s'envoler, viser les étoiles. (ft jazz)

Message par Invité le Mer 26 Juil - 22:01

Elle rêve de s'envoler. Partir. Voyage. Découvrir les cultures du monde entier. Le Japon, et la beauté des cerisiers en fleurs. L'Irlande, et leurs bières diverses. Le ciel, et ses étoiles qui luisent. Elle les envie. Libres, volantes, ne répondant à rien d'autres que leurs propre désirs. Leur brillance, elle l'envie. Elles ont une manière d'étinceler, créant aux yeux de Léa un sentiment de petitesse. Elle se sent minuscule, comme perdue dans un monde beaucoup trop grand pour elle. Et si elle tendait le bras, levait une main pour tenter d'en attraper une. Pas pour la garder, elle ne saurait où la conserver. Mais, pour la caresser, frôler l'inatteignable le temps de quelques secondes. Des secondes qui vaudront une vie entière pour une personne comme elle. Elle ne sait pas quelle heure il est, elle n'a pas de montre. Perdu la notion du temps, perdu l'envie de guider sa vie à travers un cadran. Plus personne pour lui dicter sa vie, seulement sa volonté et le temps qui ne joue plus en sa défaveur. Elle ne travaille pas, n'étudie plus -malgré son envie de tout recommencer-, et personne ne l'attend. Non. C'est elle, qui attend. Les pieds joints, comme attirés l'un vers l'autre pour l'empêcher de chuter, sombrer dans une descente qui ne pourrait lui faire que du tort. Ses chaussures font un bruit de gravier sur le sol, elle les tape, doucement. L'attente se fait longue, dure, cruelle. Il n'est toujours pas là.
Et, s'il en venait pas ? Jazz. Le beau Jazz. L'incroyable Jazz. Peut-être en a-t-il eu assez de rattraper ses conneries. Peut-être, s'est-il résolu à arrêter les frais et rejeter cette relation qui naissait entre eux. Léa sait qu'elle ne devrait pas s'attacher ainsi à lui. Elle lui fait autant de mal à lui, qu'à elle-même. Cette flamme qui brûle en eux à chaque regard. Cette envie de se confondre, de s'étendre l'un vers l'autre. C'est pour cela qu'elle attend. Son temps ne servant plus qu'à étaler une souffrance déjà irradiante. Ses chaussures sur le bitume échaudé, sa tête levée vers un ciel qui ne l'accepte plus en son sein. Elle souffle un coup, comme prise d'une résolution irréversible. Elle compte le faire, son voyage. Mais, vers une destination bien plus éloignée que le Japon, l'Irlande ou même les étoiles. Un dernier continent, un aller simple. Elle regarde en bas. La vie. Le monde qui bouge alors que son coeur reste immobile. Arrêté dans sa poitrine, comme une machine à l'arrêt.

Le paysage est à couper le souffle. D'une beauté rarement atteinte. Elle le voit comme un miroir lui renvoyant son âme. Le vieux Lyon. Petit endroit sacrifié, battant dans un pays où il n'est connu que pour des détails qui ne lui correspondent pas. Elle regarde les commerces au loin. Ces personnes souriantes, le pain sous le bras, rentrant chez eux en saluant le voisinage. C'est presque trop beau pour être honnête. Le monde ne fonctionne pas ainsi. Personne n'est assez aimable dans ce monde hypocrite. Tartuffe. Le nez qui s'allonge alors qu'on estime devoir telle ou telle chose à son prochain. Tout le monde doit quelque chose à quelqu'un. C'est bien ce qui peut également inquiéter Léa. Elle ne doit rien à personne, mais Dieu lui doit le pardon. Il a su la mettre à l'épreuve, elle va lui rendre sa merde céleste. Son corps. Son âme. L'enveloppe d'un être suppliant, tout va lui revenir. Elle ne donne pas la mort, elle reprend la vie. disait un chanteur qu'elle admirait.  
Ses bras se lèvent, perpendiculaires au reste de son frêle corps. Prête à plonger, tête levée, coeur baissé aux enfers. Elle sent le monde s'ouvrir sous ses pieds pour l'engloutir. Et putain que ça fait du bien. Ses yeux se ferment, une larmes restée coincée au coin de son yeux. La paupière humide, baissée comme un voile de désespoir. D'un coup. Comme emportée comme une force l'encourageant à cet acte de pur folie. Elle se penche, se laisse aller. Un seul espoir, un seul choix, celui d'envoyer son corps dans le vide, de laisser aller son corps vers la mort. La fin de sa misérable vie. La fin d'un livre dont les chapitres ne font que quelques lignes. Mais, ce sont déjà des lignes de trop.  

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Re: s'envoler, viser les étoiles. (ft jazz)

Message par Invité le Jeu 27 Juil - 8:00

Tornade incessante. Tornade explosive de couleurs aussi excentriques que sombres. Jazz ne savait jamais s’il allait tomber sur l’arc-en-ciel ou bien sur les abysses. Parce que c’était ce qu’elle était Léa, une tornade. Parce que c’était ce qu’il était Jazz, une tornade. Parce que c’était particulièrement ce qu’elle était leur relation, une tornade. Une tornade qui n’avait que faire des règles sociales et des codes de convenance. Une tornade qui emportait tout sur son passage sans faire la moindre distinction. Et même s’il aimait (se) dire que c’était Léa qui avait provoqué, qui avait amené la tornade parmi eux, entre eux, il se doutait au fond qu’il était tout aussi responsable. Que lui-même avait toujours été plus ou moins une tornade depuis qu’il était né. Mais une douce tornade qui parfois soufflait plus un vent frais dans le cou des autres, celle dont il parlait actuellement ne semblait jamais satisfaite, insatiable de se nourrir du feu de la passion. Et Jazz, et Léa, eux, il étaient à l’intérieur de cette tornade perpétuelle. Ils y résidaient. Alors Jazz, impuissant quant à cette tempête dans sa vie, il regardait la destruction autour de lui, niant celle qui se faisait à l’intérieur de lui, ne sachant jamais sur quoi il allait tomber. Arc-en-ciel ou abysses, la tornade pouvait amener les plus belles choses comme des choses qui le laissaient à bout de souffle et en pleurs sur le goudron froid et sale de la rue noire.
Relation passionnelle, relation destructrice, relation malsaine. Et malheureusement relation addictive, parce que ni l’un ni l’autre n’arrivait à se défaire de l’autre, de leur relation.
Ils l’avaient construite à deux, pendant presqu’une année entière. Et si Jazz avait pu, aurait pu, voir la naissance de certains bourgeons malsains apparaître entre eux, il avait décidé de jouer au sourd, de jouer à l’aveugle. Parce que de toute manière il avait Roméo, il avait Roméo dans sa vie, alors Léa ne pouvait pas être. Il avait Roméo qui s’occupait de le remettre dans le droit, sauf que Roméo l’avait quitté. Et la tornade avait éclaté au grand jour.

Quand il était avec elle, parfois il passait des moments qu’il pouvait classer dans les meilleurs de sa vie. Toutefois, la plupart du temps il avait envie de lui hurler toute sa haine et sa peine à la figure. Lui crier, les larmes aux yeux et coulant abondamment le long de ses joues, de l’oublier, de faire comme s’il n’avait jamais existé, de sortir de sa vie définitivement. Parce qu’elle n’était pas bonne pour lui. Parce qu’il avait beau essayer de la tirer vers le haut, c’était elle qui la poussait dans les profondeurs des limbes à ses côtés. Et Jazz s’en voulait de ne pas pouvoir plus l’aider.
Mais, drogué au plus profond de son être de sa présence, de son parfum, de sa voix, et surtout de son rire et ses pleurs, elle lui manquait dès qu’ils n’étaient pas ensemble. Il souffrait par sa faute, il souffrait par leur faute, et pourtant il revenait toujours en son sein.

Ils avaient rendez-vous. Elle lui avait donné rendez-vous parce qu’elle voulait, parce qu’elle avait le besoin de, le voir. Et Jazz, évidemment, il avait dit oui de la manière la plus naturelle du monde, alors que tout son esprit lui hurlait de refuser le rendez-vous. Mais si son esprit essayait de rester rationnel, son cœur ne l’était. Son cœur ne l’avait jamais été. Rendez-vous à leur endroit habituel. Rendez-vous dans leur base secrète. Rendez-vous dans leur cachette contre les yeux du reste du monde.
Sauf que Jazz, il était en retard. Et Jazz, usuellement, il n’était jamais en retard. Malheureusement, un incident avait éclaté dans le laboratoire, et il avait dû rester au même titre que les autres pour essayer dé réduire les dégâts.
Alors oui, Jazz était en retard.
Et même s’il savait, s’il se doutait que peut-être qu’il aurait dû accélérer le pas, peut-être trottiner, pour essayer de rattraper son retard et ne pas autant faire attendre Léa, il prit son temps. Il aurait dû se dépêcher, parce que ce n’était jamais cool de faire attendre quelqu’un, et encore plus Léa qui était explosive et autodestructrice. Mais Jazz avait le cœur lourd au fond de sa poitrine, en pensant à Léa, et alors qu’il avait hâte de la voir, il appréhendait toujours les moments avec elle.
Mais, oui, peut-être qu’il aurait dû se dépêcher. Cette fois-ci plus spécialement que les autres. Enfin non, toutes les fois étaient spécialement propices à qu’il ne la fasse pas attendre dans le doute ainsi, parce qu’elle était déjà détruite, Léa.

Il poussa la porte du toit, de leur toit, et il la vit instantanément. Il la vit au bord du précipice. Il la vit tomber… se laisser tomber. Son cœur ne rata pas un battement, son cœur ne se serra pas, son cœur ne lui fit pas mal. Son esprit ne fut pas envahi de mille pensées chaotiques et s’entrechoquant, son esprit fut complètement vide, déconnecté immédiatement. « LÉA ! » Son corps agit tout seul, et dans un plongeon élancé et ferme, il vint la plaquer violemment contre le sol dur du toit, alors que son poids commençait à l’emporter vers le bas, vers le vide, vers une fin fatidique.
Il se releva tout aussi vite, ne se préoccupant pas du fait qu’il venait de se fracasser contre le béton et qu’il saignait effectivement du crâne et du front. Il se releva sur ses genoux, complètement abasourdi, se sentait débile et impuissant. Si son cerveau s’était éteint lorsqu’il avait vu Léa essayant de se défénestrer, ce dernier reprit du poil de la bête et se mit à trop réfléchir. Des sentiments tous plus contradictoires les uns que les autres l’envahirent rudement, et il leva la main pour la gifler. Il s’arrêta à la moitié de son mouvement, et sa main vint plutôt couvrir son visage, rejointe par l’autre, et il se mit à pleurer à chaudes larmes. Fatigué. « Pourquoi. Pourquoi ? » Il répétait sans cesse ce petit mot interrogatoire, comme si elle allait pouvoir lui fournir une réponse. Et même si elle réussissait, il savait que cela n’allait pas le satisfaire. Il ressentait son désarroi, et pourtant il s’obstinait à ne pas comprendre, à ne pas vouloir comprendre et le rejeter.
Les larmes coulaient à flots sur ses joues, jusque sur son menton puis s’écraser sur le haut de son t-shirt. Les larmes coulaient, encore et encore, et Jazz avait l’amère sensation qu’il passait plus de temps à pleurer avec Léa qu’à rire, ces derniers temps. Qu’est-ce qui avait autant changé ? « Pourquoi t’as essayé de te jeter de notre toit, alors qu’on avait rendez-vous ? Tu voulais essayer de me blesser ? C’était un message pour moi ? » Peut-être c’était égoïste de ramener la chose à soi-même, mais Jazz ne pouvait s’empêcher de voir une affreuse symbolique derrière ce geste. Le suicide n’était jamais anodin, mais qu’elle ait voulu se tuer à leur endroit à tous les deux, alors qu’elle lui avait dit qu’elle voulait le voir, il ne pouvait s’empêcher de se dire que c’était peut-être de sa faute à lui. Qu’il avait encore merdé.

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Message par Invité le Jeu 27 Juil - 17:34

Ce toit était pour elle un cocon dans lequel elle pouvait se réconforter sans craindre le monde extérieur. Comme Raiponce, en haut de sa tour d'ivoire, à attendre son prince charmant. Il n'a jamais été en retard. Jamais. Certainement trop désireux de la revoir, de pouvoir contempler les étoiles à ses côtés. Sur ce toit, leur toit. Ils sont comme un couple ayant élu domicile dans un lieu inadapté. Ils s'y retrouvent, s'y aiment. Un peu de manière étrange, mais d'une manière qui leur convient. Ils s'y plaisent, y rêvent, pour mieux s'y détruire. Un champs de bataille où le bien et le mal se disputent un combat sans fin. Mais, Léa compte y mettre un terme. Une bonne fois pour tout. Pourtant, elle ne pense pas à lui en se jetant de cet havre de paix. De l'égoïsme. Purement. Elle ne s'est pas demandé ce que ressentirait Jazz en apprenant la nouvelle, en arrivant sur les lieux déserts. La vie aura quitté ce fameux toit, ainsi que le corps de la jeune femme.
Elle ne se fiche pas de ce qu'il peut bien penser, elle est juste du genre à vivre dans l'instant sans réellement réfléchir aux conséquences que ses actes peuvent avoir. Alors, le saut de l'ange, elle le fait le coeur léger. L'esprit doux. Un peu de gaité dans son coeur à l'abandon. Mais, son corps ne décolle pas. Son âme reste figé au sol alors qu'un poids la projette vers le sol. Le choc se fait vite sentir. Brutal, sans appel. Le béton se fait dur sous son corps. Comme frappé par la foudre. Son corps ne réagit pas, atteint d'une réelle tétanie. Ses muscles contractés par la peur. Son cerveau, incapable de comprendre ce qui vient de se passer. Elle sent qu'il est là, près d'elle. Elle le distingue légèrement. Entend sa voix, demandant pourquoi. Elle ne sait pas réellement s'il parle à elle, à lui-même, ou s'il demande une réponse au ciel. Un petit mélange, certainement.

Elle ne peut pas répondre. Son dos est douloureux, sa tête encore plus. Elle sent qu'elle s'est fortement amortie contre le sol, son esprit embrouillé. Mais, elle relève la tête, voit Jazz, un peu trouble. Elle l'entend comme dans un écho, et aimerait lui répondre. Mais, sa bouche refuse de s'ouvrir. Un simple soupir franchit le seuil de ses belles lèvres. les yeux humides, elle le regarde. Il pleure. C'est cette vue qui lui fait monter les larmes aux yeux. Elle se moque de ce qui vient de se passer, mais le voir pleurer est une réelle douleur. Elle lui sourit tendrement. Il avait tort. Elle ne voulait pas lui faire de mal, loin de là. L'idée de prendre son envol de ce toit était symbolique. Mais, parce qu'elle voulait quitter la vie d'un endroit lui inspirant le bien. Les instants les plus heureux de son existence ont naquit ici. Elle a raté sa vie en dehors de ça, elle voulait alors réussir sa mort. De ses doigts, elle caresse ses joues après avoir retiré les mains de son visage, sans perdre son sourire, les yeux embués de larmes. « Tu pleures ? Pourquoi tu pleures ? J'aime pas quand tu pleures. » Elle ose demande la nature de ses pleurs. Quel culot. Elle ferme les yeux, tentant de retrouver ses esprits. Elle se redresse sur ses coudes pour mieux le voir, la tête lui tournant toujours. Elle souffle un coup. Cligne des yeux. Sa tête se penche légèrement alors qu'elle continue de le regarder. « Ce n'était pas contre toi. Mais, je savais qu'ici, mon prince charmant viendrait me sauver. » Elle ne sait pas comment le rassurer à propos de cet acte. Elle ne peut pas se défendre, n'ayant rien pour se sauver. Ses doigts quittent sa joue pour venir toucher son front. « Tu saignes, qu'est-ce que t'as fait encore ? » Presque un ton de reproche. Elle lui demande, sans vraiment comprendre qu'il s'est blessé en la sauvant. Ces marques sur son visage, ses larmes qui coulent le long de ses joues. C'est de sa faute, uniquement de sa faute. Mais, elle ne le comprends pas. Ou refuse de le comprendre.

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Message par Invité le Jeu 27 Juil - 19:05

Jazz, il était fatigué. Pendant près de cinquante ans, malgré toutes les épreuves qu’il avait traversées, parce que la vie n’était malheureusement jamais un long fleuve tranquille dormant dans son lit, il avait toujours été heureux. Et il pensait qu’il l’était encore. Cependant, maintenant qu’il explosait en sanglots bruyants, ressemblant plus que jamais à un petit enfant, il réalisait que, peut-être, il n’était pas aussi épanoui qu’il pensait l’être. Son monde était entrain de se briser en mille morceaux. Lui, qui était censé être le pilier de Léa, au final il était peut-être plus fracassé que la jeune femme qui venait juste d’essayer d’attenter à ses jours. Où étaient passés les rires ?
Il y avait sa tête qui pulsait, à cause du trop grand choc qu’il venait tout juste de recevoir. Le sang se mêlait à ses larmes salées derrière ses mains qui maintenaient et cachaient toujours son visage. Toutefois, ce n’était pas à la tête qu’il avait le plus mal, c’était bien au cœur. Cette situation était tout ce qu’il redoutait le plus avec Léa, c’était la raison pour laquelle il avait traîné à la voir alors qu’il était en retard, et pourtant maintenant il s’en voulait de ne pas avoir couru pour la retrouver dans ses bras. La câliner. Embrasser son front. Caresser ses cheveux. Lui susurrer à quel point il l’aimait. Oui, il s’en voulait.
Il s’en voulait et il n’arrivait même pas à en vouloir à Léa. Oh putain, Dieu savait à quel point il aurait aimé lui en vouloir, être réellement furieux contre elle, atteindre le point de non retour où il arriverait à lui tourner le dos et jamais lui lancer un regard en arrière. Mais, il fallait qu’il arrête de se mentir, et il était arrivé à un point où il avait autant besoin d’elle, qu’elle de lui. L’addiction absolue.

Elle le força à retirer ses mains de son visage, et son visage était une épave chaotique avec tout ce sang rouge qui continuait doucement de couler, et ses larmes qui ne semblaient pas vouloir s’arrêter. Et il aurait voulu s’énerver, s’exaspérer de sa crédulité, pourtant il ne pouvait s’empêcher de sourire doucement, les sanglots bruyants s’arrêtant petit à petit alors qu’il reprenait son souffle, même si les larmes continuaient à s’échapper de ses yeux sans qu’il ne puisse le contrôler. Son innocence brisée, qui pourtant persistait, était bien une des raisons pour laquelle il était aussi faible face à elle. « Je pleure parce que je veux pas que tu me quittes. Je veux que tu restes avec moi, pour toujours. » Il ne savait pas si c’était vraiment ce qu’il voulait, au fond de lui. Il ne savait pas s’il voulait rester dépendant d’elle pour toujours. Une part de lui, oui. Une part de lui, non. Le problème avec une telle passion, c’était que son cœur était sans cesse tiraillé entre deux sentiments, et Jazz en souffrait atrocement. Alors, d’un côté il le pensait sincèrement, et de l’autre il disait cela pour qu’elle veuille rester en vie.
Jazz, inconsciemment, pencha la tête pour sentir un peu plus la caresse de sa main contre sa joue. Il avait envie de lui dire qu’elle se leurrait, qu’il était loin d’être un prince charmant, qu’il n’était pas assez bien pour elle, qu’elle le mettait bien trop sur un piédestal. Mais il se sentit encore plus coupable de vouloir briser ses illusions, alors il ferma sa gueule. « Et si jamais j’étais pas arrivé à temps ? J’aurais fait quoi sans toi, moi ? » Parce que c’était égoïste de la part de Léa de penser ainsi, de lui faire subir cette vision d’elle entrain d’essayer de sauter dans le vide pour aller rejoindre la grande faucheuse, mais tout était égoïste dans leur relation. Ils s’aimaient beaucoup, ils s’aimaient trop, mais alors qu’ils pensaient être là pour l’autre, en réalité c’était eux qu’ils essayaient de combler en restant.
Il sursauta quand il sentit les doigts contre sa blessure. Pas parce qu’il était surpris du contact, mais parce qu’effectivement il avait une plaie béante, en plus d’une bosse, et il réalisait enfin qu’il avait mal. Putain, il était bon pour une sale migraine dans la soirée. Les larmes commencèrent enfin à se stopper d’elles-mêmes, séchant sur ses joues encore trempées. « Je t’aime, c’est ce que j’ai encore fait. » Les mots sortaient toujours de manière tellement naturelle, et pourtant ils s’aimaient d’une manière si unique, si singulière. Ils s’aimaient platoniquement parce qu’ils n’avaient encore jamais couché ensemble, les vrais baisers plutôt rares, malgré l’attirance physique réciproque bien évidente. Ils se le disaient, le savaient, et pourtant n’avaient jamais vraiment passé le cap encore.
Jazz soupira, se sentant encore plus fatigué, et pourtant bien plus léger que quelques secondes auparavant. C’était tellement bizarre, tous ces sentiments en présence de Léa. Il s’avança et la prit dans ses bras. « Ça te dit j’arrête de pleurer et on regarde le coucher de soleil ensemble ? » Dans les bras l’un de l’autre, sur ce toit qui surplombait le beau vieux Lyon, comme auparavant, avant tout le drame qui les entourait de manière incessante.

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Re: s'envoler, viser les étoiles. (ft jazz)

Message par Invité le Ven 28 Juil - 21:46

Elle ne comprends pas les larmes qui jaillissent de ses yeux, et ne peut les accepter. Durant sa périlleuse existence, elle a reçu beaucoup de coups. Pourtant, tout ce que son corps a pu subir derrière les barreaux, toutes les épreuves qu'elle a enduré avant d'arriver à cet instant précis sur ce toit, ne sont absolument rien comparés au sentiment qui empli son coeur à la vue de Jazz en pleure. Son coeur en saigne, une hémorragie sans fin. Ses doigts caressent son visage, la pulpe de son index contre ses joues humides. Elle ne compte pas le quitter, jamais. Que serait-elle sans lui ? Cet homme qu'elle aimait, qu'elle emportait avec elle dans la tornade de sa vie. Son âme était faites pour rester auprès de lui, et il le savait. Elle ne pouvait donc pas accepter que des larmes perlent sur son visage. C'était impensable. Ils étaient tout deux tombés sur la tête. Cette relation qui les unissait les détruisait lentement, ils le savaient. Et pourtant, ils ne faisait rien pour y remédier, comme s'ils appréciaient de laisser leur vie entre les mains d'un destin capricieux. « Je n'ai pas voulu te quitter, tu m'aurais rejoins un jour où l'autre. » Elle a un sourire un peu enfantin, qu'elle n'arrive plus à quitter lorsqu'elle se retrouve en présence de Jazz. Léa était complètement sérieuse dans sa remarque. Elle ne pense pas faire de mal à qui que ce soit en agissant ainsi, après tout, ils se retrouveraient toujours de l'autre côté. Elle était un peu comme ça, à penser que tout avait une solution, quelle que soit la catastrophe survenue. Une candeur lui valant bien des problèmes dans sa vie de tous les jours.
Elle tapote son doigt contre la tempe de son ami, comme pour lui signifier que ça tourne pas rond dans son crâne. « Tu sembles oublier que ta vie est bien remplie, même sans moi. » Elle penche la tête en le regardant. Un peu trop premier degré, elle répond avec une franchise absolue. « Alors que moi, j'ai sans cesse l'impression d'être vide à l'intérieur. » Ce n'était pas le cas lorsqu'elle était avec lui, mais en dehors de cela, elle n'était plus elle-même. Sans ses livres, sa passion, et les quelques relations qu'elle a, elle n'est rien.

Elle a perdu l'amour, celui qu'elle pensait puissant. Cet homme l'ayant trahi, brisant ses défenses. Elle aurait aimé qu'il ne soit qu'un mirage, qu'il se dissipe en un battement de cil. Il l'empêche de retomber amoureux, connard qu'il a été. Pourtant, son coeur bat vite à l'approche de cet homme. Lorsqu'elle regarde ses lèvres, suit ses mouvements comme si le sens de la vie y était imprégné. Elle sent qu'elle reprend peu à peu ses couleurs avec lui, arrêtant d'être incolore un instant. « L'amour fait mal, fais attention. » Elle était mal placé pour parler, étant donné son degré d'amour pour lui.
Elle se remet sur ses pieds et va s'assoir au bord du toit, les jambes dans le vide. Tournant la tête vers lui, elle lui fait signe de venir vers elle doucement et de s'assoir près d'elle. Elle aime ces instants de douceur entre eux, où ils s'embrassent l'un l'autre, ouvrant les bras. Ils sont comme des aimants qui ne peuvent rester coller trop longtemps. Elle reporte ensuite son attention devant elle, fixant le soleil, un point invisible, ou les deux. Elle ne fait pas vraiment attention, à savoir s'il la rejoint ou non pour le moment. Elle est ainsi, les pieds dans le vide, la tête avec. Elle ne se sent pas très bien, un faible sourire emprunt de tristesse sur ses lèvres. Elle a mal, encore. Son coeur serré, refusant de se libérer de cette douleur. Elle ne baisse pas la tête, reste ainsi à fixer l'horizon avant de murmurer à l'attention de Jazz. « Jazz ? Pourquoi est-ci si compliqué d'être heureux ? Où trouves-tu ton bonheur ? » Elle ne réfléchit pas en prononçant ces quelques paroles. C'était comme si c'était son âme qui s'exprimait.

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Message par Invité le Sam 29 Juil - 9:16

Elle était mignonne, Léa. Jazz ne pouvait s’empêcher d’être touché par cette certaine pureté qu’elle avait. Douce ironie lorsque l’on savait qu’en réalité son enfance avait été brisée bien trop tôt, et que l’innocence lui avait été refusée. Peut-être qu’il aurait dû s’énerver contre elle de se comporter ainsi, encore plus irresponsable et inconsciente que lui. Mais Jazz, c’était bien par son insouciance ruinée qu’il avait séduit, que son cœur s’était laissé prendre dans les durs filets douloureux étroits qu’était la passion. Jazz, il sourit. Il sourit à la remarque pleine d’espoirs et de poésies, pourtant réellement macabre, de la jeune femme. Il sourit, sourire contrastant avec les larmes humides entrain de sécher sur ses joues. Que pouvait-il bien répondre à cela ? Non, il ne l’aurait pas retrouvée après la mort, tout simplement parce que la mort était belle et bien la fin. Pas seulement la fin d’un chapitre, mais la fin du roman, de l’histoire, de tout. Une fatalité que l’on ne pouvait éviter, mais que l’on pouvait retarder. Alors Jazz, il ne dit rien, il lui sourit juste. Il ne dit rien, parce qu’il savait que c’était plus admirable et merveilleux que de penser qu’un monde, qu’une vie meilleurs les attendaient de l’autre côté du rideau.

Il grimaça au geste infantile de Léa, cherchant à lui signifier qu’il était bête avec ses pensées absurdes. Il aurait voulu rire à son attitude, mais il grimaça. Il grimaça parce qu’il s’était méchamment cogné, et que taper sur la plaie n’arrangeait en rien. De plus, Léa s’était mise du sang sur la main en le touchant ainsi, et Jazz, il n’aimait pas voir sa femme avec du sang, son sang, sur elle. Sa femme devait rester pure, comme il l’aimait. « Tu n’es pas vide, Léa. À l’intérieur, tu as un feu qui brûle, qui brûle même un peu trop fort. Et tous les jours tu m’emportes un peu plus dans ton incendie. » Parce que c’était la vérité. Jazz, peut-être que sa vie était plus remplie, mais en presque cinquante ans il avait eu le temps de se construire. À vingt ans, on était encore en pleins doutes, et à son âge il n’était pas un dixième de ce qu’elle était déjà. S’il avait dû traverser les mêmes choses qu’elle, il n’aurait pas forcément donné cher de sa peau. Jazz, il l’admirait, malgré tout ce qu’elle lui faisait subir. Puis c’était la vérité, Léa était loin d’être vide. Bonne ou mauvaise chose, ce n’était pas la question, mais elle était un feu ardent qui hypnotisait et réchauffait, au point d’en vouloir devenir pyromane. Et Jazz, qui n’était aussi que flammes, il s’était pris d’une nouvelle addiction, celle de jouer avec l’incendie de Léa qui menaçait sans cesse de la consumer entièrement.

Ils parlaient d’amour, mais en réalité qu’en connaissaient-ils vraiment ? L’un était un gamin quinquagénaire qui ne s’occupait d’aucune responsabilité et n’avait jamais connu de relations sérieuses, mise à part une qu’il s’était empressé de faire imploser inconsciemment. Et l’autre avait été brisée par la seule personne qu’elle avait véritablement aimée. Alors, savaient-ils véritablement de quoi ils parlaient ? Deux enfants qui s’essayaient à quelque chose dont ils avaient entendu parler, mais au final dont ils n’avaient vraisemblablement aucune connaissance concrète. Toutefois, il fallait croire que le jeu en valait la chandelle, parce qu’ils continuaient à se brûler perpétuellement, tous les deux ensemble, et les brûlures n’avaient pas le temps de cicatriser et de disparaître qu’ils se lançaient de nouveau corps et âmes dans l’incendie ardent. « Ça fait mal, mais ça te fait sentir vivant, s’pas ? Puis moi, j’veux bien souffrir jusqu’à la mort, si c’est à tes côtés. » Parce qu’au final ce n’était pas tant l’amour, celui qui est beau et sur lequel les petits filles fantasment sans cesse, alors qu’elles vont se blottir sous leurs chaudes couvertures. C’était bien de la passion. La passion tellement forte, qu’elle vous prend aux entrailles, vous fait souffrir sous son intensité, et pourtant vous fait jouir. La passion malsaine, celle dont on n’arrive pas à se défaire. Addiction.

Jazz, il la regarda se relever et s’approcher de nouveau du bord. Son cœur se serra à la vue, et pourtant, lâche, il ne fit pas un geste, ne bougea pas le petit doigt pour l’en empêcher. Son souffle se coupa dans ses poumons, qui commencèrent à geindre contre l’asphyxie. Jazz, il n’était vraiment pas rassuré de la voir ainsi au bord du précipice. Il se doutait qu’elle n’allait pas essayer de sauter de nouveau aussi tôt, mais il n’était vraiment pas rassuré. Lâche, lâche, lâche, il ne savait même pas s’il aurait le courage de sauter à sa suite, pour la joindre de l’autre côté comme elle lui avait dit, s’il décidait véritablement d’en finir à ce moment présent. Alors Jazz, il prit son mal en patience, relâcha son souffle, et vint s’installer docilement à ses côtés, ses pieds aussi dans le vide. Il aurait aimé regarder le coucher du soleil comme il l’avait dit, mais, alors que ses yeux regardaient droit devant eux vers cette lumière orangée aveuglante et puissante, en réalité il ne voyait que dalle, si ce n’était le brouillard de son esprit. Alors, abandonnant, il regarda les passants du vieux Lyon qui s’agitaient dans les rues, tels des fourmis dans une fourmilière. « Être heureux, ça se décide. Tout le monde clame haut et fort de vouloir le bonheur, au final peu de gens le veulent vraiment. Le bonheur, il est plus facile à trouver que l’on ne le pense. Mais le bonheur, c’est plus plat que le malheur. Alors les gens, ils préfèrent être malheureux. Parce qu’être malheureux c’est aussi plus simple, plus accommodant. Le malheur, ça justifie l’absurdité qu’est la vie. Le bonheur, il n’est pas singulier et unique. J’pense que le bonheur c’est plein de petites choses, et c’est ça qui fait la vie. » Ce n’était pas forcément très cohérent ce qu’il était entrain de dire, mais Jazz il avait actuellement un peu l’esprit retourné. Puis il lui répondait, mais en réalité il se demandait s’il ne parlait pas un peu plus à lui-même. En tant que bon scientifique, il savait qu’il aurait dû essayer de trouver une réponse à toute chose, mais il avait aussi compris qu’à chercher une certaine omniscience, il allait finir par être malheureux. Alors, il avait choisi de ne pas trouver de réponse à la raison de vivre, réalisant qu’il était beaucoup plus sage de se satisfaire des petits bonheurs soudains que la vie, aussi pute qu’elle était, pouvait offrir.
Ayant fini de s’occuper de tous ces étrangers qui n’avaient aucun impact sur sa vie, il tourna son doux regard plein de tendresse, et pourtant aussi de remords, vers Léa. Il passa un bras autour de sa taille, et l’attira contre sa poitrine, enfouissant son visage dans son cou et ses cheveux. « Tu sens bon. Pourquoi ton parfum fait battre mon p’tit cœur comme ça ? Ça fait mal, dans la poitrine. » Des enfants qui s’essayaient à l’amour, c’était bien ce qu’ils étaient, mais qui s'entraînaient malheureusement vers les abysses.

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Message par Invité le Dim 30 Juil - 20:23

Elle espère silencieusement qu'il puisse trouver un sens à son existence. Le vide de son coeur se creuse de jour en jour alors qu'elle ne parvient pas à trouver sa place sur cette terre. Elle en souffre, un peu plus. Au point d'avoir eu des pensées suicidaires. La mort s'est frayée un chemin dans ses veines pour contaminer son sang de son poison. Elle aurait aimé que l'antidote fonctionne, qu'il puisse la guérir d'une simple gorgée. Malheureusement, il n'avait pu arriver à temps. Et même si l'effet s'était dissipé dès l'arrivée de Jazz, elle était heureuse de constater qu'il ne comptait pas l'abandonner. Elle se souvenait d'une phrase qu'elle avait souvent lue : Le remède est dans le poison. Ceci n'avait jamais été aussi vrai que concernant sa relation avec Jazz. Ses phrases en étaient la preuve. Les doux mots qui sortent de ses lèvres alors qu'il lui dit qu'elle n'est pas inexistante. Cette image d'incendie était réellement bien choisie. Des flammes. Un torrent infernale qui brûle tout sur son passage, dévastateur, sans même s'en rendre compte. Les brûlures infligeaient au corps peuvent guérir par certains remèdes. Mais, ceux que subissent l'âme de jazz, ou même son propre coeur, mettent des années à se dissiper. « Je suis désolée de te faire du mal. Tu t'approches beaucoup trop près du feu, tu te brûles bien trop souvent. » Elle désigne sa tête, le sang séché dessus. En apparence, elle ne paie pas de mine, Léa. Avec sa taille plus petite que la moyenne, et ses lunettes toujours délicatement posées sur son nez fin. Elle a l'air d'une secrétaire, un peu trop jeune. Pourtant, elle a vécu. Beaucoup. Ayant déjà subis ce que bon nombre ne peuvent même pas imaginer. Elle n'a même pas encore vingt-cinq ans, et se sent déjà bien trop vieille pour suivre les absurdités de ce monde. Il lui arrive de prier encore, pour ne pas tout perdre de sa jeunesse. Mais, tout cela en vain.
Elle sait qu'elle n'est pas saine pour Jazz. Sa présence ici, sa tête ensanglantée ainsi que ses larmes séchées, en sont la preuve. Mais, elle ne veut rien de cela. Aucune méchanceté, ou animosité d'aucune sorte, n'a jamais noirci son pauvre coeur. Alors pourquoi blesse-t-elle les gens qu'elle aime ? Elle n'en sait rien. Tout cela se passe, évidemment, indépendamment de sa propre volonté. C'est comme si elle était un piège, dont les personnes les plus importantes de sa vie viennent se jeter. C'est douloureux, pour elle comme pour les autres.

Elle continue de regarder au loin, les cheveux virevoltant légèrement au gré du vent. « Tu as raison, mais à quel prix ? » Rester à ses côtés, sans redouter la mort et les blessures de la vie. Elle ne disait pas non et était prête à sacrifier beaucoup pour cela. Mais, s'il devait continuer à souffrir par sa faute, à cause de cela. Le jeu en valait-elle la chandelle ? Elle ne le savait pas, ne pouvant lire dans le coeur de son ami. Et, si le bonheur qu'il décrivait n'était qu'un leurre ? Elle refuse de suivre un chemin qui la conduira fatalement vers une terrible fin.
Elle fronce un peu les sourcils l'entendant parler de bonheur. Elle ne sait pas tellement s'il a raison ou tort. Après tout, qui est-elle pour en douter ? Le visage contre son torse, ses yeux se ferment d'eux même. Elle se sent tomber entre ses bras, lâcher toutes ses défenses pour redevenir un chiot égaré qui éclatera un autre jour. Elle sourit encore plus entendant sa dernière phrase. Elle hausse les épaules. Aucune réponse à lui donner, elle n'en a pas. C'est peut-être ça, la passion. Le fait d'aimer l'autre par l'évocation de détails. L'odeur a un pouvoir que nul ne comprend vraiment. Les souvenirs olfactifs sont certainement eux restant le plus longtemps dans les esprits. Elle relève la tête sans pour autant pouvoir le regarder. « C'est exactement l'effet que me fait l'odeur d'un bon mcdo. » Elle ricane légèrement, taquine, et se défais légèrement de son étreinte pour venir tapoter le nez de Jazz, de son index. Elle s'enfuit une fois de plus dans ses bras en refermant les yeux. « Il n'y a que là que je suis heureuse, dans tes bras. Et toi, tu penses être heureux avec moi ? »

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Message par Invité le Lun 31 Juil - 20:52

Oh, qu’est-ce qu’il avait envie de la prendre dans ses bras. La prendre dans ses bras, et absorber ce feu incessant dans ses intestins pour qu’elle n’ait plus mal. Il s’en foutait, lui, s’il devait mourir à sa place. Léa, elle méritait d’être heureuse, et cela le tuait un peu plus à chaque fois de constater qu’elle ne l’était pas. Qu’elle se battait sans relâche, mais qu’elle se fatiguait plus qu’elle n’arrivait vraiment à avancer. Ses coups, elle les donnait dans le vide, brassant l’air et s’épuisant un peu plus à chaque seconde passée, alors qu’elle n’arrivait pas à toucher son adversaire, à discerner correctement son ennemi. Jazz, il se serait bien laissé frapper de bon cœur, si cela pouvait apaiser sa peine, mais Jazz, s’il était son poison, sa drogue, il n’était pas sa maladie première. « J’aime m’embraser, Léa. J’aime m’embraser à ton contact, et je suis fier de dire que tu as fait de moi un pyromane. » Il ne pouvait lui mentir, nier le fait qu’en sa présence il souffrait. Parce que c’était la vérité, parfois, elle lui faisait atrocement mal. Et parfois, il craquait en lui hurlant méchamment qu’il ne voulait plus jamais la voir. Mais Jazz, il l’aimait trop pour la laisser partir ainsi, pour réussir à se détacher d’elle, pour même le vouloir, en réalité. Même lorsqu’il croyait vouloir qu’elle sorte de sa vie, ce n’était pas vraiment vrai. Jazz, il la voulait pour lui, pour toujours. L’addiction, il ouvrait peu à peu les yeux dessus, mais il n’était pas décidé pour aller en cure de désintox. Pas aujourd’hui, et supposément jamais. Jazz, il pouvait bien se brûler, à continuer à jouer avec le feu, il appréciait la brûlure sur sa peau, dans son corps. Pour Léa, Jazz il pouvait bien perdre chacun de ses membres, de ses sens, son esprit, il en serait ravi. Enfin, il pensait cela pour le moment, parce qu’il avait eu la peur de sa vie en la voyant essayer de sauter dans le vide, mais peut-être que demain le sentiment serait différent. Il se dirait qu’il sacrifiait trop. Alors, il voulait profiter du moment présent, le plus possible.

Il haussa les épaules. À quel prix ? Il ne savait pas, il ne pouvait décidément pas réussir à s’imaginer comment tout cela allait se terminer. La vie lui avait appris que lorsqu’il essayait de planifier une chose, cela ne se passait jamais comme prévu. Alors Jazz, il avait décidé de se laisser guider par ses sentiments en toute circonstances, pour voir où la tornade infernale de ses émotions allait finir par le délaisser où. Au bord d’un précipice venteux et pointu, ou les pieds dans l’eau tiède d’une mer transparente. « J’sais pas. On peut le découvrir ensemble, peut-être. » Jazz, il se disait que si tout cela devait le mener à certaine fatalité, alors ainsi soit-il. Il n’avait peut-être pas encore atteint le demi-siècle, toutefois il estimait qu’il avait bien vécu. Jazz, il avait peur de la mort. Mais il se dit, que s’il devait mourir à cet instant, sur leur toit aux côtés de Léa, peut-être qu’il en serait heureux.
Puis il se perdit dans une sorte de tirade presque philosophique, presque épicurienne. Mais au final, tout cela n’avait peu d’importance. Jazz, lui, il voulait sentir Léa contre lui. Alors il soupira de bonheur lorsqu’il sentit son corps, qui semblait frêle dans l’étreinte de ses bras, contre le sien. Son cœur se mit à battre plus rapidement, plus fortement, il était à peu près sûr qu’ainsi positionnée, elle pouvait l’entendre. Il n’en avait rien à faire. Elle pouvait sonder son âme, qu’il se laisserait faire, les bras ouverts pour l’y inviter. Il grimaça lorsqu’elle parla de MacDonald’s, mais ne put s’empêcher de rire un peu quand même. « Un jour je t’apprendrai à te nourrir correctement. » Parce que Jazz il pouvait clairement manquer de goûts pour beaucoup de choses, parce que peut-être qu’en ce moment il se nourrissait mal, mais la vérité était qu’il avait toujours été fin gourmet. Bon cuisinier avec un palais plutôt sensible. Et, plusieurs fois il s’était imaginé dans une cuisine, à concocter de bons petits plats avec Léa. C’était peut-être cliché, mais c’était clairement le genre de moments qu’il voulait vivre avec elle. « Si tu n’es heureuse que dans mes bras, alors p’têtre que je te kidnapperai. » Puis, passant doucement une main sous son menton, caressant ses cheveux, son cou et une de ses joues au passage, il la força à tourner la tête vers et à le regarder. Elle était belle, Léa. Trop belle pour son pauvre petit cœur, trop belle pour lui. « J’suis heureux quand t’es contre moi. J’suis heureux quand j’sens ton parfum. J’suis heureux quand t’as tes lèvres contre les miennes. Alors, embrasse-moi, s’il te plait. » Jazz, il n’attendit pas sa réponse pour baisser doucement, presque au ralenti comme s’ils étaient dans un film à l’eau de rose, pour déposer ses lèvres contre les siennes, dans un baiser absolument chaste. D’habitude, Jazz il attendait que cela soit Léa qui fasse le premier pas. Parce que, couple ou amis, ils avaient une relation dite platonique, parce qu’il savait que Léa n’avait jamais été intime avec un autre homme, et il ne voulait pas lui voler tout cela. Mais Jazz, il aimait pouvoir la goûter de sa bouche demandeuse. Et Jazz, ce soir, il avait besoin de savoir qu’elle était un peu sienne.

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Message par Invité le Mar 1 Aoû - 14:27

Ses paroles lui glissent dessus. Cela lui fait du bien d'entendre ce genre de chose. Elle qui n'a jamais été aimée. Elle qui n'a jamais eu la chance d'avoir une personne sur laquelle s'appuyer. Elle désespère, Léa. Elle sait que personne ne pourra s'attacher à elle en connaissant son passé, et elle sait qu'elle ne peut pas dévoiler son passé à grand monde. Elle ne peut pas non plus mentir, s'en sentirait certainement bien trop mal. Elle ment en permanence, transformant sa vie en un film dont elle n'est même plus actrice. Elle dit qu'elle va reprendre ses études, se reprendre en main, mais elle ne fait rien de tout cela. Son organisme a beau lui crier qu'elle ne peut plus vivre ainsi, elle n'écoute pas. Glissant un peu plus sur la pente de son malheur, sans réellement se relever. Avec Jazz, c'est différent. Elle sait qu'elle peut vivre sans être juger. Et même lorsqu'ils s'engueulent, se crachent dessus qu'ils ne veulent plus jamais se revoir. Ce n'est jamais méchant, du moins, c'est ce qu'ils pensent. Souvent, Léa est blessée, elle hésite à retourner vers lui, son coeur ne supportant plus ce brouhaha lorsqu'ils se mettent à hurler l'un sur l'autre. Mais pour l'heure, ils n'ont pas envie de crier, ils ne veulent pas s'époumoner sur le fait qu'ils ne peuvent plus se supporter. Non. Ils sont bien. Un sentiment sur lequel Léa n'arrive pas à mettre de mot. De l'amour ? De la passion ? Un attachement dont elle ne peut se défaire ? Elle n'en sait rien. Tout ce qu'elle fait, c'est profiter. Profiter d'avoir des bras dans lesquels s'enfoncer lorsque la vie lui remet un coup derrière la tête. Elle ferme les yeux, se laisse bercer par le bruit du vent qui s'engouffre dans les feuilles, et la chaleur du corps de Jazz qui la tient solidement contre lui. Elle sourit en entendant sa réflexion sur la manière qu'elle a de se nourrir. Elle est jeune, sans le sou, désireuse d'aller vers le moins cher, le plus rapidement. Evidemment, elle adore cuisiner, c'est pour elle un moment sacré qu'elle ne partage qu'avec les personne ayant le pouvoir de sonder son coeur. Mais, elle n'a pas tellement les moyens d'acheter de quoi se faire de bons petits plats. Elle a envoyé quelques cv ici et là pour trouver du travail. Mais son séjour est écrit dans son dossier, elle ne pensait pas d'ailleurs que les employeurs regardaient ce genre de conneries. Elle était bien attristée que personne ne lui donne sa chance, devant vivre avec le peu qu'il lui restait de sa période avant-prison. Mais, les ressources s'épuisent.
Sa tête toujours baissée, ses yeux fermés restant dans un vide lui faisant penser au trou béant de son coeur, de son âme. Elle aurait bien pu s'endormir, ici, maintenant. Elle dormait très mal la nuit, ayant des ennuis la tenant éveillée. Elle se pose des tas de questions sans réponse qui l'empêche de s'assoupir. Mais, elle rouvre les yeux en entendant cette phrase : Alors, embrasse-moi, s’il te plait. Elle reste interdite, n'ayant pas l'habitude qu'il lui demande. Généralement, c'est elle qui dépose un léger baiser sur ses lèvres, lorsqu'elle a besoin d'un semblant de tendresse. Ce n'est jamais bien long, juste un instant de tendresse échangé entre eux. Mais, pour le coup, elle n'a pas réellement le temps de réagir, sentant ses doigts se poser sur son visage fin. L'ayant forcé à tourner la tête dans sa direction, elle se retrouve face à lui alors qu'il dépose ses lèvres sur les siennes. Elle garde les yeux ouverts, un court instant, comme choquée. Puis, fermant les yeux, elle attend, lui rendant un baiser tout aussi chaste.

Elle recule la tête pour le regarder, les yeux pétillants. Elle ne sait pas si c'est l'émotion, le bonheur d'avoir reçu un brin de tendresse après tant de temps passée sans ne serait-ce avoir une caresse sur sa joue. Ou plutôt, si c'est seulement qu'elle a les larmes aux yeux. Peut-être que son coeur explose. Peut-être qu'elle a besoin que quelqu'un s'occupe d'elle, qu'un homme la fasse sienne, pouvoir enfin s'effondrer dans les bras d'un homme. Un homme qu'elle aimerait. Un homme qui serait son univers, son horizon. « Qu'est-ce qui cloche chez moi ? » Elle lève la main, doucement, comme pour approcher une bête sauvage qui pourrait la morte. Son index se pose sur les lèvres de Jazz, elle les caresse doucement et sourit. A la manière d'une gamine jouant avec son ours en peluche. Elle lui sourit, toujours de son air de gosse perdue. « Pourquoi je ne conviens pas à ce monde ? » Elle essaie, toujours. Mais Jazz est le seul à avoir répondu présent à ses appels au secours.
Elle baisse la main, croise ses doigts entre eux, un tic de nervosité. Elle a fait le tour des possibilités. Passant des soirées avec de jeunes de son âge, en se disant qu'elle pourrait devenir comme eux, pouvoir se fondre dans le moule. Mais, elle n'y parvient pas. « Je me suis inscrite dans un groupe de parole, il paraît que ça peut m'aider. Tu viendras avec moi, de temps en temps ? » Elle continue de le regarder, ne sachant s'il serait d'accord avec cette initiative. Peut-être aurait-elle du voir un spécialiste au lieu d'écrire son nom dans un groupe d'ancien détenu dans sa situation. Elle ne sait pas comme cela se passera, mais parler peut changer une personne. Peut-être, pourra-t-elle s'en sortir ainsi. Elle avait beaucoup parlé avec Jazz, il était certainement la personne qui en savait le plus sur elle, mais elle avait besoin de voir des personnes dans les mêmes conditions qu'elle. Pour se rassurer. Peut-être même pour enfin comprendre qu'elle n'est pas seule sur terre, et que le monde ne l'a pas totalement abandonnée.

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Message par Invité le Mer 2 Aoû - 19:57

Pendant quelques secondes, il eut peur, très peur d’avoir fait une royale connerie. Léa, elle ne réagit pas de suite. Au contraire, elle sembla se figer au contact de ses lèvres sur les siennes, et Jazz commença à se maudire intérieurement de son audace. Cependant, la surprise passée, elle se décontracta contre son corps, et lui rendit son baiser. Le cœur de Jazz se mit à s’emballer, à battre encore un peu plus vite, encore un peu plus fort. Malheureusement, alors que par automatisme, mais surtout pas pur désir et pure envie, il voulut approfondir le baiser, elle se retira aussi vite qu’elle avait succombé à son instant de tendresse. Son cœur rata un battement. Son cœur se serra. Son cœur pleura. Son cœur saigna. Jazz, il était extrêmement patient avec Léa, et il ne savait pas s’il pouvait réellement dire qu’il l’aimait – il était fou amoureux d’elle, mais ce n’était pas un amour dont il avait l’habitude, un amour qu’il ne pensait pas qu’il existait réellement, un amour qui lui causait des problèmes à poser des mots dessus –, toutefois il avait tellement envie de plus avec elle. Voir jusqu’où il pouvait aller avec elle, que ce soit physiquement ou psychologiquement. Lorsqu’il vit ses yeux pétiller, il se retint de justesse de la reprendre dans ses bras pour l’embrasser correctement. À la place, il expira tout son oxygène d’un coup, comme pour se remettre de ses émotions et s’efforcer de se contrôler. Alors qu’il planta ses yeux dans les siens océans, il masqua sa déception, sa tristesse, sa mélancolie, d’un doux sourire à son égard.
Jazz, il savait très bien qu’il devait être patient avec Léa. Qu’elle était perdue sur beaucoup de choses, et qu’elle devait être perdue par rapport à ses sentiments pour lui, comme il était pour elle. Cependant Jazz, il se consumait à une vitesse trop importante à l’intérieur, et le besoin de plus avec elle commençait à devenir urgent. Ce n’était pas seulement la posséder corps et âme en couchant avec elle, mais c’était bien d’officialiser quelque chose. Néanmoins, il avait peur de la faire fuir en se faisant peut-être un peu trop pressant. S’il était entrain de dépérir à petits feux, s’il la faisait fuir, cela finirait de l’achever d’un coup brutal. L’un ne pouvait être sans l’autre.

Jazz ferma les yeux, inconsciemment, au doux toucher de son pouce contre ses lèvres, demandeuses. Il ferma les yeux pour profiter de la caresse inespérée, mais aussi dans le but de se contrôler. Ne pas prendre le doigt entre ses lèvres, entre ses mordiller, le sucer et le mordiller. C’était réellement plus dur qu’on ne pouvait le croire.
Sa voix le ramena de force sur la terre ferme, et il ouvrit douloureusement les yeux, cette fois ne réussissant pas à masquer la mélancolie qu’il ressentait fasse à ses dures paroles envers elle-même. C’était horrible de penser cela de soi-même. Toutefois Jazz, il ne pouvait la blâmer. Lui-même c’était poser cette question un nombre incalculable de fois, avant de tout simplement comprendre qu’il était plus facile de l’ignorer. « Léa… Ma Léa. Peut-être que c’est le monde qui cloche. Peut-être que c’est le monde qui ne te convient pas. » Au final, cela ne changeait pas grand chose, puisque le malaise était toujours existant, mais c’était bien la seule réponse que Jazz avait réussi à trouver, durant toutes ces années. Le monde était pourri, et si des personnes aussi belles que Léa n’arrivaient pas à y trouver leur place, c’était le monde qui était en tort, et non elles. Non, concrètement cela ne changeait rien, mais c’était peut-être une manière plus poétique de voir le monde.
Une nouvelle fois, il se retint de justesse de faire une grimace. Une grimace principalement de dégoût. Jazz, il était un scientifique. Un scientifique sceptique, même. Et il n’y croyait pas un seul instant à toutes ces réunions de déprimés anonymes. Toutefois, si Léa pensait que cela pouvait lui faire du bien, qui était-il pour juger ses décisions. Alors, au lieu de faire la moue, il lui sourit gentiment, et vint caresser sa joue. « Bien sûr que je viendrai avec toi, si tu veux de moi à tes côtés. » Non, il n’aimait pas ces groupes de paroles, mais pour elle il pouvait bien faire tous les sacrifices du monde. Il était prêt à la suivre jusqu’au bout du monde et à se faire crucifier sans se poser la moindre question.
Il lui enleva ses lunettes, les posant doucement à ses côtés, faisant attention à ne pas les faire tomber dans le vide. Puis Jazz, il succomba à cet élan de tendresse incontrôlable qu’il ressentait pour elle. « J’veux bien te suivre partout, si tu es à moi pour toute une nuit. On ira au cinéma. Puis au restaurant. Puis regarder les étoiles sur les quais. S’endormir dans un parc. Et je te ramènerai chez toi. Et je viendrai me blottir dans tes bras. Sans drama. » C’était une promesse qu’il voulait qu’elle fasse, dont il avait besoin qu’elle fasse. Il avait besoin de savoir, sentir qu’elle était un peu sienne, que leurs cœurs ne faisaient qu’un. Jazz, il vint ponctuer chaque phrase avec quelques baisers bien placés. Sur les joues. Sur les pommettes. Sur le menton. Sur le nez. Sur le front. Sur les yeux. Sur les oreilles. Au coin des lèvres. Comme s’il ne pouvait s’arrêter de l’embrasser, mais pas à l’endroit où il voulait le plus.

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