l'amour qui bat de l'aile (baba sc)

Message par Léonie le Jeu 3 Aoû - 21:10

c'était qui ? la question de basile (elle ignore d'ailleurs toujours ce menu détail) la percute à retardement, derrière son palpitant esquinté, qui tremble à l'intérieur et les acouphènes qui sifflent encore sous le poids des mots de milo, là où il les a murmurés. les embruns de l'alcool qui réchauffe ses veines n'aident pas léonie à rassembler ses pensées confuses et ses émotions éparpillées dans les escaliers mais elle essaye. de se concentrer sur la paume glissée entre ses phalanges et sur l'euphorie de l'ivresse, grignotée par les yeux faucon de milo. c'est pas qu'elle ne veut pas répondre, léo. c'est qu'elle ignore comment faire. comment le définir sans le réduire, sans le clouer au pilori ou jouer la nana bafouée ou pire, effrayée ? milo, c'est une constellation, un kaléidoscope aux mille facettes dont certaines confèrent au sublime, d'autres au tragique alors que la majorité ne reflète qu'à peine la lumière, faces ternies par la vie, la violence et une soif de destruction qu'elle n'a jamais comprise, léo. parce qu'elle ne le connaît pas vraiment finalement. c'est ça, qui la frappe le plus alors qu'elle réfléchit à une réponse appropriée : elle ne sait pas. elle ne sait pas qui il est, ou plus. et surtout ce qu'il peut bien ficher ici, à entrer en collision avec son univers au moment où elle a le moins besoin de chaos. je-je sais pas, on était au collège ensemble. qu'elle balance comme tu te débarrasserais d'un poids trop lourd qui se met soudainement à te scier les bras. c'est bizarre, il a rien à faire ici. elle songe à voix haute, léo, comme seuls le font les biberonnés à la boisson. mais c'est vrai, c'est étrange ce fantôme du passé qui surgit au moment le plus inopportun comme un mirage. et puis milo, c'est un animal territorial, un loup. il quitte pas ses terres, jamais, comme tous les gosses de quartier qui ont trop peur de voir s'inverser les rapports de force une fois leur visage disparu.
milo monte et eux descendent. et plus elle s'éloigne, plus léonie respire à nouveau sans se sentir prisonnière d'un étau. la poigne autour de son myocarde se dissipe un peu, aidée par les doigts papillon de basile contre les siens. et puis y a le fleuve, les paysages qu'elle aime tant et qui nourrissent une mélancolie jamais loin. elle ne sait pas trop ce qu'elle fait, léonie. elle voulait prendre l'air, c'est fait. elle voulait redonner le sourire à baraa mais c'est peine perdue et milo a brisé sa maigre faculté à amuser la galerie. léo, c'est pas la copine rigolote, c'est plutôt cette projection évanescente d'un idéal féminin désuet, abstrait et nostalgique. le genre de poupée qui ne prend vie que sous le regard des autres, lorsqu'elle se sent aimée, désirée, regardée. acceptée. douce ou révoltée, tragique ou lunaire, mais jamais solaire. elle ne sait pas faire, éblouir la galerie, se montrer pleine d'esprit et revêtir les habits de ces filles vers qui tous convergent. elle essaye un peu, mais ça tombe à plat parce que basile lui demande si marseille lui manque. elle laisse échapper un bref éclat de rire, comme un cristal brisé trop tôt, en le caressant de ses prunelles marines. merde, elle doit tirer une tête de dépressive, c'est ça ? elle essaye de corriger le tir, léo, mais résiste à la tentation facile, celle de sa bouteille à moitié vide, jetée à la hâte dans son sac. un peu. c'est la première fois que je la quitte pour si longtemps. elle parle de sa ville comme d'un amour ou de sa famille, la môme. et c'est pas innocent, c'est un peu le cas parce que c'est ce que ça représente, marseille. sa maison, celle qu'elle n'a jamais quittée, elle qui aurait bien aimé parcourir le monde. mais c'est pas donné aux échoués, de voyager. vous êtes de lyon, vous ? léo observe délicatement les deux amis, le sourire naissant sur ses pulpeuses à mesure que basile réconforte la si jolie baraa. elle le trouve beau, comme ça. pas seulement parce qu'il détient un charme évident, mais parce qu'il a l'air beau à l'intérieur aussi. comme si ses actions se reflétaient sur son visage et en sublimaient les traits. mais ça suffit pas à baraa, qui les quitte. léo, elle la serre dans ses bras pour lui dire au revoir, même si elle ne la connaît pas. même si elle ne la reverra peut-être plus jamais. c'est une étreinte facile, amenée par la boisson, mais sincère. si elle le pouvait, elle aspirerait tout ce qui lui broie le coeur : elle n'est plus à ça près, c'est l'évidence.
baraa s'éclipse et son acolyte reste près d'elle. ça la gêne léo, un peu. parce que sa place est sans doute auprès de son amie plutôt qu'avec une inconnue au bord de l'eau. tu sais, si tu veux la raccompagner, ça me gêne pas du tout. et y a son minois fragile qui parle pour elle et respire une forme attendrissante de sincérité : elle est honnête, léonie. déjà parce qu'elle a l'habitude d'être l'esseulée des configurations à plusieurs et surtout parce que cette fois, ce serait justifié. ce ne serait pas juste un vague type qui court après sa copine après l'avoir approchée seulement dans ce but. non. ce serait juste un type fidèle à ses allures de type bien. mais la gosse, elle lui adresse un sourire tendre, parce qu'elle est bien avec lui. elle n'a pas envie de rentrer, de gravir les pentes de la croix rousses qui sont toujours mal fréquentées la nuit, ni de retourner à l'intérieur dans ce monde de dingues. étirer le moment, cette jolie parenthèse, c'est tout ce qu'elle souhaite. tu veux rentrer ? j'ai pas spécialement envie d'y retourner, mais je veux pas te retenir, si jamais ... faut pas qu'il se gêne, elle est compréhensive léo. mais basile reste et les derniers verrous glissés par milo à l'intérieur se désagrègent. ils déambulent sur les quais, léonie dévoile la bouteille préservée, celle qu'ils ont déjà partagé et lui tend, laissant ses opales dévorer le fleuve, les lueurs de la nuit. et ses traits à lui. elle s'offre aussi quelques gorgées silencieuses, jusqu'à ce signe du destin, qui se matérialise à sa droite. une péniche plongée dans la pénombre, manifestement vide. ses prunelles s'aimantent irrémédiablement au bateau alors que l'adrénaline pulse dans ses veines, réveillée par des souvenirs brumeux, lointains mais savoureux. sur le port, c'est souvent qu'ils squattaient des bâtiments, en bande plus ou moins intimidante selon sa composition, les gosses de quartier qu'avaient nulle part où aller. certains saccageaient des embarcations, assez pour renforcer les contrôles de police mais léo et ses proches, eux, prenaient soin de toujours ranger derrière eux. et ils s'imaginaient aussi prendre le large, filer droit vers la ligne d'horizon jusqu'au matin, jusqu'à la première île déserte pour s'y établir. ce qu'on est con, quand on est gosses. et pourtant, y a l'envie qui lui mord le ventre et léo, elle s'échappe de la main qui serre la sienne pour enjamber difficilement le vide et atterrir sur le mignon pont en bois de la péniche. elle tangue sur ses jambes, vacille et finit par rejoindre le sol dans un éclat de rire, chevelure éparse et regard rivé sur la voûte céleste, si jolie. tu viens ? y a personne, promis ! qu'elle s'époumone, son timbre rendu chaud par la boisson, alors qu'elle se relève. on faisait souvent ça à marseille, on avait l'impression de s'évader un peu. glisse-t-elle dans une confession voilée. elle tend sa main à basile, la môme, et sourit de plus belle lorsqu'il est à ses côtés. t'irais où si tu pouvais te rendre n'importe où ? qu'elle demande, songeuse, en chipant la bouteille qu'il tient toujours. elle ne sait rien de lui, elle aurait des milliers de questions à lui poser mais léonie, elle s'intéresse jamais à la surface et aux raccourcis faciles. elle est mauvaise pour ça. alors ses questions sont bancales, étranges, mais elles sont vraies. comme son attrait pour lui.

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Message par Basile le Ven 4 Aoû - 0:08

une curiosité presque déplacée, basile semble piqué d'intérêt pour cet homme, cette ombre traversant leur existence, quelques secondes. cet inconnu qui ne l'est pas aux yeux de léonie, venu laisser sa trace dans leur vie, marquer son coeur d'un halo de souvenirs plus ou moins joyeux. l'hésitation se lit sur son visage, sur ses lèvres entre-ouvertes, son regard vague. léonie cherche ses mots, fouille sa mémoire. ils semblaient pourtant proches, l'espace d'un instant. une proximité presque malsaine. et ce malaise venu alourdir l'atmosphère. elle ment, peut-être, sûrement. lui invente un titre, ou occlue une part de la vérité. basile le sent, mais n'en dit rien. il respecte, comprend. c'est sa vie, son passé. et lui n'est qu'un inconnu fraîchement rencontré en soirée. il ne dit rien, ne lui offre qu'un sourire en réponse. il ne veut pas la contrarier, ne se fait pas insistant. puis, l'alcool aidant, son esprit vague dans d'autres direction, vers la nuit qui les entoure. ses prunelles dilatées papillonnent à la découverte de la beauté de la rive. ce n'est pas une surprise, il ne se trouve pas face à l'inconnu et pourtant son palpitant se trouve submergé par une vague d'émotions, un élan de bien être. le silence n'est pas pesant, il est beau, apaisant. mais surtout il n'est pas silence, puisque le bruit de l'eau vient titiller leurs pavillons, apaiser leurs muscles noués, leurs encéphales. basile, il sent son corps se libérer du poids du quotidien, là, dans cette rue peu fréquentée, en compagnie de deux femmes et le silence de la ville. puis léonie vient briser cette boucle sans pour autant en briser le charme. sa douce voix perce la nuit, clame la beauté des lieux. et basile répond, le coeur ouvert, enjoué. et elle s'ouvre à son tour, elle parle de sa maison, de sa ville. ses mots débordent d'amour, de nostalgie. ils le font sourire, d'un sourire tendre, compréhensif. born and raised qu'il lâche, dans un anglais un peu bancal sans véritablement avoir la certitude de se faire comprendre. basile parle pour lui, mais sa réponse comprend celle de son amie. baraa,  elle lui semble triste, perdue. elle est pensive, l'esprit embrumé par les événements passés. il aimerait changer son état d'esprit, balayer du revers de la main ses tourments. mais elle préfère les laisser seule, rentrer rejoindre la douceur de morphée. basile ne la retient pas. il connaît baraa, ses envies, ses humeurs. il sait quand il peut ou non insister, la pousser à changer d'avis. mais ce soit, baraa est au bout de ses limites et elle mérite de rejoindre ses draps et trouve le réconfort d'un sommeil réparateur. les étoiles se reflètent dans ses yeux tandis qu'il observe les filles s'enlacer, d'une étreinte sincère, presque émouvante. et ses pas divergent, les quittent. baraa s'en va, prend la rue perpendiculaire et s'évapore dans l'horizon. et la voix tendre de léonie résonne à nouveau. de sa gentillesse presque troublante, elle fait preuve d'une compréhension qui ne l'étonne pas. un sourire délicat planté sur ses lèvres, sa tête se balance à la négative. même si je le voulais, je ne pense pas que ce serait une bonne idée. elle a besoin d'être seule. basile n'est malheureusement pas en possession du dictionnaire féminin, pourtant il possède le décodeur baraa. la mystérieuse, l'étrange baraa, n'a presque plus de secrets pour lui. ses traits, ses mous, il parvient souvent à les comprendre, à les décrypter tels des hiéroglyphes. puis quel intérêt de quitter l'une pour ne pas laisser l'autre rentrer seule ? baraa sera à la maison en moins de deux. c'est lui qu'il rassure pas ces mots. son tempérament inquiet se décuple sous les effets de l'ivresse, venant s'immiscer entre ses cellules, prendre possession de son encéphale et tendre ses muscles. non, basile ne sera pas serein tant qu'elle ne l'aura pas prévenu de son arrivée à bon port. sa main se referme sur celle de léonie alors qu'il insiste sur le fait qu'il ne la laissera pas tomber ce soir. basile est bien à ses côtés, étonnement bien. il n'a nullement envie de s'enfuir. il n'a rien de mieux à faire, elle est la beauté de sa soirée, la douceur de sa nuit. mais elle insiste, hésite, teste peut-être ses désirs. elle ne veut pas déranger et son manque de confiance fait surface, palpable. basile, il sent ses lèvres se pincer toujours plus face à l'inquiétude de léonie, face à sa compréhension presque maladive. il a envie de lui faire comprendre qu'il restera là. et il balaye tout ça d'un geste de la main, sur sa joue rosée. un geste tendre, non prémédité, alors que ses lèvres s'ouvrent, déclarent, tentent de rassurer. je préfère de loin continuer à marcher sur les quais, avec toi, que retourner me mêler à une foule de types torchés. d'un pas sûr, marqué, il relance leur démarche, l'entraîne à continuer cette promenade. alors qu'elle dévoile ce qu'il pensait disparu, abandonné à la soirée. le graal. il s'empare de cette bouteille à moitié vide qu'elle lui tent, se délecte de quelques gouttes d'alcool qui viennent brûler son oesophage, qu'il sent descendre droit vers son estomac et se mélanger aux restes de la soirée. quelques gouttes qui suffisent à faire renaître l'euphorie, l'ivresse dans son corps, la légèreté. ses pupilles se dilatent toujours plus, encerclées par ses orbites immaculées de vaisseaux rougeâtre. il perd le contact, la main de léonie se glisse de la sienne, s'en défait tandis qu'elle s'élance en direction du Rhône. un sourire béat sur ses babines, il observe le spectacle. l'agilité bancale dont elle fait preuve, sa chute. hilare. et elle l'invite à le rejoindre, lui fait une promesse, lui tend la main. basile n'a pas besoin de tout ça pour la rejoindre. il l'aurait fait les yeux fermés, sans une once d'hésitation. seul son rire l'en avait jusqu'alors empêcher. mais il attrape sa main, apprécie à nouveau le contact de leur épiderme. il se hisse sur le pont, atterri à son tour de façon cagneuse sur la péniche. le silence du vide, pas un homme en vue. basile, son sourit béat, son rire enfantin accompagne léonie dans cette aventure qu'elle lui fait vivre. elle lui raconte ses aventures, se confit sur son passé, sur ses habitudes, sa maison, sa vie. sa langue déliée, elle fait preuve d'une curiosité soudaine, cherchant à retrouver la bouteille. difficile à dire, trop de souvenirs ... la baie de ha long. j'ai pas eu l'opportunité de la faire, j'aurais aimé. ses yeux s'intensifient, son regard se perd, fixe l'immensité du vide. son esprit vole, plane, ailleurs, là bas, partout. toi ? un pays, un lieu, tu voudrais partir où ? son regard se porte à nouveau vers elle. il la trouve belle dans sa candeur. il trouve un charme à son innocence liée à l'ivresse. ses prunelles la parcourent, la dévorent sans doute, l'observent d'une intensité nouvelle. elle déborde d'une énergie jusqu'alors absente. elle rayonne sur cette péniche, les pieds dans le vide, assise près du bord. t'es déjà partie loin d'ici ? il sait la réponse, il la sent, mais la pose. il aime la certitude des mots, il veut qu'elle les dise, qu'elle se livre. il veut apprendre à la connaître, même si ce n'est que le temps d'un soir. basile, il s'allonge sur le sol de la péniche, laisse ses jambes pendre avec les siennes. son regard en direction de la lune, il se laisse emporter par la beauté de l'instant, l'alcool berçant son corps dans un tourbillon virevoltant.

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Message par Léonie le Lun 7 Aoû - 23:52

baraa s'éloigne pour de bon et elle suit du regard sa silhouette vacillante qui s'évanouit au loin. elle est partagée, la gamine, coupable d'abandonner une âme dans le besoin et surtout coupable de ressentir aussi ce qui s'éveille et crépite dans le creux de son palpitant. une légère forme d'allégresse, minuscule et timide, qui tambourine contre sa poitrine. comme un hymne à la joie seulement murmuré à l'idée d'étendre un peu la magie des rencontres qui la frappe si rarement. l'inconnu précise que baraa a besoin d'être seule et elle hoche docilement la tête, léonie, comme une môme assez amoureuse de son instituteur pour boire ses paroles, même les plus hasardeuses. parce qu'elle ne croit pas qu'on puisse vouloir être seul, quand on va mal. c'est qu'un prétexte. c'est ce que tu confies du bout des lèvres pour ne pas souiller les autres de tes idées noires ténèbres. c'est ce dont tu te convaincs pour te prouver que t'es fort, que t'as besoin de personne et que ça va passer. mais elle, elle croit sincèrement que tout se surmonte plus facilement à deux, à trois, à plein, quand bien même elle conserve tous ses ennuis dans le fond de son ventre jusqu'à ce qu'ils la rongent comme de l'acide. alors elle opine du chef, consciente de la mélodie qui luit dans le timbre de son bel inconnu : l'inquiétude la plus pure. lui aussi, doit partager une part de sa culpabilité. et peut-être aussi de son enthousiasme qui fleurit en secret à l'idée de déambuler en sa compagnie. léonie, elle ne peut que l'espérer.
et elle l'espère. fort.
ça marche, sans doute, puisqu'il lui offre à nouveau son sourire singulier. léo, elle aime les gens qui sourient, elle les photographie mentalement et conserve précieusement dans un recoin d'elle-même leurs esquisses pour les jours orageux. il y a ceux qui ont le visage qui se fend en deux, large sourire rieur et spontané dont elle admire l'énergie. il y a les sourires fugaces, rares et précieux, éphémères comme les jolies choses le sont toujours. et puis il y a son sourire, doux comme du coton et franc à la fois. paresseux et languide, comme si ce n'était pas un mécanisme qu'il esquissait trop souvent, comme si c'était quelque chose qu'il préservait. pour les bons moments seulement. pour ne pas les gaspiller. elle s'emballe léo, comme souvent. comme devant une toile, un piano ou un bon bouquin, elle laisse son âme de rêveuse clouée au sol s'évader un peu et distingue partout ce qui n'existe pourtant pas. ou peut-être un peu ? elle ne sait pas léo, elle est subitement coupée dans ses réflexions par la caresse sur sa peau chaude, brève et inattendue. y a une fossette qui naît sous le passage de ses phalanges, creusée par un sourire papillon, fébrile. moi aussi. qu'elle révèle le plus simplement du monde en se laissant entraîner à sa suite, main dans la main, toute méfiance envolée. c'est l'alcool qui inhibe son instinct de survie, sa méfiance originelle, celle qui a trop souvent vécu des retours de soirée compliqués, celle qui a eu peur en traversant les quartiers désoeuvrés, en frôlant ces hommes qu'il vaut mieux éviter. mais c'est naturel, avec lui. elle est juste bien, léonie, les paumes ouvertes avec son coeur dedans, les sens en éveil et l'envie de percer le mystère de l'homme qui l'accompagne et qui lui paraît en décalage complet avec cette soirée. un peu comme elle. et c'est rassurant, parfois, de ne pas se sentir la seule en orbite, loin du monde et des autres. pas mieux, sans doute moins bien, mais en tout cas différente. et pas seulement parce qu'il y a des lueurs féeriques qui dansent souvent devant ses opales délavées.
elle ne sait pas pourquoi la péniche l'attire autant, après quelques gorgées bienvenues. pourquoi elle chatouille sa rétine et la force à se détacher de la main rassurante dans la sienne. c'est une impulsion. un pont entre lyon et marseille, le rhône et la mer dans laquelle il finit par se jeter, beaucoup plus bas. et elle suit ses instincts, léo, quitte à tituber comme la môme maladroite qu'elle est toujours, bleus aux genoux raccord avec ceux de son coeur. elle n'est même pas certaine qu'il va la suivre, son bel inconnu d'un soir. il pourrait être trop moral pour ça, trop sobre ou simplement dénué du pied marin. mais elle entend son rire carillon résonner jusqu'aux étoiles qui les berce alors qu'elle rencontre durement le sol et léo tente de contrôler le sourire aveuglant qui menace d'embraser la nuit lyonnaise lorsqu'il la rejoint. elle a envie de l'enlacer, la gosse, mais elle ne le fait qu'avec les yeux. une oeillade qui coule longuement sur ses traits et cherche à tatouer le moindre détail qui le compose contre sa pupille, comme si elle craignait le mirage qui s'estomperait au matin. c'est pas sa faute, léo n'est pas habituée aux jolies rencontres. les imprévues qui donnent subitement du sens à tout ce qui les a précédées, même si cela implique un homme nu et un canapé en feu.
l'inconnu s'assied au bord de la péniche, jambes dans le vide et regard droit sur le fleuve et léonie l'imite. elle s'installe un peu trop près, laisse sa jambe frôler la sienne, son bras effleurer le sien, à mesure que la boisson glisse entre ses lèvres charnues.
elle l'écoute, léo. elle l'écoute lui conter des voyages, des terres inconnues qui ne lui parlent pas du tout et cherche à les créer à l'intérieur, derrière le voile de ses paupières closes. elle repense aux livres de la médiathèque, ceux avec les jolis photos qu'elle a si souvent contemplés en imaginant toute sa famille cassée au milieu de ces paysages paradisiaques. comme un putain d'anachronisme. mais l'enchantement ne prend pas, les destinations ensoleillées lui semblent si loin d'elle à cet instant, que même son imagination débridée ne parvient pas à lui glisser sous les iris. mais ça ne fait rien, il est là, lui, et c'est sur son visage qu'elle concentre toute son attention, une esquisse rêveuse perdue sur ses pulpeuses. je crois que je ne sais même pas à quoi elle peut bien ressembler, cette baie ... et elle se perd dans un éclat de rire qui pétille, léo, l'alcool transformant la gêne de son inculture de gosse de rien derrière une fausse hilarité. celle de n'avoir jamais rien vu des splendeurs du monde. même celles de son propre pays lui sont inconnues.  toi, je suis sûre que t'as vu des tas de trucs incroyables. t'es allé où ? quelle étape t'a donné envie de tomber à genoux tellement elle était belle ou juste touchante, je sais pas. léo, elle oublie que les gens normaux, ils ne chialent pas devant la beauté du monde, qu'ils ne sont pas épris d'un tourbillon d'émotions trop fortes pour être ravalées juste en contemplant la vue ou une vieille pierre. elle, si. et puis, il lui demande où elle aimerait aller. comme ça, de but en blanc et elle plonge son regard dans le sien. c'est facile, comme question. partout. ouais, léonie elle aimerait tout voir et ce qui rend ce rêve si joli, c'est l'assurance qu'il ne restera que ça : un doux songe à caresser les soirs tristesse. j'aimerais bien voir une aurore boréale dans le genre de paysage immaculé qu'on a pas encore souillé. confie-t-elle, le sourire vibrant jusqu'à l'âme, inconscient du poids des prunelles de l'inconnu sur sa peau. c'est la couleur, qui l'emporte toujours sur tout chez elle. voir le ciel se peindre de ce qui traverse souvent ses prunelles serait un moment magique, elle le sait léo. jamais. j'aurais bien aimé, mais les vacances n'étaient pas exactement la priorité, chez moi. elle balance ça doucement, presque avec nostalgie mais sans rancoeur d'aucune sorte parce que ses parents, ils ont toujours tout fait pour eux, mais y a la vie qui n'a eu de cesse de leur maintenir la tête sous l'eau et de les laisser crever sous les factures impayées. mais ça va changer. un jour, ça changera et si léo pensait bien faire en effaçant leur ardoise, elle n'a fait que précipiter leur chute. mais un jour, tout ça, ça sera fini. pas grâce à elle, bien sûr, mais grâce à louisa. louisa si intelligente et ambitieuse, louisa et ses belles études, louisa et son grand coeur. un jour, elle sera une grande dame et ils fêteront ça avec leur premier vrai voyage. encore un songe qui ne se réalisera pas mais qu'elle caresse du bout des doigts la môme, surtout avec le brûlant de ses veines alcoolisées.
elle a des milliards de questions qui lui brûlent la langue, des étranges, des banales, des indiscrètes. léonie, elle aimerait pouvoir lire son âme. mais l'inconnu la quitte pour rejoindre le sol et les étoiles et elle ressent le besoin impérieux de le retrouver, de prolonger la proximité, les murmures propices aux confessions et puis leurs peaux qui se goûtent en secret. la gosse noie ses dernières réserves dans quelques gorgées sucrées et rejoint le plancher, comme une plume. joliment accoudée, elle s'approche tout près, se penche un peu et contemple son visage apaisé, ses prunelles immenses où se confondent les étoiles brillantes. léo, elle a le coeur qui bat fort et la sensation d'être de ces filles qui n'existent que dans les films. je ne connais même pas ton prénom. qu'elle souffle en le dévisageant, rare moue mutine enflammant ses traits. et c'est important, un prénom. c'est important pour en découvrir la saveur au bout de la langue ou sur la bouche, lorsque les lettres dévalent sa bouche. j'en ai besoin ... pour t'embrasser. mais léonie n'achève pas sa phrase, elle préfère continuer à détailler la carte aux trésors de son visage, sublimé par la nuit étoilée et tout ce qu'elle imagine de lui, né seulement après quelques confessions voilées.

Re: l'amour qui bat de l'aile (baba sc)

Message par Basile le Mer 9 Aoû - 14:44

une soirée un peu bancale puis une rencontre qui change tout, qui lui fait retrouver l'équilibre perdu. basile, il se noie dans la légèreté de l'instant avec elle. c'est paisible, doux, une sensation agréable qu'il lui semblait avoir perdu. léonie c'est cette petite étincelle venue éclairée le brouillard qu'est sa vie noire, pénombre depuis qu'elle est partie. s'il n'était jusqu'alors peu enclin à s'ouvrir à d'autres c'est que son coeur avait été scellé, par prévention, par peur de retomber encore, bas, très bas, au fin fond des abysses. basile, il est effrayé à l'idée qu'on puisse se jouer de lui, encore et encore, jusqu'à se qui son coeur devient noir, qu'il se durcisse et que, de pierre, il ne soit plus capable d'aimer, de partager. et pourtant, ce soir, la douceur de léonie, les traits harmonieux de son visage, la simplicité de son âme et sans doute l'essence déversée dans ses veines, délient ces chaînes qui cloîtrent son myocarde. là, sa main dans la sienne, basile se sent bien. il se sent comme libérer d'un poids, d'une angoisse qui le rongeait, acidifiant ses tripes, limant sa moelle, jusqu'à en faire un estropié. et savoir qu'elle aussi désire braver le crépuscule à ses côtés, le conforte dans sa plénitude.
la sincérité de son rire allège son palpitant un peu plus, tandis qu'il l'observe, s'aventurer, titubante, sur cette péniche délaissée. une danse signée ivresse qui défit les lois de la gravité, la ramenant sur terre sans prévenir. et ce sourire qui se dessine su ses lèvres, dévié par sa tentative de le masquer. il aurait aimé lui dire, basile, qu'elle n'a pas à se cacher, qu'elle est d'autant plus radieuse que son sourire chante, brille et qu'elle l'est même alors que l'ivresse prend doucement possession de ses traits. mais ses lèvres restent closes, poussées par cette timidité, cette retenue qu'il déteste. basile, il aimerait parfois faire parti de ces hommes qui ne prennent pas le temps de réfléchir, ceux qui attaquent, qui vivent l'instant tel qu'ils le désir et qui viennent chercher l'objet de ce désir, sans sourciller, sans se soucis de ce qui pourrait se dérouler de travers. mais son encéphale en sur régime brise tous ces souhaits, laissant à basile qu'une confusion gauche. les jambes dans le vide, son corps frissonnerait presque à chaque contact de leur épiderme. et d'une manière presque discrète, il s'aventure à laisser des membres s'accoler aux siens, par intermittence, pour sentir la douceur que lui procure ce geste. et quand ses lèvres viennent s'enrouler autour de la bouteille il s'imagine, un peu perversement, qu'elle viennent goûter, de façon indirecte, aux siennes alors qu'ils partagent le même flacon. cette idée enivre son soit ivre, et il se laisse retomber sur le sol de la péniche, ses yeux fixant la profondeur du ciel. basile, il comte ses aventures, celles qui bercent son coeur, qui le marquent à jamais de leur emprunte étincelante. ces souvenirs qu'il aime partager, dévoiler au monde tant leur beauté est sempiternelle. et léonie elle confit ne pas connaître cette baie, ne pouvoir se l'imaginer et elle en rit. basile, il aimerait pouvoir lui montrer ce qu'il sait. il aimerait qu'elle s'imagine ce qu'il s'imagine, qu'elle puisse goûter à la beauté du monde à son tour. oui, il en a vu des choses, plus qu'il n'en espérait. il aurait aimé ne jamais rentrer, mais tant de chose aurait été perdue si ça n'avait pas été le cas. comme cette rencontre, ses yeux pétillants posés sur lui et ses lèvres charnues qui se fendent en un sourire. la liste est longue, je suis parti un an. et il cherche, tente de choisir un détail parmi tant d'autres, de trouver celui qui l'a le plus marqué, celui qui lui a procuré le plus d'émotions. c'est dur, de choisir, de faire le tri, un classement. parce que la nature est belle, quelle qu'elle soit. la grande muraille de chine. tu te sens ridiculement infime, minuscule et ça te fout un coup là, au creux de ton estomac. ses gestes suivent ses paroles, alors que sa main vient se poser sur son appendice xiphoide, à la naissance de son ventre, à la fin de sa poitrine. ou la simplicité de la famille qui m'a hébergé au pérou. c'est loin d'être virile, mais j'avoue avoir fondu en larmes lors de ma dernière étreinte avec les petits. sa langue déliée par son alcoolémie, rien que le souvenir de cet instant manque de faire monter l'eau à ses paupières à demi-close. d'en bas, il l'observe. léonie qui avoue vouloir aller partout, désirer assister à une aurore boréale. et ses lèvres se fendent à la simple pensée d'elle, les yeux pétillants, le sourire étincelant, face à cette merveille de la nature. basile, il aimerait tant la prendre dans ses bras, lui promettre de lui faire voir tout ça, d'autant plus lorsqu'elle avoue ne jamais être partie en vacances. l'argent n'est pas un problème parce que l'argent se gagne là bas, un peu partout. c'est comme ça qu'il a réussi. et il souhaiterait vraiment qu'elle goûte à toutes ces merveilles, qu'elle puisse vivre ce rêve qu'elle nourrit dans son palpitant. il veut qu'elle s'émerveille et il veut la voir s'enthousiasmer, pouvoir assister à son éveil, la sortir de sa pénombre. un jour tu partiras d'ici et tu vivras ce que tu veux vivre. peut-être pas demain, ni le mois prochain, mais un jour tu pourras prendre ton envol, déployer tes ailes et partir vivre cette aventure. je te promets, qu'il aimerait ajouter. mais est-ce une promesse qui peut tenir ? lui cet inconnu, cet homme d'une nuit qu'elle ne voudra peut-être pas revoir par la suite. basile lui, il voudrait rester à ses côtés continuer à percer son mystère, à découvrir son âme.
tout deux allongés, basile laisse son regard quitter le ciel pour venir contempler les étoiles perchés dans ses yeux. leur proximité fait remonter un frisson le long de sa colonne, accélérant le rythme de son palpitant. léonie, elle est si près de lui que l'envie de la toucher est insurmontable. mais elle brise le silence, brisant l'inconnu en remarquant qu'elle ne connait pas son prénom. et basile, il laisse un semblant de rire s'échapper de ses lèvres, laissant derrière lui un sourire léger tandis que sa tête balance de haut en bas. c'est vrai ... et elle précise en avoir besoin et il sent que c'est le cas, que s'en est presque vital. même si l'idée de conserver cet avantage, celui de connaître son identité alors qu'elle ignore la sienne, est tentante, il renonce, ne désirant pas ignorer ses désirs. basile et oui, je sais, c'est vraiment moins charmant que léonie, mais on s'y habitue. il aimerait lui dire, voilà tu sais. tu sais qui je suis. sois rassurer, je ne te veux pas de mal. mais les mots ne sortent pas de sa bouche, sa gorge légèrement obstruée par la nervosité. sa main vient se balader sur son visage alors que ses yeux tentent d'en mémoriser chacun des traits. son regard louche, valse, bascule. ses envies de bousculent et en lui se joue une lutte entre raison et désir. son corps entier veut toucher ses lèvres, déguster sa peau, mais il ne veut pas la précipiter, basile. il ne veut pas qu'elle s'envole, qu'elle disparaisse aussi furtivement qu'elle lui est apparue. d'un geste bancal il vient s'appuyer sur son coude, diminuant encore la distance entre leurs visages. son regard intense cherche à lire dans ses yeux, à décrypter sa mine, son âme. un peu plus et basile lui demanderait la permission de l'embrasser. mais il en a une envie folle, mordante, une envie qui lui déchire les tripes. alors il ne s'écoute plus ou alors s'écoute vraiment, qu'importe. sa main vient encadrer sa joue, délicatement, alors que ses lèvres s'approchent sûres d'elles. elles viennent se poser sur les siennes, doucement, juste un instant. et basile, il savoure le plaisir que ça lui procure, avant de se détacher d'elle. un geste non prémédité, une pulsion non contrôlée. il s'attend à ce qu'elle parte, qu'elle l'insulte peut être, qu'elle fasse comme nina. et cette idée l'angoisse, mais il ne regrette pas. parce que ça valait le coup, parce qu'elle valait le coup.

Re: l'amour qui bat de l'aile (baba sc)

Message par Léonie le Mar 15 Aoû - 22:04

y a le temps qui file, ivresse aidant et léonie qui essaye de le retenir, de freiner sa course folle pour savourer l'instant présent. le courant du rhône qui berce la péniche et les pauvres fous qui s'y sont réfugiés, la peau de l'inconnu qui frôle la sienne et la rend désireuse de plus, sa voix qui conte des histoires qu'elle rêve d'entendre par le détail, la nuit chaude et étoilée ... tout est à conserver dans ce tableau qui dope son palpitant aux endorphines et pourtant, elle vient de loin cette scène esthétique. des tréfonds d'une soirée adoluscente, carnage et saccage. il est parti un an, l'inconnu et léonie, elle le couve de ses opales brillant de convoitise. quelque part entre une admiration brute, pure, et la morsure de l'envie dans ses entrailles, elle qui n'est jamais partie, qui ne s'enfuira sans doute jamais ailleurs que six pieds sous terre. elle a envie de le presser, de s'endormir au son de sa voix rauque qui déroule pour elle une année d'errances et de beauté, de poésie et de rencontres, de magie et d'introspection. à la place, y a sa main minuscule qui vient rencontrer la sienne, qui se dépose comme un papillon sur sa paume et doucement, la presse un peu plus fort. dans un encouragement tacite. vas y, continue, je veux tout savoir. c'est ce que la pulpe de ses doigts murmure contre son épiderme. un an ... quelle chance. souffle la môme entre ses lèvres, davantage pour elle que pour lui. pour lui, elle a une autre question qui lui brûle les lèvres. pourquoi t'es parti ? ça a été quoi, ton déclic ? c'est déplacé, comme question, c'est comme demander à quelqu'un de s'ouvrir le ventre pour y lire ses tripes et toute l'histoire qu'elles contiennent. mais la boisson libère les mots trop longtemps calfeutrés à l'intérieur et léo les contemple. elle les regarde s'envoler dans sa direction sans chercher à les rattraper, consciente que la réponse, à cet instant, lui est aussi essentielle que l'oxygène qui gonfle ses poumons. et elle l'écoute, léo. comme elle écoute rarement. avec tout son corps, tendu, alerte, y a ses sens en effervescence qui frissonnent devant la grandeur de la muraille de chine, y a son palpitant qui se serre face à la déchirure d'une séparation qu'elle n'a jamais connue. elle vibre la gosse, elle vit par procuration ce qu'elle ne saura jamais s'offrir et à mesure que les mots de basile la percutent, un sourire se peint sur ses lèvres charnues. une esquisse qui s'imprime durablement, au lieu de disparaître furtivement, comme les autres. on s'en fout, de la virilité. c'est factice et superflu. c'est sa seule affirmation, à la môme, dans un drôle de sourire. il y a trop de choses qui bouillonnent en elle sur ses voyages et pas assez de mots pour les dire. et puis, elle a envie de conserver cette image au creux d'elle-même. l'image d'un garçon qui pleure. c'est joli, les larmes lorsqu'elles ne sont pas issues d'un torrent de souffrance(s). et puis léonie, elle vient d'un monde où les hommes frappent pour s'exprimer, émotions arrachées et cautérisées dès leur plus jeune âge. alors l'image d'un basile ému, des enfants dans les bras, ça la touche au-delà du raisonnable et doucement, de son pouce elle caresse distraitement sa paume d'un geste tendre, léger comme la rosée. jusqu'à ses jolis mots. des mots auxquels elle aimerait croire, léo. de belles syllabes auxquelles elle a cru, par le passé, avant d'être lasse de colmater sans cesse les fuites de son espoir. maintenant, il s'écoule. en permanence. c'est un tout petit bruit, presque imperceptible et ça ne fait aucune différence. sauf quand c'est continu. sauf quand il n'en restera bientôt plus. un jour ... c'est ce qu'on affirme pour se rassurer quand on veut dire jamais. et sa main quitte la sienne pour venir glisser contre sa joue. parce qu'il a essayé. parce qu'il pensait bien faire, en nourrissant en elle un rêve presque évaporé. il ne peut pas savoir, lui, que léonie n'a plus d'ailes que des réminiscences brisées et qu'elles resteront clouées au sol à jamais. à moins d'être arrachées brutalement, avant ça, par ceux qu'elle a cru pouvoir dépouiller sans vergogne, robin des bois maladroit.
léo, elle le dévore de ses opales immenses, galaxie embrumée de boisson. elle essaye de deviner ce qu'il dissimule, derrière son passé de baroudeur et la douceur qui contraste avec les autres garçons de la soirée. elle essaye de connaître connaître son prénom, comme une porte ouverte vers son âme, oui, mais aussi vers son corps, qui attire le sien comme la terre cherche la lueur du soleil dans une éternelle danse. elle réclame, comme une môme, et le répète à voix haute pour en goûter la saveur sur sa langue. basile. c'est joli, à l'oreille. les lèvres qui se rejoignent, la langue qui siffle avec la sensualité d'une couleuvre sur le sable, ça lui plaît bien. j'aime bien. y a une jolie mélodie. et un petit côté désuet, hors du temps, qui colle si bien à cet inconnu qui ne l'est plus tout à fait comme à cette scène hors du temps.

Re: l'amour qui bat de l'aile (baba sc)

Message par Basile le Ven 18 Aoû - 17:08

instant décalé, moment échappé de cette soirée où décadence et ivresse se mêle en un brouillard violent. là, le temps paisible, une douceur. cadre magnifique pour un duo d'infortune. deux êtres perdus dans l'immensité de la vie, qui se retrouvent amarrés au port de la leur, bercés par les élans doux, sereins, du rhône. une nostalgie qui l'habite et qu'il partage, basile, de ses lèvres ouvertes, pleines d'histoires. des contes qu'il ne pensait pas parvenir à écrire et qui l'habitent de leur emprunte radieuse. un sourire, beau, tendre, sincère, qui traduit des souvenirs encore frais, féeriques. il lit dans son regard cette passion qu'il lui transmet, l'envie d'en savoir plus, de connaître les recoins de sa mémoire et de découvrir avec lui ce monde qu'elle n'a pas connu. léonie, elle est douce, belle, quand ses yeux scintillent de cette lueur vivante, captivante. et sa main dans la sienne, procure à basile un sentiment de plénitude qui, associé à la boisson, délie ses lèvres, l'incite à se dévoiler, lui et ses faiblesses. une curiosité à peine mal placée dont fait preuve léonie. des questions auxquelles il ne s'attend pas, mais qui ne le perturbe pas. basile, il se sent porté par son regard, pas ses sourire et le contact de sa peau. parce que j'en avais besoin. parce que je ne me voyais plus ici, j'avais envie d'être ailleurs. parce que je savais que je ne vivrais ma vie qu'une fois et que malgré la réticence de mes proches, j'ai voulu la vivre comme je le voulais moi, et pas les autres. une réponse un peu bancale, car les mots lui viennent difficilement. basile, il ne saurait exprimer le pourquoi du comment. au fond, il ne sait pas, c'est comme ça, c'est en lui. il en avait besoin, un besoin vital comme celui de respirer. les délices de ses caresses laissent l'esquisse de son sourire s'établir durablement sur ses lèvres, dans un tableau de couleurs pâle, mais franches, d'une rosé étoilé, vivant, qui l'anime par sa délicatesse. mais il se crispe, s'éteint presque sous ses mots à elle, sous cette perpétuelle tristesse. un fatalisme qu'il ne cautionne pas. et même s'il ne connaît pas sa vie, ses moindres secrets, même s'il n'est pas elle, qu'il ne récite pas au coeur de son encéphale, il sait qu'elle le peut. si elle le veut. un jour c'est une promesse que l'on se fait à soit même, celle de toujours espérer, de ne jamais baisser les bras. il n'est pas d'accord avec elle, avec son idée de la vie. il sent qu'elle a été brisée, quelque part là, dans ses traits, dans ses mots, qu'elle n'a pas eut la vie qu'elle souhaitait, qu'elle voulait plus. mais basile, il voit en elle un potentiel immense. elle est de ceux qui peuvent, il ne lui reste plus qu'à déployer ses ailes cassées, avec une force intense, une ténacité immense. un effort dans lequel il est prêt à l'accompagné, lui cet inconnu fraîchement rencontré. parce que ses opales l'attirent, son sourire l'envoûte et que tout son corps l'appelle. qu'en un regard il est prêt à lui donner ce qu'elle souhaite.
basile. ça a plus de saveur entre ses lèvres, lorsque doucement elle prononce ces trois syllabes qui s'entremêlent, s'entrechoquent. une mélodie qu'il pourrait écouter encore et encore alors que ses yeux reposent sur ses babines, charnues, qui se resserrent et sifflent son prénom à l'infini. quand tu le prononces, j'aurais tendance à dire que oui. et il aimerait l'entendre le dire, à nouveau, qu'elle le scelle sur ses lèvres et qu'elle ne jure que par lui. léonie, en un temps record elle est parvenue à s'amarrer à son myocarde, à se faire un chemin vers son esprit, marquée dans son âme, comme cette douce créature qui attise en lui le désir.

Re: l'amour qui bat de l'aile (baba sc)

Message par Léonie le Jeu 31 Aoû - 0:43



vous embêtez pas, c'est long

Re: l'amour qui bat de l'aile (baba sc)

Message par Basile le Sam 9 Sep - 18:08



bon je me suis arrêtée là parce que sinon je pourrais continuer seule pendant des heures

Re: l'amour qui bat de l'aile (baba sc)

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