause de l’eau qui exagérait son poids. Puis il commença à se sécher en se servant de l’une des deux serviettes, ébouriffant ses cheveux argentés par la même occasion. « Merci Roméo, mais c’est juste pour ce soir… » Il ne savait pas trop quoi dire, il n’arrivait pas à trouver les mots justes, si jamais il les avait eus un jour. Il n’aurait jamais pensé se retrouver chez son ex de cette manière. C’était vraiment trop étrange, trop improbable.
Puis il balança ses chaussures d’un coup de pied expert au même endroit que son t-shirt, et commença à déboutonner son pantalon avant de s’arrêter, rougissant presque. Depuis quand est-ce que Jazz était pudique et gêné ? « Euh… J’veux bien un thé ouais, et un pantalon de pyjama… » Parce qu’il se voyait mal se foutre en caleçon devant Roméo, s’il n’avait rien à mettre par dessus. Surtout que son caleçon était mouillé, et du coup il le moulait un peu trop. Surtout que son caleçon était blanc, et que du coup il était devenu un peu transparent. Inspirer, expirer. Il se racla la gorge, dans une tentative désespérée de redevenir maître de lui-même.

Invité
Invité


you got me so addicted to the drama (roméo) Empty Re: you got me so addicted to the drama (roméo)

Message par Invité le Dim 30 Juil - 14:35

Cela ne faisait pas si longtemps que je n'avais pas revu Jazz, trois, peut-être quatre semaines, et pourtant, à le voir ainsi sur mon palier, j'avais l'impression que cela faisait une éternité. Je ne pouvais détacher mon regard de lui, comme si une force, mystique, invisible, me poussait à rester ainsi. Bon sang, c'est fou le nombre de conneries que mon cerveau peut penser à la seconde. Une fois la surprise passée, j'avais réalisé l'heure qu'il était et j'avais voulu dire à Jazz ma façon de penser. Je ne m'étais jamais gêné pour le faire lorsque nous étions ensemble, ce n'était pas maintenant que nous étions séparés que j'allais prendre des gants. Oui, c'était l'idée, cependant, lorsque j'ai vu l'air coupable et surtout très humide qu'il affichait, j'ai eu pitié et je n'ai pas eu envie de le voir tomber malade, parce que malgré notre rupture, je l'aime toujours et je ne pourrais jamais m'empêcher de m'inquiéter pour sa santé. Je l'avais donc invité à entrer. Je fus presque surpris par l'espoir que je lisais sur son visage. Il avait peut-être une tête adorable, mais la signification de cet espoir ne me rassurait pas, qu'est-ce que cela voulait dire, qu'il me pensait monstrueux au point de le laisser sur le palier alors qu'il grelottait ? Je ne savais pas que l'opinion qu'il avait de moi était aussi basse. Je sais que je passais une grande partie de mon temps à le sermonner quand on était ensemble, mais bordel, je l'aimais et je le lui disais...je pensais qu'il l'avait compris. Cet air-là me blessa un peu, sans que je le veuille vraiment. Lorsqu'il me demanda confirmation, j'esquissais un petit sourire en coin. Bon sang, j'étais si horrible que ça pour qu'il ne pense pas que ce que je disais pouvait être vrai ?

-  Bien sûr.

Ensuite, j'avais dit à Jazz qu'il pouvait prendre une douche ou un bain, mais il déclina la proposition. Je le regardais en levant un sourcil. Il était transi de froid, mais il refusait un moyen de se réchauffer, demandant simplement un bas de pyjama et se contentant des serviettes. Je n'avais pas souvenir qu'il soit pudique à ce point-là, surtout avec moi, depuis le temps que je le connais, je l'ai déjà vu à poil plusieurs fois.

- Tu es sûr ? Bien, comme tu veux, je vais te chercher ça.

Joignant le geste à la parole, je retournais dans ma chambre pour chercher un pantalon de pyjama. Je le pris et le tins dans mes mains quelques instants, comment va-t-il réagir quand il le verra ? Il s'agit d'un des siens. Il ne l'avait quasiment jamais mis quand nous étions ensemble, c'est pour ça que je n'avais pas pensé à le lui redonner quand je l'ai foutu à la porte. C'est lorsque j'avais rassemblé mes affaires pour déménager de notre logement que je l'avais retrouvé. Je l'avais bien sûr passé à la machine, ne sachant pas depuis combien de temps il avait été relégué dans le fond de l'armoire, puis je l'avais soigneusement rangé. Je revins avec tandis que Jazz me posa une question toute simple, mais à laquelle je ne pouvais pas répondre en étant cent pour cent franc.

- Oh rien de bien grave, petite insomnie passagère, je me noie dans le boulot en ce moment et paradoxalement, mon énorme fatigue fait que je n'arrive pas à dormir. Du coup mon responsable m'a collé en repos forcé pendant deux jours.  Tu te rends compte ? Deux jours, sans bosser, moi ? Quelle horreur, comment il veut que je tienne ?

Je le  regardais s'essuyer les cheveux et haussais les épaules.

- Oui, je sais bien, mais cela n'empêche pas qu'il faut que tu sois bien, sinon je ne vois pas l'intérêt de dormir dans un appartement si tu y es plus mal loti que si tu dormais dehors.

Il commença à enlever son pantalon, mais s'arrêta avant même de l'avoir baissé. Sa phrase me fit réaliser que j'avais laissé le pantalon sur mon lit.

- Oh oui merde, désolé.

Je retournais donc dans ma chambre et en ressorti avec le pantalon de Jazz.

- Tiens, il devrait t'aller...vu que c'est un des tiens.

Je me réfugiais ensuite auprès de ma bouilloire et sortais une tasse pour Jazz, ne faisant aucun commentaire sur le fait que j'avais conservé un de ses bas de pyjama, me faisant la réflexion que cela pouvait paraître un peu "creepy". Je lui servi son thé et revins près de lui avec la tasse, que je lui tendis.

- Alors ? Que deviens-tu ?

Je le regardais un instant puis, n'attendant pas qu'il réponde à la question, je filais dans ma chambre à nouveau et je pris une grosse couverture, je revins et la posais sur les épaules de Jazz.

- Bon Dieu, fou-moi ça sur tes épaules, je n'ai pas envie que tu crèves sur le sol du salon, ça ferait désordre.

Invité
Invité


you got me so addicted to the drama (roméo) Empty Re: you got me so addicted to the drama (roméo)

Message par Invité le Lun 31 Juil - 20:52

Même pas un mois qu’il avait vu pour la dernière fois Roméo, et pourtant il avait la sensation que son – nouveau – monde était bien vide sans lui. Lorsque Jazz s’était fait mettre à la porte – par sa faute, il devait bien l’avouer –, il n’avait pas seulement perdu son amoureux, mais aussi son meilleur ami depuis près de quarante ans. L’homme qui avait toujours fait partie de sa vie. La fin d’une erre heureuse, la fin de chapitres peut-être trop joyeux, qui s’ouvraient à présent sur des pages mélancoliques. Jazz, malgré son envie et son manque, il n’était pas revenu vers son ex. Ce dernier lui avait bien fait comprendre qu’il ne voulait plus le revoir en lui claquant la porte au nez après lui avoir balancé quelques unes de ses affaires, probablement excédé par le comportement complètement immature de Jazz, et il s’était efforcé de respecter cette dernière volonté qu’il avait exprimée plus que clairement. Pour Jazz, cette rupture avait clairement annoncé une fin, alors qu’il fut si surpris que Roméo accepte aussi facilement de le laisser rentrer, ce n’était pas parce qu’il le voyait comme un monstre – au contraire, il était presque son idéal masculin, et c’était peut-être pour cela qu’il s’était autant entiché de lui –, mais parce qu’il pensait que c’était lui le monstre, et que Roméo l’avait percé à jour et n’aurait plus jamais voulu le revoir.
Toutefois, Roméo sembla mal interpréter sa réaction, il crut le voir légèrement vexé. Alors Jazz ouvrit la bouche pour essayer d’expliquer le fond de sa pensée, mais la referma aussi vite. Pas sûr déjà de trouver les bons mots, de s’exprimer clairement, de plus il n’était absolument pas certain de vouloir descendre de nouveau cette pente plus que glissante et donc dangereuse. Alors, peut-être pour une des premières fois de sa vie, il se la ferma.

Jazz, clairement, il n’était pas aussi naturel que d’habitude. Un comble lorsque l’on pensait que Roméo était bien la personne qu’il connaissait le plus, qu’il avait le plus côtoyé, mais aujourd’hui il avait presque l’impression de marcher sur des pierres, pour éviter de tomber dans la rivière et se mouiller – ou pire se noyer –, devant un parfait inconnu. Alors oui, d’habitude Jazz était spontané, très à l’aise dans n’importe quelle situation, mais pas ce soir. Jazz, il était très visiblement gêné. Alors une douche ou un bain en plus ? Il allait éviter. Quoiqu’il ne pouvait rien refuser à Roméo, depuis toujours – en réalité, on le pensait don juan, il était plus canard qu’autre chose –, et s’il insistait il allait évidemment craquer.
Piteusement, il hocha la tête. C’était vrai qu’un bain – toujours plus bain que douche, évidemment – l’aurait bien réchauffé, mais il n’allait pas prendre le risque. Se baigner nu, dans la baignoire de Roméo, alors qu’il était dans une pièce à côté, seul, il préférait peut-être se noyer dans l’eau bouillante.
Alors, il l’attendit patiemment, toujours trempé – il ne serait pas étonné qu’une flaque ce soit créée autour de lui, à ses pieds –, incapable de bouger le petit doigt. Enfin si il était capable, mais il ne se sentait pas à l’aise, pas dans son élément, et c’était vrai qu’il avait froid, en fait. « Thanks. » Comme pour se rappeler d’où il venait, ou alors était-ce réellement inconscient de sa part, Jazz avait toujours eu l’habitude de sortir ces petits automatiques dans sa langue natale, aussi bien que certaines expressions et les injures. Depuis toujours.
Il attrapa donc la serviette, et commença à s’essuyer comme il pouvait, écoutant toujours attentivement – peut-être presque trop attentivement, comme s’il s’empêchait de réfléchir ainsi – Roméo. Il gloussa légèrement, à l’entendre parler. Il avait l’impression qu’il déblatérait plein de conneries, que le malaise ressenti ne provenait pas que de lui, mais il le fit rire quand même. « T’as toujours trop travaillé. Deux jours de repos, ça peut pas te faire de mal. » À présent torse nu, la serviette autour du cou, et les cheveux en bataille suite à l’intense session de séchage, il le regardait, avec son éternel air juvénile malgré ses cheveux argentés et ses rides immanquables. On aurait presque dit qu’il avait un petit sourire qui jouait sur les lèvres. « Moi aussi, ils m’ont poussé vers la sortie, pour quelques jours. » À croire que plus personne ne veut de moi, qu’il s’empêcha de rajouter à la dernière seconde. Il trouvait la coïncidence presque amusante, si l’on admettait réellement que ce n’était seulement une coïncidence. Parce que Jazz, il était dans un sale état. Il ne dormait plus, ne mangeait plus, ou alors très mal, et buvait et fumait encore plus qu’à l’accoutumée. C’était bien pour cela qu’on lui avait dit d’aller se reposer, parce que cela se voyait à sa gueule et aux kilos perdus qu’il était exténué. Il pouvait bien faire semblant d’aller bien, comme il faisait à chaque fois, la fatigue se lisait sur les moindres traits qu’offrait son corps.

Ce fut à son tour de hausser les épaules. Jazz, même si à son âge il était certain qu’il appréciait le confort, il avait eu l’habitude de dormir dans les endroits les plus improbables. Après tout, les huit premières années de sa vie, il avait vécu dans la rue même. Et même encore après, il s’était retrouvé dans des situations qui ne donnaient pas la possibilité de dormir paisiblement dans un lit. Un canapé ? C’était le grand luxe. « Même si tu me faisais dormir dans la baignoire, ça sera toujours mieux que dormir sur un banc crasseux dehors. » Et comme pour approuver ses dires, un orage affreusement sonore éclata dans le ciel, par la fenêtre. Jazz, presque pensif, regarda la météo se déchaîner dehors. Quel drôle concours de circonstances.

Autant, être torse nu il l’était tout le temps, même devant des inconnus il s’en fichait complètement, toutefois, et même si Roméo était probablement la personne au monde à l’avoir vu le plus à poil, arrivé au moment fatidique d’enlever son pantalon, Jazz se sentit soudainement très conscient. Du coup, il profita de la brève absence de Roméo qui était parti lui chercher un pantalon de pyjama, pour souffler, relâcher l’oxygène bloqué dans ses poumons, et essayer de ralentir les battements de son cœur. Ne pouvant pas s’en empêcher, il sourit en voyant que le pantalon qui lui apportait était un de ses joggings. Les joggings, il en avait toujours eu beaucoup trop. Le truc était qu’il ne mettait que cela quand il était chez lui, et il ne semblait pas en avoir déjà jeté un. Il gardait même ceux qu’il avait quand il avait quinze ans. Il sourit, en attrapant le jogging qu’il lui tendait. « J’savais pas que tu l’avais encore… » Alors que Roméo se dirigeait vers la bouilloire entrain de chauffer, Jazz n’eut pas besoin de boire la boisson chaude pour sentir son cœur se remplir d’une douce vague de chaleur. Roméo avait encore des affaires à lui. Cela ne voulait pas forcément dire que quelque chose, mais cela rendit Jazz – con – heureux, l’espace de quelques secondes.
Il profita que son ex ait le dos tourné pour balancer son pantalon sur sa pile de vêtements d’un coup de pied expert, hésitant quelques secondes sur le prochain geste. En soi, il devait enlever son caleçon, puisque celui-ci était aussi absolument trempé, mais cela le gênait de se retrouver complètement nu au milieu du salon de son ancien partenaire, à tel point qu’il se mit à rougir tout seul. Alors, il essaya de se cacher derrière le canapé, pendant qu’il enlevait son caleçon, avant de rapidement enfiler le jogging, toujours aussi confortable.
Il attrapa la tasse de thé avec plaisir, se brûlant à moitié mais ne voulant la lâcher pour rien au monde. Encore une fois, il ouvrit la bouche pour répondre, mais la referma sans prononcer un mot. Cependant, cette fois-ci ce fut Roméo qui le coupa dans son élan en quittant la pièce. Heureusement, puisqu’en réalité il n’avait aucune réponse à lui donner. Ce qu’il devenait ? Pas grand chose, depuis toujours, depuis qu’il l’avait quitté.
Il rit lorsque Roméo vint poser une grosse couverture sur ses épaules, mais son rire avait, malgré lui, quelque chose d’absolument mélancolique. Roméo, il avait toujours été un peu un papa pour lui. À prendre soin de lui, à l’engueuler. Parce que Jazz c’était un gamin qui n’avait parfois pas conscience des réalités. « Je voudrais pas revenir foutre le bordel dans ta vie. » Parce qu’au final, c’était comme ça qu’il voyait, aujourd’hui, leur ancienne relation. Il avait été l’élément perturbateur de l’existence bien rangée de Roméo.
Il s’autorisa enfin à s’écrouler sur le canapé, s’emmitouflant correctement dans la couverture. Ainsi, la tête dépassant seulement de la couette, les cheveux explosés et une main cachée tenant la tasse de thé, il avait plus l’air que jamais d’un enfant. « Tu sais, c’est drôle. Je ne bois jamais de thé, qu’avec toi. » Jazz, en réalité, il n’avait jamais été un grand fan du thé. Comble pour un anglais. Mais il y avait des rituels qui ne se perdaient pas. Et il avait appris à apprécier le breuvage, puisque Roméo en buvait. Alors, en sa compagnie il prenait toujours une tasse avec plaisir. Sans lui, il n’y touchait jamais.
Puis, sans vraiment qu’il le veuille, ses yeux captèrent un bouquin pour le moins intrigant sur la table basse en face de lui. Un bouquin qui n’en était pas un, et qu’il reconnut de suite. L’album photo, leur album photo. « Tu… » Incapable de finir sa phrase, il détourna le regard, la tête, se préoccupant plutôt de siroter tranquillement son thé bien trop chaud, mais pas grave il se brûlerait la gorge, plutôt que de devoir discuter de choses fâcheuses.

Invité
Invité


you got me so addicted to the drama (roméo) Empty Re: you got me so addicted to the drama (roméo)

Message par Invité le Mar 1 Aoû - 13:40

Interpréter les regards, les silences, cela peut s'avérer très compliqué et je ne savais pas si l'interprétation que j'avais faite de l'air qu'avait affiché Jazz était la bonne, voilà pourquoi j'ai préféré "passer dessus" comme on dit. Tout à fait entre nous, quand je repense à la manière dont je l'ai mis à la porte, je peux comprendre qu'il n'ait plus vraiment confiance en mon sens de l'hospitalité, mais il n'a toujours pas compris que peu importe ce qu'il peut se passer entre nous, je serais toujours là pour lui, il fait parti de moi et je ne pourrais jamais l'oublier, je ne pourrais jamais le laisser tomber. J'aimerais tant qu'il ouvre les yeux, qu'il réagisse et qu'il...je ne sais pas, qu'il tente de me récupérer. Ce n'est pas de la vanité, mais depuis que j'ai ouvert cette foutue porte, je n'ai qu'une envie, c'est de le plaquer contre le mur et laisser mes lèvres parcourir à nouveau ce corps qu'elles connaissent si bien. Il me manque et, même si je n'en ai pas l'air, j'en crève. Il est l'autre partie de moi-même.
Je l'avais donc fait entrer et lui avais donné deux serviettes pour qu'il se sèche, je n'avais pu empêcher un sourire amusé de se dessiner sur mes lèvres lorsqu'il me remercia en anglais. Cela lui arrive parfois de mélanger les deux langues. J'ai toujours trouvé cela diablement sexy. Je sais, je ne suis pas net, mais ça, ce n'est pas un scoop.

Et puis Jazz s'était inquiété de me voir prendre un thé au milieu de la nuit. Il me connaît si bien. Voilà pourquoi je dis qu'il est mon autre moitié. Je lui avais donc expliqué que je ne dormais pas parce que, étant trop fatigué à cause de mon travail, cet excès de fatigue m'empêchait de dormir. Naturellement, je lui avais caché la raison pour laquelle je me plongeais à corps perdu dans le travail, je ne lui avais pas dit que c'était parce que notre rupture était si douloureuse que je souhaitais l'oublier par tous les moyens, seulement c'était peine perdue. J'esquissais un petit sourire à ses mots.

- Oui, mais tu me connais...travailler, je ne sais faire que cela. Il va falloir que je trouve de quoi m'occuper pour les deux prochains jours...ça ne va pas être facile.

Il m'informa ensuite qu'on l'avait mis en "repos forcé" également. Je m'apprêtais à lui demander pourquoi quand soudain, la réalité m'apparut, violente, brutale...l'aspect de Jazz était si...misérable. Il avait maigri, avait les traits tirés...Seigneur, qu'avais-je fait ? Je voulais le faire réagir, mais la seule chose que j'avais réussi à faire était de le précipiter dans un puits sans fond. Ainsi, j'étais réellement un monstre. Je fronçais les sourcils, une violente douleur se saisit de mon palpitant, comme si on venait de m'envoyer un coup de poing. Plongeant mon regard dans celui de Jazz, j'avançais la main et caressais doucement son visage sans prononcer une seule parole pendant un court instant. Était-ce à cause de moi qu'il était devenu comme ça ? L'avais-je vraiment poussé à se détruire de la sorte ? Ce n'était pas ce que je voulais, non, lorsque je l'ai mis dehors je n'avais pas imaginé qu'il pourrait souffrir à ce point, je pensais que cela le ferait réagir, pas que cela le ferait se rendre misérable. Je sentais mes yeux s'humidifier. Je n'avais pas voulu tout ça. J'esquissais néanmoins un petit sourire.

- C'est normal, ils ont du avoir peur...t'as une sale tête.

J'enlevais ma main, faisant reposer mon bras le long de mon corps, puis je secouais la tête comme pour remettre mes pensées en place.

- Là tu vois, je ne parierais pas là-dessus, la baignoire n'est pas assez grande pour qu'on puisse y dormir. On peut y prendre un bain naturellement, mais pour ce qui est de paresser dedans...tu peux oublier.

J'avais ensuite apporté un pantalon de jogging à Jazz et pas n'importe lequel, un des siens. Cela pouvait paraître étrange que je l'ai conservé, mais j'avais décidé de ne pas m'arrêter sur ce détail. Je ne su pas trop quoi répondre lorsqu'il m'en fit la remarque cependant. Voilà pourquoi je me suis contenté de lui adresser un petit sourire. Parfois les mots n'étaient pas nécessaires.  Cela m'exaspérait tellement de le voir trembler de froid qu'à peine j'avais posé la question la plus banale qu'on puisse trouver, que j'étais allé chercher une couverture dans ma chambre pour la lui mettre sur ses épaules. Cela l'avait fait rire, mais ce rire était loin d'être joyeux. Je fronçais les sourcils lorsqu'il m'informa ne pas vouloir revenir "foutre le bordel dans ma vie".

- T'as pas bientôt fini de dire des conneries ? Si je n'avais pas voulu t'aider, je t'aurais tout simplement refermé la porte au nez.

Un sourire se dessina de nouveau sur mes lèvres lorsqu'il parla du thé. Nous en avions bu beaucoup ensemble, je ne jurais quasiment que par ça et le café également, mais Jazz lui n'était pas très thé, pourtant, avec moi il n'avait jamais refusé d'en boire.

- Ah bon ? Je l'ignorais.

Je regardais Jazz, assit sur le canapé, ses yeux s'étaient posés un instant sur l'album. Merde, j'avais oublié de le ranger. Il commença une phrase qu'il ne finit pas. J'ai horreur quand il fait cela.

- J'avais besoin de revoir nos photos.

Poussant un soupire, je m'avançais près de lui et m'accroupis devant lui, appuyant mes bras sur ses genoux.

- Jazz...s'il te plaît Jazz, regarde-moi.

Je devais absolument lui parler, je ne voulais pas qu'il s'enfonce encore plus, si je ne faisais rien il allait s'enfoncer si profondément que je ne pourrais jamais le récupérer, mais que devais-je faire ? J'avais essayé la manière forte et il semblerait que ce ne soit pas très concluant. Je levais doucement la tête de Jazz pour que nos regards se croisent. Mon ton n'était pas agressif, je cherchais juste à comprendre.

- Jusqu'où tu comptes aller comme ça, hein ?  Tu t'enfonces et j'ai peur que tu finisses par aller un peu trop profondément. Si je t'ai mis dehors, ce n'est pas pour que tu te détruises et que tu te laisses couler. Je pensais que cela te ferais réagir. Tu as réagis, oui, mais comme je l'avais imaginé.

M'autorisant un autre geste tendre, celui que je rêvais de faire depuis que j'avais ouvert ma porte, je passais ma main dans ses cheveux.

- Contrairement à ce qu'on pourrait croire...je ne veux pas te perdre Jazz.

Invité
Invité


you got me so addicted to the drama (roméo) Empty Re: you got me so addicted to the drama (roméo)

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


- Sujets similaires