chained to the rhythm † jemina

Message par Ed le Mar 8 Aoû - 20:50

Y a des mains baladeuses qui prennent possession de ses poignets et l'instant d'après il vient de perdre sa liberté sur un fond de sirènes qui n'arrêtent pas de hurler, ses tympans vont exploser il a pas la force de crier pour les effrayer. Il rêve d'être une petit souris, de pouvoir se transformer et s'envoler. Mais il cherche pas la bagarre, il contente de se laisser emporter, il lui a juste suffit d'une bonne claque sur sa joue quand il a rencontré la portière pour faire partir tout idée de s'en réchapper. C'est bien le premier, à dire que le destin ça tombe toujours sur le coin de la gueule au moment où a pas envie de voir ça arriver et qu'il faut l'accepter. Il s'en tient à ses principes, il savait que ça arriverait, personne n'est intouchable, même lui il est pas invincible, c'est stupide d'avoir cru qu'il pourrait éternellement passer entre les mailles du filet. Mais il croyait, dure comme fer, comme on croit que le soleil finit toujours par se lever, il s'est persuadé que jamais il n'aurait jamais affronter la couleur blues abattoir de l’éclairage d'une cellule. Il voyait pas sa petit gueule d'ange derrière les barreaux, se pensait peut-être trop mignon pour attirer tout soupçon, trop normal pour être mit aux arrêts. Et il en est là. Il doit faire pitié, avec ses fringues en l'air, les grillages l'ont pas ratés et il est désolé d'avoir abîme le visage de superman. Lui aussi n'était pas si immortel que ça.  La scène se répète en boucle dans son esprit.
Juste le temps de passer la marchandise. Juste une seconde plus. Juste une poignée de main. Une seconde de trop.
Peut-être que s'il avait été plus assidu aux cours de sports il aurait eu une chance de s'en échapper. Il aurait au moins aimé n'emmener personne dans sa chute.
Il a merdé.
Ils ont merdé.
Il ne sait pas comment il va pouvoir la regarder maintenant.
Le temps passe lentement quand les heures sont comptées, chaque seconde, chaque mouvement de l'aiguille qu'il pense percevoir jusqu'au fond de lui jusqu'à l'entendre bouger dans son esprit. En fermant les yeux, le cadran s'imprime sur sa rétine. C'est pas la prison qui l'attends pour ce qu'ils ont trouvés, pourtant la sentence fait le même effet qu'un couperet tombé. Confisqué. Confisqué, c'est le loyer qu'il ne sera pas capable de payer, c'est les fournisseurs qui vont se demander ce qui est arrivé à leur marchandise, il ne sera pas le seul à en souffrir.  Mais il se sent responsable, il aurait du être plus prudent, ne pas prendre trop rapidement confiance. Ces derniers jours étaient trop beaux pour être vrais, c'est tous les souvenirs de nuits plus calmes qui envahissent ses pensées. Il n'arrive pas à se concentrer, sur autre chose. ça lui permet de pas, penser au l'autre calvaire qui l'attend.  C'est tout un tas de conséquences bien pire que de se retrouver assis en face d'un policer. Pour se détendre, il voudrait se griller une bonne clope. Mais que y a des murs à qui parler et Jemina.
Désolé.
Désolé qu'il veut répète en boucle, comme un disquette rayé. Je suis si désolé d'être un abruti. uand il était à Paris il les voyait revenir avec des bleus, les lèvres fendues, eux savaient se défendre, ce qu'ils risquaient ça semblait jamais les effrayer. Et lui comme un con, c'est pas la loi qu'il admirait, c'est son autre coté. Il aurait du lui donner un coup de coude dans son bide à l'autre abruti, chopper son arme de service, lui briser les deux jambes.
C'aurait été bonnie et clyde.
Il aurait trouvé un meilleur endroit pour vivre. Même la dernière chose qu'il veut Ed, c'est se barrer d'ici. Il reste prostré dans un coin de la pièce replié sur le même. Y a quelques yeux il aurait pleuré et demandé à sa mère de le consoler. Maintenant doit être fort, sinon il n'aura plus le droit de regarder son frère dans les yeux.
Personne n'a envie d'un frère faible. Incapable de se protéger tout seul.
Je suis désolé. C'est ma faute. Il s'en veut d'être aussi misérable, imagine même pas ce qu'elle doit penser maintenant qu'il a bien merdé, de s'apitoyer sur son sort et d'attendre bêtement dans le silence, parce qu'il est trop effrayé pour parler. Trop peur de bouger, de jamais sortir d'ici. Comme une bête en cage. Fallait bien que ça arrive un jour... Il ironise dans un rire amer. Et il ose enfin la regarder, plonger son regard dans ses yeux. C'est pas un criminel Ed.
Désolé.

Re: chained to the rhythm † jemina

Message par Invité le Mer 9 Aoû - 0:35

L’adrénaline. Le coeur qui bat à trois mille, le sang qui fuse, les yeux qui brillent. C’était débile. C’était débile, parce que Jem, elle avait l’habitude de ce genre de choses. C’était débile parce qu’il ne s’agissait que d’une simple vente, même pas de quantités astronomiques. C’était débile parce qu’en plus, il lui suffisait de faire le guet. Pourtant, cette fois-ci, Jemina avait été habité par l’adrénaline. Le regard aux aguets, elle attendait qu’Ed échange son herbe pour quelques billets. Quelques billets sur lesquels ni l’un ni l’autre n’auraient craché. Quelques billets envolés, évaporés. Parce que la police était arrivée. Les voitures blanches et bleues, Jem les avait remarqué. Elle avait prévenu Ed, rapidement. Puis tout était allé trop vite. Les menottes s’étaient invitées au tableau avant même que la transaction ne se termine. Ils se sont ensuite retrouvés dans deux voitures différentes pour rejoindre le même endroit : le commissariat. Quelques questions, rien de ce que l’on peut voir dans les séries américaines. Pas de salle filmée, juste quelques mots en allant rejoindre la cellule. Voilà comment en moins d’une heure, Jemina était passée de la rue à la garde à vue. Elle était déçue. Pour Ed qui n’aurait pas son argent, pour elle qui n’avait pu contenter sa soif d’adrénaline. Puis surtout parce que ça n’aurait pas dû se passer comme ça. Tous les deux, ils étaient sensés se protéger. Rien n’aurait dû leur arriver. Elle aurait aimé être une Bonnie plus sensationnelle, une de celles qui drague les flics pour faire diversion. Mais même ça, ça n’aurait pas suffit. Alors elle est assise fièrement sur le banc de la cellule, droite et la tête haute. Elle sait ce qu’elle vaut, Jem. Elle sait ce qu’ils valent, tous les deux. Passer la nuit ici ne leur enlève rien, bien au contraire. Évidemment, elle aurait préféré une autre fin à leur transaction. Mais voici la fin qu’on leur a donné, et ils n’ont d’autres choix que de l’accepter. « Je suis désolé. C'est ma faute. » Jemina lève les yeux pour regarder son Clyde. Recroquevillé sur lui-même, à l’écart. « Fallait bien que ça arrive un jour... » Alors il lève les yeux pour la regarder. Et dans son regard, Jem se heurte à un désespoir de taille. Il a l’air mal, Ed. Triste, déçu, coupable. « Premièrement, ce n’est pas de ta faute. Alors ne sois pas désolé. Deuxièmement oui, il fallait que ça arrive. Mais ce n’est pas forcément une mauvaise chose. » Elle se lève pour s’approcher de lui et lui tendre la main. « Debout Ed, tu dois rester fier, te montrer fort. » Elle sourit, doucement, pour le réconforter. « La défaite n’est pas une fatalité. Le plus important, c’est comment on la vit, cette défaite. Elle peut être bien plus enrichissante qu’une victoire. » Elle a appris à tirer quelque chose dans chaque situation. Même si c’est dur, même si ça fait mal. Il faut chercher la lumière pour ne pas se noyer dans l’obscurité. « Tu sais ce que je voudrais gagner, dans cette cellule ? Un ami. », qu’elle lui dit. « Alors raconte-moi : qui es-tu, Ed ? »

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Re: chained to the rhythm † jemina

Message par Ed le Mer 9 Aoû - 2:34

Le murs jettent un froid sur son coeur, il peine à percevoir les battements à quelques instants persuadé que l'agonie a déjà commencé ou un genre de panique qui va le consumer, il perd les pédales et ne sait plus où se situer dans la réalité, ça cherche à comprendre ce qu'il s'est vraiment passé. Les cris de Jemina, l'échange, l'argent, entre ses mains et envolé. Il se plonge dans le calme olympien après la panique, ça joue sur toutes les cordes de l'instrument de son palpitant et pendant un instant,  l'air manque à ses poumons qui recherchent à s'assurer que tout ce qui passe n'est qu'un cauchemar. Il va se réveiller, crier un bon coup dans la mort de la nuit et réveiller ses colocs, un verre d'eau noiera les dernières réminiscences, il le prendra dans ses bras et lui dira que rien de ça n'est vraiment arrivé. Juste une fois dans une autre réalité à laquelle il n'appartient que les yeux fermés. C'est la voix de Jemina qui le sort de sa transe, qui lui fait reprendre conscience de son corps, sa position, le spectacle qu'il se donne, ridicule. Ils doivent se marrer, ceux qui zieutent pour s'assurer qu'ils ne tentent pas de s'échapper en jouant les chats. Le nombre de fois qu'il leur a échappé redonne un sourire léger à ses lèvres gercées. Mais il à l'âme au blues, on vient de lui voler la dernière innocence dont il pouvait se vanter, marqué au fer rouge maintenant, dans son casier judiciaire, effaçant tous les rêves de prestige. A jamais dans son ombre l'erreur se moquera de lui. Mais ce n'est pas de sa faute, pas vraiment, c'est la faute de la destinée et des choses. Parce que arrive, arrive pour quelque chose et qu'on ne peut empêcher le temps de s'écouler. Elle rassure Jemina. Elle raconte.
N'importe quoi.
Être fort, c'est une blague. Il sait pas Ed, il fait croire à tout le monde qu'il est inébranlable, mais quand il est tout seul il se contente d'exister de manière mécanique. Ed il n'est jamais vraiment, mais il ne peut pas pleurer. Il a promis que c'était la dernière fois qu'il laisserait la tristesse l'accabler de tous les malheurs de l'univers, ceux qui d'ordinaire ne l’atteignent pas. Il parle. C'est tout ce qu'on lui demande. Ed n'est pas fort. Il n'est pas comme toi. Elle est meilleur, sa tête sur ses épaules, elle garde son calme. C'est pas si terrible finalement, ce sera oublié, une anecdote au mieux, à raconter aux futurs gosses qu'il pourra adopter. Il se relève doucement Ed, relâche ses épaules et se rend compte qu'il se tendait à en avoir des crampes, laisse glisser son dos le long du mur, puis ses jambes commencent à le remettre sur pied. Il fait géant à coté de sa partenaire.   Quand je ne deale pas, je travaille au cinéma. C'est moi qui donne les pop-corns aux gens. Je reste dans le commerce. Y pas vraiment quelqu'un dans ma vie, enfin c'est compliqué et je parle plus à ma famille. Il prend de la couleur avec son cinéma, les filtres des films placardés sur son visage il fait humain, le sucre des gourmandises l'adoucit. Et toi, qui es-tu quand tu n'es pas celle que j'ai en face de moi ? Quand t'es toi ?
Lune et soleil se rencontrent jamais. Mais ici il n'y a pas de ciel pour empêcher les mondes de se croiser, les expériences de se partager dans des confidences nocturnes. Et l'entrain de ces derniers jours le regagne, alors qu'il retourne s’asseoir et l'invite à rester à coté. Et ses yeux ont cessé de l'effrayer, tant qu'il ne pense pas à l'endroit qui sera témoin de leur nouvelle rencontre.

Re: chained to the rhythm † jemina

Message par Invité le Jeu 10 Aoû - 0:48

Jemina se souvient encore de ses premiers jours d’insouciance. Elle se souvient ne pas comprendre qui étaient ces hommes qui venaient si souvent voir maman. Elle se souvient des gens heureux dans les rues, des gens qui sourient, qui vivent, sans avoir peur de rien. Elle se souvient des premiers concerts auxquels elle a assisté, de ses premières balades dans les rues bondées. Le sourire aux lèvres, le soleil qui brille. De quoi pouvaient-ils bien tous se soucier, à cette époque-là ? Les guerres étaient finies, la vie avait gagné. Mais tout a changé, récemment. Il y a ceux qui font la terreur. Ceux qui ont fait de la vie une guerre, ou du moins, qui essaient. Ce climat de tension, ce climat de peur, omniprésent. Dans les cafés, dans les concerts, dans les rues les soirs de feux d’artifice. Sauf que ces hommes-là n’ont rien compris. En voulant créer la terreur, ils n’ont fait qu’amplifier la vie. C’est vrai qu’aujourd’hui, les gens y pensent quotidiennement. Au danger. Mais ce danger va devenir notre quotidien, à tous. Et alors, on vivra avec comme on vit avec le sida. C’est pas très joli mais ça n’empêche rien. C’est normal. C’est la vie.
Jemina se souvient encore de ses premiers jours d’insouciance. Elle s’y accroche. Aujourd’hui, tout a changé. Elle n’est plus insouciante, plus innocente. Elle a pris cent-quatre-vingt-quatorze ans en trois années. Elle a appris à vivre sans Leïla, avec un coeur mosaïque. Puis elle a appris à envoyer chier le terrorisme. Elle fréquente les terrasses des cafés, sillonne les rues les plus peuplées, s’égosille dans les concerts à guichets fermés. Jemina vit avec les cartes qu’on lui a donné. Et quand il lui manque un valet de trèfle pour compléter sa quinte flush royale, elle perd la partie avec le sourire. Parce qu’elle sait que tout ne se joue qu’à un fil. La victoire ou la défaite. La pluie ou le soleil. La vie ou la mort. Il y a cependant un cas où il n’appartient qu’à nous de nous placer du bon côté du fil : le sourire ou les larmes.
« Ed n'est pas fort. Il n'est pas comme toi. » Elle le regarde se relever. Il s’élève, si haut, et elle, elle se sent minuscule à ses côtés. Ed n’est pas fort, mais il est grand, qu’elle pense. « Quand je ne deale pas, je travaille au cinéma. C'est moi qui donne les pop-corns aux gens. Je reste dans le commerce. Y pas vraiment quelqu'un dans ma vie, enfin c'est compliqué et je parle plus à ma famille. » Elle le regarde et elle absorbe son histoire comme une éponge. Il est encore plus beau, Ed, maintenant qu’elle découvre ce qui se cache sous son chapeau. « Et toi, qui es-tu quand tu n'es pas celle que j'ai en face de moi ? Quand t'es toi ? » Elle le regarde s’asseoir à nouveau, et elle le rejoint, s’asseyant à ses côtés. Alors elle plonge son regard dans le sien, prête à tout lui avouer. Elle inspire, prête à sauter.
« Je suis caissière, ça me donne l’occasion de croiser pas mal de visages. Je vois des visages abîmés par la vieillesse, tiraillés par l’angoisse, illuminés par le bonheur. J’ai appris à les reconnaître, maintenant. Et je crois que je suis meilleure à ça qu’au scannage des codes-barres. » Elle sourit un peu. « Je suis lesbienne. J’ai aimé une fois, une seule. Elle est morte. Ne sois pas désolé, t’es pas obligé de dire quoi que ce soit à ce sujet. Les gens disent qu’ils sont désolés par simple politesse. J’en ai marre de la politesse, ça ne change rien. Et ce n’est pas grave, j’ai accepté. Je sais qu’elle ne reviendra pas. J’ai appris à vivre avec. » Elle hausse les épaules. « Quant à ma famille. Je ne connais pas mon père et ma mère est… égoïstement libertine. Voilà. », qu’elle termine avant de tourner son visage vers lui. « Je t’ai tout dit, j’ai fait mon coming-out et je t’ai parlé de ma petite-amie décédée. Toi t’as fait quoi ? T’as dit ‹ c’est compliqué ›. » Jemina affiche alors une triste moue, un peu exagérée. « Tu sais, entre eux les amis parlent de ce qui est compliqué. En général, ils arrivent même à dé-compliquer les choses ensemble. »

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Re: chained to the rhythm † jemina

Message par Ed le Ven 11 Aoû - 2:12

Il croise aussi des gens tous les jours Ed et pourtant c'est comme-ci leurs visages étaient transparent. Que le monde entier était invisible, il est en tout cas, incapable de voir ce que d'autres arrivent à percevoir, pour une raison qui lui échappe. Même si au fond de lui, ça ne l'étonne pas d'être insensible à certaines choses qui devraient vibrer en lui. Il ne voit pas la douleur sous les traits des personnes âgées qui viennent oublier leur quotidien de pilules et de maladie quand elle commandent par politesse une sucrerie qui ira à leurs petits enfants. Il ne sait pas lire les sourires complices dans les yeux des amoureux, il ne sait pas ce que c'est, il voit simplement des choses qu'il imagine, des histoires, mais c'est pas la réalité. Il s'invente ses films à lui avec l'humanité, il n’interagis jamais. Et surtout il ne s'y connaît pas en amour, jusqu'à présent il a tout raté, tout fait de travers, incapable de vraiment savoir comment s'y prendre il a improvisé comme si souvent dans sa vie, pensant que ça passerait, qu'il s'en sortirait. Il fait un formidable acteur quand il feint toutes les émotions, quand son visage se tord en mimiques et en esquisses d'expressions alors qu'au fond de lui un silence béant fait battre son coeur. Tout est jeu qui l'ennuie rapidement, lui et ceux qui essayent de l'accompagner. Y a eu deux personnes qui se sont approchées et une seule qu'il veuille jamais oublier. Le calme, ça lui fait presque peur, le silence croire qu'il perd les battements de son coeur. Petit à petit ça s'est installé : il a besoin de vivre Ed, besoin de briller, s'il reste dans son cocon, s'il reste dans les murs de ses pensées il dépérit seul et finir par crever. Comme un rat mort, il se fait chier, il se refuse aux déboires de l'illégalité, s'interdit un quotidien aux mécanismes rouillés. A aucun moment, il ne s'accorde une seule liberté. Il a besoin de se laisser aller.
Partout, se laisser aller, c'est faire la faite, s'amuser, embrasser. Il sait pas comment on laisse tout tomber. Il n'est pas prêt. Il hésite trop encore.
Il garde encore cet instinct d'enfant qui lui fait craindre l'erreur, prêt à voir sortir ses parents de chaque coin de rue pour lui reprocher le monde entier. Il n'a jamais été modèle, mais maintenant qu'il a presque fugué, il est devenu une déception. Pour toutes les personnes de son passé, il est une aberration, alors il a fait un trait dessus. Son avenir s'écrit doucement, au rythme du vent, parfois c'est la tempête, l'orage et il arrive que le vent ne souffle pas. C'est dans ces moments là qu'il retrouve Wade, ces moments où même s'il est encore poursuivit par les souvenirs, il sait qu'il est en sécurité. Il a perdue Ellie, mais retrouvé quelqu'un. Jemina a perdue quelqu'un. Véritablement. La mort, celle qui fait trembler sur son passage, qui n'a pas le droit de lui prendre Wade - elle ne peut pas, il est immortel. Il ne s'excusera pas, ce n'est pas son genre. Il n'a rien dit pour Israa, il ne connaissait pas cette nana non plus. Ed est sentimental pour ce qui le concerne, il n'y a que les blessures de ses amis qui lui font mal aussi. Et des amis, il n'en compte pas vraiment. Des connaissance.
Jemina est son amie, c'est ce qu'elle a dit.
Il se mord machinalement sa lèvre inférieur, jusqu'à sentir un goût de fer sur sa langue. Lui se plaint tout le temps, mentalement, pas ouvertement. Il n'est pas du genre à brandir un combiné et pleurer sur les épaules du monde entier, pourtant il voudrait. Ecoutez moi ! Il veut crier. Il se tait toujours au final, parce qu'il y a toujours plus de malheur chez le voisin. Il s'en fiche Ed, il ne cherche pas à savoir qui souffre le plus. Il veut juste partager son poids pour s'en séparer. Je suis désolé, c'est que... Des amis, je crois pas que j'en ai jamais vraiment eu. Populaire, c'est tout ce qu'il est. Aimable, supportable. Baisable. J'aime un homme, avant je ne l'aimais que la nuit parce que j'avais peur que le jour brise le charme et que je ne sois plus celui qu'il imaginait. Mais je me rends compte que je l'aime tout court et que je me complique la vie parce que j'ai peur de souffrir. J'ai peur de le voir partir, qu'il s'ennuie parce que je suis égoïste. Je ne veux plus être seul. Il sourit à cette pensée. Elle en sait maintenant plus que n'importe qui sur terre. J'ai presque toujours peur. C'est comme une seconde peau, qu'il a fini par le plus remarquer. Porter sans y faire attention. Même quand elle lui fait face, il a peur. Par habitude, par réflexe. Il détourne le regard et fixe les barreaux. Ma famille je ne lui parle plus, elle non plus. Je viens de Paris. J'ai tout quitté pour retrouver mon ex petit copine mais ça n'a pas marché. C'était déjà fini depuis longtemps, je ne voulais pas le voir. Il ricane. Ça y est enfin, il se l'avoue. Qu'il a été assez stupide pour penser qu'elle attendrai dans sa tour, qu'il revienne la chercher. Il ne peut pas lui en vouloir, mais il aurait aimé qu'ils en parlent avant. Savoir. Elle a été la première à lui mentir. Les gens mentent. Devant le monde entier, je fais comme ci je me fous de tout. Il fait des doigts à ceux qui essayent de changer le monde et il critique la paresse. Il joue sur tes les tableaux, les doigts dans les prises. Prêt à mourir, Ed. Pour ce qui l'intéresse. Il est temps de grandir. Une boule dans sa gorge grossit et il sent que son ton se brise. Qu'est-ce qu'il fout là. Qu'est-ce qu'il fait de sa vie. Comment il en est arrivé là ? Pour une fille ? Tout ce chemin, pour ça ? Pour quoi ? Pour ne pas savoir qui il est à la fin ? Pour se retrouver comme un ado égaré ? Parce qu'il voudrait que sa mère le prenne une dernière fois dans ses bras, qu'elle le rassure et lui explique que parfois, tout n'est pas tout rose. Mais ça n'arrivera pas, plus. Il a tout gâché. En réalité, j'essaye juste d'exister mais je n'y arrive pas, je ne sais pas qui je dois être, ni quoi faire de ma vie. Parfois je n'ai pas envie de vivre, parce que je ne sais pas où est ma place, à quoi je sers. Il laisse tomber sa tête en entière, fixe le plafond, ravale les larmes. Ed est faible. Ed n'est pas bien méchant, Ed a juste envie d'avoir une vie normale, il aurait aimé qu'on choisisse pour lui, encore étudier pour ne pas avoir à se soucier de quoi que ce soit. Je crois que.. ce qui m'effraie le plus... c'est moi. Il souffle doucement. Lui.
C'est lui, le monstre sous le lit.
Je veux m'en sortir Jemina.

Re: chained to the rhythm † jemina

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